Le nouveau Cabinet ontarien est assermenté

Kathleen Wynne assermentée

Plus du tiers du nouveau Cabinet ontarien, qui a été assermenté lundi en compagnie de la première ministre Kathleen Wynne, est formé de nouveaux venus.

Sur 27 ministres, 10 étaient des députés d'arrière-ban sous l'ancien dirigeant, Dalton McGuinty.

Mme Wynne mise sur du sang neuf, pour donner l'image d'un gouvernement renouvelé. Les libéraux sont au pouvoir depuis neuf ans. Ils sont, toutefois, minoritaires à l'Assemblée législative et la nouvelle première ministre devra composer avec les demandes de l'opposition pour rester au pouvoir.

Le poste clé de ministre des Finances sera occupé par Charles Sousa. Il avait soutenu, à la surprise générale, Mme Wynne plutôt que son adversaire Sandra Pupatello lors du congrès à la direction du Parti libéral.

L'ancien banquier et ministre de l'Immigration et du Travail deviendra, en tant que ministre des Finances, le nouveau pilier du gouvernement libéral minoritaire, qui s'efforce d'éliminer un déficit de près de 12 milliards de dollars, soit le déficit le plus élevé de toutes les provinces.

Le ministre des Finances, Charles Sousa, lors de son assermentation. Le nouveau ministre des Finances de l'Ontario, Charles Sousa, et les 26 autres ministres du Cabinet ontarien ont été assermentés à l'Assemblée législative le 11 février.  Photo :  Presse canadienne

La nouveauté est aussi visible à la tête du ministère de l'Éducation, où Laurel Broten, qui était associée à la loi spéciale 115 et aux contrats de travail imposés aux enseignants par le gouvernement, a été remplacée par une nouvelle venue au Cabinet, la députée de Guelph et ex-conseillère scolaire Liz Sandals.

Le ministre d'expérience Bob Chiarelli hérite de l'épineux dossier de l'énergie, à la suite de la coûteuse annulation de deux projets de centrales électriques.

Madeleine Meilleur demeure ministre de la Sécurité communautaire et conserve la responsabilité des Affaires francophones.

La première ministre Kathleen Wynne, une députée de Toronto, avait déjà confirmé qu'elle gérerait aussi le ministère de l'Agriculture, afin de se rapprocher des régions.

Liste complète des 27 ministres :

  • Première ministre et Agriculture : Kathleen Wynne
  • Finances: Charles Sousa (avait appuyé Mme Wynne)
  • Santé et vice première-ministre : Deb Matthews (était déjà à la Santé; avait appuyé Mme Wynne)
  • Éducation : Liz Sandals (avait appuyé Mme Wynne)
  • Énergie : Bob Chiarelli (n'avait pas appuyé Mme Wynne)
  • Transport et Infrastructure : Glen Murray (avait appuyé Mme Wynne)
  • Affaires autochtones : David Zimmer (avait appuyé Mme Wynne)
  • Environnement : Jim Bradley (n'avait pas appuyé Mme Wynne)
  • Procureur général : John Gerretsen (avait appuyé Mme Wynne)
  • Développement économique et commerce : Eric Hoskins (avait appuyé Mme Wynne)
  • Nord et Mines : Michael Gravelle (n'avait pas appuyé Mme Wynne)
  • Ressources naturelles : David Orazietti (n'avait pas appuyé Mme Wynne)
  • Affaires intergouvernementales : Laurel Broten (n'avait pas appuyé Mme Wynne)
  • Travail: Yasir Naqvi (était neutre)
  • Services gouvernementaux : Harinder Tahkar (n'avait pas appuyé Mme Wynne)
  • Collège et université : Brad Duguid (n'avait pas appuyé Mme Wynne)
  • Affaires municipales et logement : Linda Jeffreys
  • Leader parlementaire : John Milloy
  • Services Sociaux : Ted McMeekin
  • Sécurité et Services correctionnels : Madeleine Meilleur
  • Tourisme et Culture : Michael Chan
  • Citoyenneté et Immigration : Michael Coteau
  • Recherche et innovation : Reza Moridi
  • Ministre responsable des ainés : Mario Sergio
  • Services à l'enfance : Theresa Piruzza
  • Services aux consommateurs : Tonda MacCharles
  • Affaires rurales : Jeff Leal

Premier discours officiel

Dans son premier discours officiel en tant que première ministre, Kathleen Wynne, a parlé de bâtir une société plus juste et une économie plus solide.

Elle promet un retour à l'équilibre budgétaire pour l'année 2017-2018.

En éducation, la première ministre affirme que la première tâche de sa ministre Liz Sandals sera de retisser les liens avec les enseignants et assurer un retour des activités parascolaires dans toutes les écoles secondaires.

Le gouvernement désire aussi réformer l'aide sociale et améliorer le taux d'emploi chez les jeunes.

La nouvelle session parlementaire commencera le 19 février.

Trop de ministres?

Les partis d'opposition critiquent la taille du Cabinet en faisant valoir qu'un plus petit nombre de ministres aurait été plus efficace.Les conservateurs auraient aimé une équipe réduite à 16 membres plutôt que 27.

Les nouveaux ministres de l'Ontario regardent vers la mezzanine de l'Assemblée législative durant leur cérémonie d'assermentation, le 11 février 2013. Les membres du nouveau Cabinet de Kathleen Wynne, dont la ministre de l'Éducation, Liz Sandals (deuxième à droite), lors de la cérémonie d'assermentation.  Photo :  Presse canadienne

L'opposition affirme également que les nouveaux membres du Cabinet apportent peu de changements, autant par rapport au ton qu'au contenu.

Avant même l'annonce de la composition du Cabinet, les conservateurs avaient déjà déclaré que ce serait du pareil au même. « Tous les libéraux ont voté en faveur du budget qui a mis l'Ontario dans le pétrin », avait affirmé le chef du Parti conservateur, Tim Hudak.

La chef du Nouveau Parti démocratique, Andrea Horwath, soutient, de son côté, qu'il est « difficile de dire si l'arrogance du gouvernement émane des individus ou si c'est une attitude ancrée au sein de l'ADN du parti libéral ».

Le Nord

La porte-parole du groupe de défense de l'environnement Wildland Leagues, Anna Baggio, espère que le nouveau ministre du Nord et des Mines ne sera pas à la solde de l'industrie minière. « Avec le début de l'exploitation de nouveaux gisements, comme au Cercle de Feu, le ministre devra être responsable dans ses décisions », dit-elle.

L'Association des prospecteurs de l'Ontario aimerait que le nouveau ministre facilite les relations entre l'industrie et les Premières Nations.

Selon le politologue du Collège universitaire Glendon de Toronto, Alexandre Brassard, les défis d'ordre économique sont aussi importants que ceux des mines.

« Les grands enjeux du Nord, c'est l'emploi, c'est le développement économique, les infrastructures aussi. Ce sont des enjeux qui sont partagés par les autres régions ».

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