Crise dans les soins de longue durée à Windsor

Les patients de soins de longue durée qui choisissent de demeurer à l'hôpital pourrait être forcer de quitter Les patients de soins de longue durée qui choisissent de demeurer à l'hôpital pourraient devoir payer leur séjour.  Photo :  CBC

Une centaine de patients de l'Hôpital régional de Windsor attendent une place dans un centre de soins de longue durée. Le séjour hospitalier cumulatif de ces patients dépasse désormais les 30 ans, selon l'Hôpital.

Parmi ceux-ci, deux sont hospitalisés depuis plus de 500 jours. Au total, la centaine de patients occupent des lits d'hôpitaux depuis 11 000 jours, des places qui devraient normalement être consacrées à des soins à plus court terme.

Chirurgies reportées

La pénurie de places en centre de soins de longue durée n'a pas que des impacts sur la qualité de vie des patients en attente. Elle force également le report de chirurgies, faute de lits disponibles.

En novembre, l'Hôpital régional a dû annuler quatre opérations non urgentes.

« Ces patients avaient planifié leur horaire et leur convalescence en fonction de ces chirurgies. On les reporte rarement, mais quand on le fait, ça prouve à quel point nous sommes débordés », indique Karen McCullough, vice-présidente responsable des soins de courte durée de l'Hôpital.

De forts liens se tissent entre le personnel et les personnes qui sont de passage aux Soins palliatifs, comme en témoigne cet instant croqué sur le vif, où l'assistante infirmière-chef, Marie-Claude Langelier, rigole avec Norbert Valcour. Quelque temps après la prise de cette photo, M. Valcour a quitté l'unité des soins palliatifs pour toujours.  Photo :  Martin Labbé

De pire en pire

L'an dernier, près de 150 patients des hôpitaux Hôtel-Dieu Grace et Régional étaient en attente pour une des 35 places disponibles dans un centre de soins de longue durée.

La situation s'est toutefois détériorée. Cette année, le nombre total de patients en attente dans la région de Windsor atteint les 185, pour seulement 6 places en centre de soins à long terme.

En six ans à la barre du service de soins de courte durée, Karen McCullough reconnaît que la situation ne s'est jamais améliorée.

La situation est encore pire à l'Hôtel-Dieu Grace, où le nombre de patients en attente d'être placés a triplé en un an.

Hopital Hôtel Dieu Grace de Windsor L'Hôtel-Dieu Grace de Windsor

Des places rares

La région de Windsor-Essex compte 19 centres de soins de longue durée, mais peu d'entre eux ont des lits disponibles pour accueillir de nouveaux résidents.

Les patients hospitalisés doivent faire une liste de trois centres dans lesquels ils accepteraient d'être transférés. Sauf que bien souvent, aucun des centres n'a la capacité d'accueillir de nouveaux résidents.

Payer les patients pour qu'ils quittent les hôpitaux ?

Le PDG de l'Hôpital régional de Windsor, David Musyj, estime que les centres hospitaliers ne sont pas adaptés pour traiter à long terme des patients.

« Dans un centre, les gens peuvent interagir entre eux et avec le personnel soignant, tisser des liens. Ce n'est pas possible dans un hôpital », soutient-il.

L'an dernier, David Musyj a suggéré au ministère de la Santé que les hôpitaux puissent payer les patients pour qu'ils quittent leur lit d'hôpital. Une mesure controversée, éventuellement rejetée.

Les hôpitaux ont cependant le droit de facturer aux patients le coût total de leur séjour, s'ils refusent d'être soignés dans leur premier choix de centre. Une journée à l'hôpital peut coûter jusqu'à 1000 $.

Le PDG de l'Hôpital régional de Windsor indique que cette situation ne s'est encore jamais produite, mais des membres du personnel discutent à l'occasion de cette possibilité avec la famille de certains patients.

Un centre de 256 places ouvrira ses portes en 2014 à Windsor, mais cela devrait avoir peu d'impact sur la situation.

« Avant même l'ouverture des portes, toutes les places étaient déjà prises », indique Karen McCullough.

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