Grève : les enseignants pourraient écoper d'amendes

Le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty (archives) Le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty (archives)  Photo :  PC/Michelle Siu

Le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, avertit les milliers d'enseignants des écoles publiques anglaises qu'ils participeront à une grève illégale, s'ils quittent leur salle de classe vendredi.

La province a porté plainte auprès de la Commission des relations de travail de l'Ontario, afin de tenter d'empêcher le débrayage de vendredi. La cause sera entendue à 15 h jeudi.

Le Conseil scolaire public anglais de Toronto affirme que ses écoles primaires seront fermées vendredi, peu importe l'issue de l'audience.

La Fédération des enseignants de l'élémentaire a annoncé, mercredi, la tenue de cette « journée de protestation », une semaine après que la province eut imposé un contrat de travail à ses membres.

De leur côté, les enseignants du secondaire du réseau public anglais doivent protester mercredi prochain.

Le Zoo de la métropole, le Musée royale de l'Ontario et le Centre des sciences à Toronto, par exemple, offrent des camps de jours spéciaux vendredi et mercredi prochain, pour aider les parents qui ne trouvent personne pour veiller sur leur enfant. Nombre d'établissements avaient fait la même chose durant la grève tournante des enseignants du primaire avant le congé de Noël.

Le premier ministre McGuinty presse à nouveau les syndicats à garder leur dispute contractuelle avec son gouvernement devant les tribunaux, plutôt que de prendre les élèves en otage. Des leaders syndicaux ont déposé un recours judiciaire contre la loi spéciale 115, affirmant qu'elle était anticonstitutionnelle. La province s'est servie de la loi, la semaine dernière, pour imposer un contrat de travail aux enseignants des écoles publiques anglaises.

Pour sa part, la candidate à la succession de Dalton McGuinty Kathleen Wynne a pressé jeudi les enseignants à se présenter en classe vendredi.

Illégal?

Tout comme le premier ministre, la ministre de l'Éducation, Laurel Broten, soutient que « les enseignants ont maintenant des conventions collectives et ne sont donc pas en droit de faire la grève ».

Les enseignants pourraient écoper d'amendes de 2000 $ par personne, 25 000 $, pour leurs leaders syndicaux.

La Fédération des enseignants de l'élémentaire, pour sa part, se garde bien dans de qualifier cette journée de grève, choisissant plutôt le terme « jour de protestation ». Le président de la Fédération, Sam Hammond, cite à ce sujet la Charte canadienne des droits.

« La ministre a fait le choix délibéré et provocateur d'effacer les droits démocratiques de dizaines de milliers d'éducateurs plutôt que de chercher une solution respectueuse. Nos membres se tiennent debout. » — Sam Hammond, président de la FEEO

Le président de la FEEO, Sam Hammond, souligne que ses membres avaient voté, avant le congé des fêtes, en faveur d'un tel débrayage panprovincial d'un jour, si la ministre Broten se servait de la loi spéciale 115 pour leur imposer un contrat de travail.

L'an dernier, les enseignants du primaire avaient par ailleurs organisé des grèves tournantes d'un jour un peu partout dans la province.

Grève du zèle

De son côté, le syndicat des enseignants des écoles publiques anglaises du secondaire a, par ailleurs, ordonné à ses membres de ne pas recommencer à offrir des activités parascolaires et bénévoles, après que la province leur eut imposé un contrat de travail.

La directive de la Fédération des enseignants des écoles secondaires apparaît même en lettres majuscules sur son site Internet.

La semaine dernière, la ministre Broten avait incité les enseignants à tourner la page, affirmant que son gouvernement abolirait la loi spéciale 115, après s'en être servi pour imposer un gel de salaire de deux ans et une série de concessions aux enseignants.

La loi spéciale donnait le pouvoir au gouvernement non seulement d'imposer des concessions salariales, mais aussi de bloquer tout débrayage, ce qui a soulevé l'ire des syndicats.

Avant le congé des fêtes, des centaines d'élèves du secondaire ont manifesté leur insatisfaction au sujet du boycottage par leurs enseignants des activités sportives et des clubs de devoirs après les heures de classe. Ces adolescents demandaient à la province et aux syndicats de cesser de les prendre en otage.

Les écoles françaises et catholiques anglaises ne sont pas touchées, étant donné que leurs enseignants avaient déjà accepté les concessions salariales réclamées par le gouvernement libéral, qui cite son déficit de plus de 14 milliards de dollars.

Course à la direction du PLO

Par ailleurs, plusieurs dizaines d'enseignants ont accueilli les candidats à la direction du Parti libéral de l'Ontario lors de leur arrivée, mercredi soir, pour le dernier débat de la course.

Les candidats ont tous rappelé l'importance de rétablir le lien de confiance avec les enseignants.

Mais parmi les sept candidats à la succession du premier ministre Dalton McGuinty, seul l'ex-ministre de l'Éducation Gerard Kennedy a promis d'annuler les contrats de travail imposés, s'il est élu.

Les libéraux choisiront leur nouveau chef le 26 janvier prochain lors d'un congrès dans la Ville Reine. L'élu prendra la tête d'un gouvernement minoritaire.

Les candidats :

Sur le même sujet :

Ontario en direct Afficher le fil complet

    Facebook