Négociations avec les enseignants : Dalton McGuinty refuse de plier

Dalton McGuinty : bilan de l'année

Le premier ministre ontarien, Dalton McGuinty, affirme, mercredi, dans une lettre ouverte à des milliers d'enseignants anglophones toujours sans convention collective, que « le délai des négociations est terminé », après 10 mois de pourparlers.

M. McGuinty, toutefois, ne précise pas ce qu'il entend faire.

La ministre de l'Éducation, Laurel Broten, doit donner plus de détails jeudi sur le plan de son gouvernement, alors que les syndicats des enseignants des écoles publiques anglaises ont refusé d'obtempérer à son ultimatum de conclure une entente de principe avec les conseils scolaires avant le 1er janvier.

C'est l'impasse dans les négociations contractuelles depuis des semaines.

L'opposition conservatrice presse le gouvernement libéral de se servir de la loi spéciale 115 et d'imposer un contrat de travail aux enseignants récalcitrants.

De leur côté, les fédérations des enseignants du primaire et du secondaire ont demandé aux libéraux de laisser leur nouveau chef, qui sera choisi à la fin janvier, régler le dossier. Plusieurs candidats à la succession du premier ministre Dalton McGuinty ont adopté un ton conciliant à l'endroit des enseignants.

La candidate Kathleen Wynne, par exemple, a commenté, mercredi, qu'il fallait un « nouveau processus » pour négocier avec les enseignants.

Le président de la Fédération des enseignants de l'élémentaire, Sam Hammond, abondait dans le même sens avant le congé de Noël, proposant une trêve au gouvernement libéral. « Le choix d'un nouveau premier ministre permettra de redémarrer les pourparlers avec respect, » avait-il affirmé.

Des enseignants manifestent. Des enseignants manifestent à Ottawa avant le congé de Noël.  Photo :  Patrick Pilon

De son côté, la ministre de l'Éducation a souligné le week-end dernier que la province avait laissé 10 mois aux enseignants pour en arriver à une entente. Mme Broten a ajouté que les enseignants des écoles françaises et catholiques anglaises, eux, avaient ratifié leur nouvelle convention collective il y a des mois.

Le premier ministre, lui, répète, mercredi, son message selon lequel tous les employés provinciaux doivent se serrer la ceinture pour éliminer le déficit provincial de 14,4 milliards de dollars d'ici 2017-2018.

« Plus de 90 000 fonctionnaires ont déjà négocié des conventions de blocage des traitements et trouvé des façons d'équilibrer leurs intérêts avec les priorités de la province. » — Dalton McGuinty, premier ministre

Les libéraux s'étaient félicités, le 30 décembre dernier, de la conclusion d'un accord de principe avec le personnel de soutien des écoles de la province.

Gel de salaire

Pour leur part, les syndicats des enseignants des écoles publiques anglaises affirment qu'ils sont prêts à accepter un gel de salaire de deux ans, comme le réclame la province.

Les syndiqués demandent, toutefois, différentes modifications à l'accord-cadre conclu entre les libéraux et leurs collègues des écoles françaises et des établissements catholiques anglais. En plus d'un gel salarial, cet accord contient une réduction du nombre des congés de maladie et des journées de perfectionnement non payés.

Par ailleurs, les fédérations des enseignants des écoles publiques anglaises disent qu'elles ne peuvent pas accepter que le gouvernement provincial leur retire leur droit de grève pendant deux ans. La loi spéciale 115 donne le pouvoir à la province de suspendre tout débrayage. Jusqu'à maintenant, les libéraux ont fermé les yeux sur les grèves tournantes d'un jour tenues par les enseignants du primaire avant le congé de Noël.

Les enseignants des écoles publiques anglaises ont déjà voté en faveur d'une grève panprovinciale d'un jour si la ministre de l'Éducation se sert de la loi 115 pour leur imposer un contrat de travail. La ministre Broten a affirmé dans le passé qu'un tel débrayage serait illégal.

Avant le congé de Noël, le premier ministre McGuinty a admis dans une entrevue exclusive accordée à Radio-Canada qu'il avait une part de responsabilité dans le conflit qui oppose les professeurs à son gouvernement.

M. McGuinty, élu en 2003 en promettant de ramener la bonne entente dans les écoles après des années de manifestations et de grèves sous les conservateurs, « regrette » que les relations entre les enseignants et son gouvernement aient pris une tournure négative. Il admet qu'il aurait pu s'y prendre autrement.

« Nous avons perdu la bonne volonté (des enseignants), » a admis le premier ministre McGuinty.

Près de la moitié des Ontariens appuient les enseignants plutôt que le gouvernement libéral dans cette dispute contractuelle, selon un sondage de la firme Forum Research mené en décembre dernier.

Forum Research a sondé 990 Ontariens à cet effet. La marge d'erreur du sondage est de 3 %, 19 fois sur 20.

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