Grève du zèle dans des écoles anglaises et françaises

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Une enseignante de classe Une enseignante en classe. (archives)  Photo :  Radio-Canada

La Fédération des enseignants de l'élémentaire de l'Ontario (FEEO) demande à des dizaines de ses membres d'entamer une grève du zèle lundi matin. Le syndicat monte la pression d'un cran dans le cadre du conflit de travail qui l'oppose à la province.

La FEEO a envoyé une note aux enseignants du conseil scolaire Upper Grand dans la région de Guelph leur demandant d'appliquer 13 mesures. Ils doivent notamment éviter les activités parascolaires.

Les enseignants des écoles élémentaires du conseil scolaire de Niagara commenceront des actions semblables.

Une porte-parole de la FEEO a refusé de dire si les mêmes moyens de pression seront utilisés dans toutes les écoles de la province.

Grève ou amende

La note envoyée par le syndicat à ses membres leur précise que les enseignants qui ne participent pas à cette grève du zèle pourraient devoir payer une amende allant jusqu'à 500 dollars par jour. Leur nom serait également dévoilé dans une publication du syndicat et leur accès aux services de la FEEO serait suspendu.

Le syndicat sera en position de grève légale le 10 décembre et a déjà précisé que les parents d'élèves seront informés 72 heures avant tout débrayage.

Des grèves tournantes d'une journée sont prévues alors dans les différentes écoles primaires publiques anglaises de la province, notamment dans la région de York.

Pourquoi la grève?

Selon plusieurs observateurs, les syndicats d'enseignants cherchent à provoquer le gouvernement libéral et à le forcer à se servir des pouvoirs contenus dans la loi spéciale 115, qui permet à la province d'empêcher toute grève, en plus de geler le salaire des enseignants. Les syndicats pourraient ainsi mieux justifier leur recours judiciaire contre la loi et leur argument selon lequel la province viole leur droit constitutionnel à la négociation collective. Faute d'une entente négociée, la loi spéciale prévoit l'imposition d'une convention collective le 31 décembre.

Écoles françaises

Pour leur part, les employés de soutien de 8 des 12 conseils scolaires francophones font la grève du zèle à partir de lundi ou de mardi.

Les concierges, les bibliothécaires, les orthophonistes et les animateurs culturels notamment participent aux moyens de pression. Ils doivent, par exemple, prendre chaque minute de leurs pauses et arriver à l'heure pile, pas avant, pour leur quart de travail.

Le conseil scolaire de district catholique Centre-Sud avertit que des spectacles de Noël d'élèves pourraient être annulés ou avoir lieu durant la journée plutôt qu'en soirée.

Seuls les conseils suivant ne sont pas touchés :

  • Conseil de district des écoles catholiques du Sud-Ouest (Windsor)
  • Conseil catholique Franco-Nord (North Bay)
  • Conseil public du Nord-Est de l'Ontario (North Bay)
  • Conseil de district catholique des Aurores Boréales (Thunder Bay)

Grève-Viamonde

Négociations interrompues au secondaire

Par ailleurs, il a été révélé dimanche que les négociations entre la Fédération des enseignants des écoles secondaires de l'Ontario (FEESO) et le conseil scolaire Ottawa-Carleton ont échouées et que les enseignants entameront des moyens de pression lundi.

La FEESO a interrompu les négociations la semaine dernière lorsque les enseignants ont rejeté des accords conclus avec deux conseils scolaires. Le syndicat a également suspendu les votes de ratification d'autres ententes de principe jusqu'à nouvel ordre.

Le gouvernement libéral peut imposer de nouvelles conventions collectives et empêcher les grèves, mais Laurel Broten n'a pas encore dit si elle comptait prendre de telles mesures.

La porte-parole en matière d'éducation pour les conservateurs, Lisa MacLeod affirme que la ministre doit donner un ordre ministériel pour arrêter les grèves du zèle des enseignants de l'élémentaire.

De leur cöté, les enseignants des écoles franco-ontariennes et des établissements catholiques anglais ont déjà ratifié leur convention collective et ne participent pas aux moyens de pression.