Accusations de fraude : le maire de London refuse de démissionner

Le maire de London, Joe Fontana Le maire de London, Joe Fontana, a laissé son avocat (à gauche) répondre à la plupart des questions, jeudi.  Photo :  Laurence Martin

Le maire de London, Joe Fontana, a clamé son innocence à nouveau, jeudi, refusant de démissionner de son poste, malgré des accusations de fraude contre lui. Nombre d'élus locaux l'incitaient au contraire à quitter son poste temporairement.

M. Fontana comprend « l'angoisse » et la « colère » que la situation crée, mais il a cité, jeudi, le mandat qu'il a reçu des électeurs il y a deux ans. Il soutient qu'il a en ce sens « l'obligation » de rester en poste.

Le maire a démissionné uniquement de la commission des services de police de la municipalité.

Son avocat, Gordon Cudmore, affirme que des « faussetés » sont véhiculées dans le dossier et que le maire a payé de sa poche pour la noce de son fils. Il a rappelé que son client avait droit à la présomption d'innocence.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) accuse le maire et ancien ministre à Ottawa de s'être servi de fonds fédéraux pour payer en partie le mariage de son fils en 2005. M. Fontana était à l'époque ministre du Travail dans le cabinet libéral de Paul Martin.

Il fait maintenant face à trois chefs d'accusation :

  • Abus de confiance par une fonctionnaire
  • Fraude inférieure à 5000 $
  • Emploi de documents contrefaits

La GRC avait lancé une enquête après avoir été contactée par la Chambre des communes le mois dernier à propos des allégations.

Plusieurs conseillers municipaux, comme Nancy Branscombe, demandent au maire de se retirer de son poste en attendant son procès. La conseillère doit proposer une motion en ce sens lundi au comité des finances.

Par ailleurs, dans une pétition en ligne, quelque 1000 citoyens pressent M. Fontana de démissionner, du moins temporairement.

Le maire, lui, pense qu'il a toujours l'appui du public. Son avocat nie qu'il s'agisse d'une « distraction » dans son travail de maire. Ce dernier a laissé Me Cudmore répondre à la plupart des questions des journalistes, jeudi.

Chèque frauduleux?

Selon le London Free Press, le gouvernement fédéral a envoyé à l'époque deux chèques totalisant 20 600 $ à une salle de réception de London, où s'était déroulé le mariage du fils du maire Fontana.

Le quotidien dit avoir en sa possession le reçu pour l'un des chèques. Un ex-gérant de la salle de réception, le Marconi Club, affirme avoir reçu un deuxième chèque, plusieurs mois plus tard.

Les accusations de la GRC portent uniquement sur le premier chèque d'une valeur de 1700 $, qui aurait servi de dépôt pour la réservation de la salle. La GRC dit n'avoir aucune preuve pour l'instant d'un deuxième chèque.

M. Fontana a toujours clamé son innocence dans cette affaire. Le mois dernier, il a affirmé qu'il avait effectué un « paiement personnel » au Marconi Club, sans préciser si ce paiement couvrait l'ensemble de la somme due à l'époque.

Le maire doit comparaître en cour le 8 janvier prochain.

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