Poursuite en diffamation : Rob Ford clame son innocence

Le maire de Toronto, Rob Ford Le maire de Toronto, Rob Ford, à son arrivée en cour dans une autre cause, en septembre dernier.  Photo :  PC/Michelle Siu

L'avocat du maire de Toronto a rejeté en cour, mardi, les accusations de propos diffamatoires contre Rob Ford, affirmant que son client était en fait la victime d'une poursuite cherchant à le faire taire.

La controverse porte sur la dénonciation faite par M. Ford en 2010 du renouvellement par la Ville d'un bail de 20 ans pour l'exploitation d'un restaurant sur un site prisé dans l'est de la métropole, en bordure du lac Ontario. Le contrat avait été accordé au plaignant sans appel d'offres.

Me Gavin Tighe a soutenu que son client, M. Ford, n'avait jamais nommé le restaurateur George Foulidis dans ses propos et donc qu'il ne pouvait pas être coupable de diffamation à son endroit. L'avocat a ajouté que le maire n'avait jamais affirmé que le contrat « sentait la corruption ». C'est ce qu'avait rapporté à l'époque le Toronto Sun, mais l'enregistrement de l'entrevue a été effacé depuis.

Me Tighe a même ajouté que le plaignant devrait payer les frais juridiques de son client.

Le plaignant poursuit le maire en diffamation pour 6 millions de dollars. Le propriétaire du Boardwalk Café allègue dans sa poursuite, déposée en marge de la campagne électorale, que le maire a souillé sa réputation et qu'il a laissé entendre qu'il était impliqué dans des activités illégales.

À la barre des témoins, mardi, le restaurateur a décrit comment il avait transformé le Café en commerce rentable au cours des vingt dernières années, avant d'être affecté par la récession.

Son avocat a aussi affirmé en cour, mardi, que le maire avait tenu de multiples propos diffamatoires en 2010, notamment en répondant par l'affirmative lorsqu'un animateur de radio lui avait demandé s'il croyait que des pots de vins avaient été versés « en-dessous de la table ».

En échange du renouvellement de son bail, M. Foulidis s'était engagé à investir massivement dans la rénovation du restaurant. Des travaux sont en cours.

Vendetta politique

Rob Ford se refuse à tout commentaire, étant donné que la cause est devant les tribunaux.

Il doit témoigner lors d'une autre journée d'audience.

Pour sa part, son frère, le conseiller municipal Doug Ford, affirme qu'il s'agit d'une poursuite à des fins « 100 % politiques ».

Selon lui, c'est un cirque médiatique. Il se moque du fait que l'ancien maire, David Miller, sera appelé à la barre des témoins, affirmant que le plaignant « appelle tout le monde à la barre sauf le président Obama ».

Pour le maire, il s'agit d'un troisième cas de démêlés avec la justice depuis son élection, il y a deux ans. En plus de cette poursuite en diffamation, un juge doit bientôt rendre son verdict relativement à des allégations de conflits d'intérêts visant M. Ford. Les dépenses électorales du maire ont également fait l'objet d'une bataille devant les tribunaux.

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