Hôpital Sainte-Justine : des parents soulagés

Sainte-Justine : des parents soulagés

Des parents qui ont été soupçonnés à tort de maltraitance en se présentant avec leur enfant à l'hôpital Sainte-Justine espèrent maintenant que l'établissement et les DPJ prendront les moyens pour éviter que de tels écarts se répètent.

D'après un reportage de Pasquale Turbide, de l'émission EnquêteCourriel

Dans son rapport rendu public mardi, la Commission des droits de la personne concluait que les droits de six enfants avaient été lésés et reprochait à des membres du personnel de Sainte-Justine d'avoir outrepassé leur rôle et, dans certains, cas d'avoir empêché la DPJ de jouer le sien.

En 2009, Linda Ferrat s'est présentée à l'urgence de Sainte-Justine plusieurs fois avec un bébé souffrant.

Les tests finissent par révéler une fracture du crâne que deux médecins attribuent à l'accouchement difficile.

Mais un médecin de la clinique sociojuridique croit savoir ce qui s'est passé : la mère a échappé le bébé et refuse de l'admettre.

Le couple est d'origine algérienne et le médecin se demande si elle a peur des représailles de son mari, pouvant aller jusqu'à être tuée.

Il a répété cette explication devant la Commission des droits de la personne, en ajoutant qu'il avait déjà vu un comportement semblable chez une mère d'origine grecque.

Leur fille a été placée en famille d'accueil pendant neuf mois, jusqu'à ce qu'un juge ferme le dossier.

La Commission estime que les professionnels de Sainte-Justine ont lésé les droits du bébé en faisant sa propre enquête sociale, sans l'autorisation de la DPJ.

« Quand les droits de la personne il a donné la décision comme quoi les droits de ma fille étaient lésés et d'autres parents qui ont eu cette affaire-là et les enfants aussi. Pour moi, c'est comme une thérapie », affirme Linda Ferrat.

Et pour son mari, « C'est juste la pointe de l'iceberg ». « Il doit en avoir beaucoup d'autres. C'est pour ça qu'il faut travailler pour protéger d'autres familles à l'avenir pour que ça n'arrive pas », affirme Mokrane Amirat.

Le CHU Sainte-Justine s'est défendu mardi, en rappelant que les choses avaient déjà commencé à changer.

« Il y a un nouveau protocole, qui a été écrit il y a près d'un an, qui vise justement à préciser davantage les rôles », affirme Marc Girard.

Dans certains cas, c'est la DPJ qui est prise à partie par la Commission. Dans un dossier par exemple, la DPJ a omis de transmettre au tribunal une contre-expertise qui disculpait un père d'allégations de maltraitance. La commission en conclut que les droits de l'enfant ont été lésés.

Catherine Major se désole, pour sa part, que la Commission n'ait pas tiré la même conclusion dans le cas de sa fille. « Margot a été abusée par un système, a eu des examens à outrance et je n'avais pas le droit de dire non. Donc, je ne comprends pas qu'on puisse dire que ses droits n'ont pas pu être lésés. »

La jeune femme a décidé de s'adresser au Collège des médecins, qui ne s'est pas encore prononcé dans le dossier du médecin traitant.