Uber : Montréal plaide pour un contrôle serré

Uber Service Uber  Photo :  ICI Radio-Canada

La Ville de Montréal, qui représente 60 % de l'industrie du taxi à Montréal, reviendra à la charge pour le maintien d'une réglementation serrée du transport rémunéré des personnes au Québec lors de son passage en commission parlementaire ce mercredi.

Un texte de Nicolas VigneaultTwitterCourriel

Dans son mémoire qui sera déposé à l'Assemblée nationale, dont Radio-Canada a obtenu copie, la Ville affirme sans réserve que la « dérèglementation du transport de personnes rémunéré entraînerait automatiquement la légalisation de centaines, voire de milliers, de transporteurs illégaux qui proposent leurs services sur des sites de petites annonces et échappent à toute règlementation, autant pour la sécurité des usagers qu'en termes fiscaux ».

Concernant le service UberX, les représentants de la métropole soutiennent que le nouveau joueur est contesté non pas en raison de sa nouvelle technologie, mais plutôt parce qu'il ne respecte pas les règles du jeu.

Dans sa première recommandation la Ville souhaite d'ailleurs que le gouvernement conserve les règles actuelles allant de l'identification claire des véhicules jusqu'à l'obtention d'un permis pour les chauffeurs.

La Ville de Montréal recommande aussi de rendre accessible l'ensemble des données reliées aux activités de transport de personnes, comme le trajet. De cette façon, les autorités municipales estiment qu'il sera plus facile d'identifier les besoins en matière de transport sur l'ensemble du territoire.

Montréal soutient même que les opérateurs de plateformes devraient partager leurs données s'ils désirent opérer sur un territoire. Si bien qu'une des recommandations de la Ville de Montréal est « que le gouvernement rende la géolocalisation et le partage des données obligatoires pour tous ».

Le mémoire de la métropole rappelle aussi que l'industrie du taxi représente le gagne-pain de plus de 22 000 familles sur son territoire.

Selon le document, la perte de la valeur des permis de taxi en raison de la présence d'un nouveau joueur dans le marché ne représente rien de moins qu'une expropriation liée aux décisions gouvernementales. « Ne pas compenser les propriétaires de permis serait l'équivalent de ne pas compenser les propriétaires d'une maison que l'on exproprie », lit-on dans le document de l'administration Coderre.

La valeur des permis de taxi de la Ville de Montréal totaliserait, selon les données de la Commission des transports du Québec, plus de 867 millions de dollars.