Uber et les taxis seront entendus en commission parlementaire

La Presse Canadienne
Les taxis manifestent contre Uber  Photo :  Simon-Marc Charron

Au lendemain d'une autre journée de moyens de pression des chauffeurs de taxi, à Montréal, une commission parlementaire entendra à Québec jeudi les acteurs de l'industrie sur la question du « transport rémunéré de personnes par automobile. »

Mercredi, de nombreux chauffeurs de taxi de Montréal ont choisi de faire sentir leur présence et leur mécontentement dans la rue, face à la tolérance, selon eux, des autorités devant le service de transport Uber.

Entre autres, ils ont occupé des places de stationnement sur le boulevard René-Levesque Ouest et la rue Sherbrooke Ouest, entre la rue Crescent et le boulevard Saint-Laurent, au centre-ville de Montréal.

Ils ont aussi bloqué les allées et venues des voitures Uber près des bureaux du centre-ville du ministère des Transports, du palais de justice de Montréal, de la tour Bell, de la place Émilie-Gamelin, de la tour de la Bourse, de la tour CIBC, de la Place Ville-Marie, du Centre Eaton et du square Phillips.

Des oeufs semblaient avoir été lancés sur des voitures d'Uber.

De son côté, Uber s'est dit victime d'intimidation dans le cadre de ces moyens de pression. « Nous condamnons fortement tous les gestes de violence et d'intimidation commis aujourd'hui par des membres de l'industrie du taxi », a répliqué par écrit le porte-parole d'Uber Canada, Jean-Christophe De Le Rue.

Le Regroupement des travailleurs autonomes Métallos, qui représente des chauffeurs de taxi, avait demandé à Uber d'observer une trêve pendant la tenue de la commission parlementaire pour étudier toute la question du transport de personnes, en vain.

« Le gouvernement a mis en place une commission pour permettre à toutes les parties prenantes de faire entendre leurs opinions et nous sommes persuadés que la solution passe par un dialogue et non par la violence », a ajouté M. De Le Rue.

Première journée de commission 

C'est donc finalement jeudi que débutera cette commission « sur le transport rémunéré de personnes par automobile ».

Dès jeudi seront entendus Amigo Express et Taxelco. Le Regroupement des travailleurs autonomes Métallos comparaîtra à 15 h, suivi du Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec, puis d'Uber Québec à 16 h 30.

D'autres acteurs de l'industrie seront entendus mardi et mercredi prochains, comme la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, la clinique de défense des droits Juripop, Aéroports de Montréal, le Bureau du taxi et la Ville de Montréal.

Et d'autres seront encore entendus les 9 et 10 mars, dont l'Union des municipalités du Québec, la Commission des transports et Contrôle routier Québec.

6555 titulaires de permis 

Le ministère des Transports précise que l'industrie du taxi est composée de 6555 titulaires de permis de propriétaire de taxi, dont 6459 qui n'ont qu'un seul permis.

Il y a également 20 600 titulaires de permis de chauffeur de taxi.

La tarification établie par la Commission des transports du Québec est de 3,45 $ au départ d'une course, puis 1,70 $ par kilomètre parcouru avec le client et 0,63 $ par minute d'attente, taxes incluses.

Parmi les questions qui seront étudiées en commission parlementaire, il y a celle de la formation des chauffeurs, de la protection du consommateur et de l'inspection mécanique du véhicule.

En 2015, le Bureau du taxi de Montréal a fait quelque 600 saisies de véhicules de chauffeurs illégaux, indique le ministère des Transports dans la documentation fournie pour la commission parlementaire.

Uber se défend de livrer une concurrence déloyale aux chauffeurs de taxi. « Les taxis et le covoiturage urbain peuvent se compléter afin de mieux répondre aux besoins des consommateurs de la province », a commenté M. De Le Rue.