Mesures d'urgence dans Rosemont après la mort tragique d'une cycliste

Les explications de Catherine Gauthier

Le décès tragique d'une cycliste de 33 ans sous un viaduc de la rue Saint-Denis, lundi, relance la question de la sécurité des cyclistes. Le tunnel où l'accident s'est produit, qui passe sous la voie ferrée du Canadien Pacifique, figure parmi les endroits les plus dangereux et achalandés de Montréal.

Mardi, le maire de l'arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie, François Croteau, a annoncé des mesures d'urgence pour protéger les cyclistes sur son territoire. Il agit sans l'appui de la ville-centre, de qui relèvent pourtant les viaducs.

« Depuis quatre ans que Rosemont-La Petite-Patrie et le Plateau demandent des mesures claires et physiques pour protéger les cyclistes sous les viaducs. Il faut cesser d'attendre une tragédie pour prendre des décisions. » — François Croteau

Dès vendredi, l'arrondissement tracera donc des lignes blanches sur les trottoirs sous ses viaducs pour séparer l'espace entre cyclistes et piétons. Des panneaux de signalisation seront également conçus et installés, de façon à rendre la cohabitation légale.

Les 10 intersections où il y a eu le plus d'accidents impliquant des vélos de 2006 à 2010.

Le Code de la route interdit aux cyclistes d'emprunter les trottoirs, au risque de recevoir une contravention. Les policiers devraient donc s'ajuster aux nouvelles mesures. André Durocher, du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), a toutefois mentionné en entrevue à CBC que les policiers continueront de donner des contraventions aux cyclistes délinquants, même si la Ville marque les trottoirs à la peinture blanche. 

« Ça n'a aucun sens! », a réagi la directrice de Vélo Québec, Suzanne Lareau, en entrevue à l'émission 24/60. « Lors d'une rencontre l'an dernier, le SPVM nous disait que s'il y avait des panneaux désignant des trottoirs cyclopédestres, ça les arrangerait parce qu'ils ne seraient plus obligés de donner des contraventions. Est-ce que le SPVM veut régler la situation ou non? », demande-t-elle.

La pointe de l'iceberg

Par ailleurs, Suzanne Lareau espère que d'autres arrondissements prendront exemple sur Rosemont-La Petite-Patrie. « Il y a des dizaines de tunnels et de viaducs sur l'île de Montréal qu'il faut rendre plus sécuritaires », plaide-t-elle.

Réagissant à la mort de la cycliste, le maire de Montréal, Denis Coderre, a déclaré mardi qu'il apporterait au besoin des changements au Code de la route, sans donner plus détails.

La victime, Mathilde Blais, était orthophoniste à l'École primaire Ludger-Duvernay, dans l'arrondissement du Sud-Ouest. Des veillées à la bougie en mémoire de la jeune femme auront lieu là où l'accident est survenu, à l'entrée du viaduc des rues des Carrières et Saint-Denis, le 5 mai à 7 h 30 et à 18 h.

Pour plus d'information, consultez les pages Facebook des événements : Un vélo fantôme pour Mathilde Blais et Vigile en solidarité avec Mathilde Blais et pour la sécurité des cyclistes.

Une vidéo mise en ligne mardi montre un exemple de la cohabitation parfois difficile entre les cyclistes et les automobilistes.