Glissement de terrain à L'Épiphanie : les recherches suspendues jusqu'à mercredi

Opération de sauvetage

La Sûreté du Québec (SQ) a suspendu les recherches pour retrouver deux travailleurs emportés par un glissement de terrain survenu sur le site d'une carrière de la compagnie Maskimo à L'Épiphanie, dans Lanaudière.

Un autre travailleur emporté a pu être secouru. Il a réussi à sortir de sa pelle excavatrice et a été secouru par un hélicoptère de la SQ. Il a subi une engelure et un choc nerveux, mais il est hors de danger.

En fin d'avant-midi mardi, deux camions et une excavatrice ont été emportés dans le glissement de terrain, se retrouvant coincés sous la terre et la roche.

La responsabilité de l'opération a été transférée à la municipalité et au service des incendies. De l'équipement lourd sera déployé sur le site à la reprise des recherches à 7 h mercredi, selon une procédure de travail sécuritaire autorisée par la CSST. Un hélicoptère de la SQ, des secouristes et des chiens pisteurs seront aussi présents.

Les secouristes tenteront alors de creuser pour tenter de localiser les deux travailleurs. Mais selon les géologues de la sécurité civile du Québec, le sol est toujours très instable, rendant leur travail dangereux.

« Il reste encore des masses de sol instables. La pelle mécanique est aussi dans une situation très précaire. Il faut donc s'assurer évidemment de la sécurité des travailleurs avant d'entreprendre toute intervention supplémentaire », a expliqué mardi soir Denis Robitaille, géologue au ministère de la Sécurité publique du Québec.

L'opération avait déjà dû être suspendue, en début de soirée, le temps d'installer de l'éclairage, puisque la caméra thermique utilisée par la SQ n'avait pu aider à localiser les travailleurs manquant sous les éboulis.

Six secouristes sont descendus dans la carrière, à 90 mètres de profondeur. Deux hélicoptères ont été utilisés, dont un qui effectuait des relevés pour les géologues qui analysaient l'état des lieux.

Georges Allard, propriétaire d'Allard G Excavation Inc, a dit espérer de bonnes nouvelles de ses deux employés qui manquaient toujours à l'appel. Il s'agit d'un homme et d'une femme dans la quarantaine, dont un opérateur qui est à l'emploi de la compagnie depuis 16 ans. L'entreprise Allard G Excavation Inc est à faire des travaux de sous-traitance sur le site de la mine.

Maskimo Construction est une entreprise qui oeuvre le milieu de la construction de routes et d'infrastructures routières depuis plus de 50 ans. Son siège social est situé à Trois-Rivières, mais elle exploite plus de 20 sites d'extraction de matières premières (carrières, sablières et gravières) comme la carrière de L'Épiphanie.

Tout en demeurant prudente quant aux causes de l'accident, la sécurité civile avance l'hypothèse que des montagnes de terre auraient pu liquéfier un sol fait en argile, provoquant le glissement de terrain. Les propriétaires des lieux refusent quant à eux de se pencher sur la question pour le moment.

« Nous ne nous sommes pas arrêtés aux causes de l'événement, car vous comprendrez que notre priorité aujourd'hui était portée sur les interventions d'urgence, la poursuite des recherches et surtout le soutien à nos employés et à leurs proches », a indiqué la directrice des ressources humaines de Maskimo, Yuane Desfossés.

De son côté, le maire de la Paroisse de L'Épiphanie, Denis Lévesque, n'arrive pas s'expliquer cet « accident », qui a eu lieu dans une partie « très rocailleuse ».

Il faut dire que l'exploitation d'une carrière comporte son lot de risques, selon le géologue de l'Université Laval, Jacques Locat :

Ce n'est pas la première fois qu'un événement du genre se produit dans cette localité. En 2011, deux rétrocaveuses et un camion avaient été ensevelis par un glissement de terrain en bordure de route 341 à L'Épiphanie.

Le travailleur secouru par la Sureté du Québec, sur le site de la carrière
L'Épiphanie

 

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