Le «maquilleur de l'horreur» acquitté

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le compte-rendu de David Savoie.

Le maquilleur Rémy Couture a été acquitté des accusations de corruption de moeurs portées contre lui. Les sept femmes et cinq hommes membres du jury ont rendu leur verdcit au palais de justice de Montréal, samedi en début de soirée.

Le maquilleur spécialisé en horreur faisait face à trois chefs d'accusation de corruption de moeurs pour production, possession et diffusion de matériel obscène sur son site Internet.

Le jury a conclu que bien que violent et dérangeant, le matériel de Rémy Couture constitue de l'art. Les 12 jurés avaient commencé leurs délibérations vendredi.

« Je suis soulagé. C'est comme si j'avais 400 livres de moins sur les épaules. » — Rémy Couture

« Même si l'opinion publique, la plupart des gens [...] étaient vraiment derrière moi, et que tout le monde disait ''ben non, c'est impossible que tu sois déclaré coupable'', la possibilité était tout le temps là. Pour moi, ce n'était pas acquis que j'allais m'en tirer », a déclaré M. Couture à la sortie de la salle d'audience du palais de justice de Montréal.

Ses avocats ont accueilli le verdict avec beaucoup de satisfaction. « On est contents de la décision, c'est certain. On pense que c'était une question évidemment importante. Pas facile, par contre, parce que les images étaient difficiles à voir », a réagi l'une des avocates de l'accusé, Me Véronique Robert.

« Je pense qu'on a droit d'avoir une opinion en faveur ou en défaveur de la chose, mais ici, c'était un procès criminel, a-t-elle poursuivi. La question était de savoir si Rémy Couture a agi comme un criminel en produisant et en diffusant ces images-là, et le jury a décidé que non. »

La Couronne, qui dispose d'un délai d'un mois pour porter le jugement en appel, n'a pas indiqué ce qu'elle comptait faire.

De l'obscénité ou de l'art?

Pour l'une des rares fois dans l'histoire judiciaire canadienne, un jury devait déterminer si une oeuvre enfreint les limites de l'expression artistique et il devait se prononcer en vertu des lois canadiennes sur l'obscénité. Les procès en lien avec cette question concernent habituellement des cas de pornographie juvénile.

Devant la Cour, Rémy Couture avait défendu son travail comme étant une oeuvre d'art.

Témoignant pour sa propre défense, le maquilleur spécialisé en horreur a expliqué au jury que son site Internet, qui met en vedette un tueur psychopathe qu'il a créé, n'est pas la pornographie violente décrite par la Couronne.

Le matériel en question inclut des centaines de photos et deux vidéos de fiction qui montrent des meurtres sordides, de la torture, des agressions et de la nécrophilie. Tous ces actes mettent en scène des jeunes femmes qui apparaissent partiellement ou complètement nues.

Il n'y a aucune victime impliquée dans l'affaire. Toutes les productions de Rémy Couture étaient des mises en scène et les actrices qui y participaient étaient consentantes. Du faux sang, du latex et du silicone ont été utilisés pour créer des images terrifiantes et réalistes.

Rémy Couture avait été arrêté à l'automne 2009.

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