L'UdeM annule la vente à Catania du 1420 Mont-Royal

Le 1420, boulevard Mont-Royal Le 1420, boulevard Mont-Royal  Photo :  Google Maps

L'Université de Montréal ne prolongera pas l'entente qu'elle avait conclue en 2008 avec Construction Frank Catania & Associés pour lui vendre son pavillon du 1420, boulevard Mont-Royal, dans l'arrondissement d'Outremont.

L'institution s'était réservé le droit d'annuler l'offre d'achat d'ici au 31 décembre 2012.

« Aujourd'hui, divers enjeux judiciaires empêchent la conclusion de cette transaction et le feront pendant l'avenir prévisible. » — Extrait du communiqué émis par l'Université de Montréal

Paolo Catania, qui gère la firme de construction, voulait acquérir le bâtiment historique dans le but de le convertir en condos. La vente annoncée, mais non finalisée, avait suscité un tollé alors que des allégations de collusion impliquant M. Catania se sont mises à faire les manchettes au cours des dernières années.

L'homme d'affaires est accusé de fraude, de complot et d'abus de confiance dans une autre affaire de vente, celle du Faubourg Contrecoeur, un terrain de l'est de Montréal que la Société d'habitation de Montréal a vendu en 2007 à Construction Frank Catania pour qu'elle y construise 1800 logements.

Sur le campus de l'Université de Montréal, une coalition de professeurs et d'étudiants, le Rassemblement pour la sauvegarde du Pavillon 1420, s'était formée pour tenter de bloquer la transaction. La coalition réclamait également que les détails de l'entente soient rendus publics. « Comment un organisme public peut-il refuser de révéler les détails d'une entente qui implique des fonds publics? », s'indignait en octobre dernier le porte-parole du regroupement et ancien député péquiste, Daniel Turp.

Le Rassemblement allait porter l'affaire en justice en 2013, en arguant que l'université n'avait pas suivi les procédures légales pour vendre un bâtiment public au secteur privé.

Le 1420 toujours à vendre

Dans un communiqué, l'Université de Montréal réaffirme par ailleurs sa ferme intention de se départir de l'édifice, une décision que déplore le regroupement contre la vente du 1420. Celui-ci soutient que l'université fait fausse route en continuant de vouloir vendre le bâtiment, puisqu'elle a besoin d'espace pour ses locaux et que l'édifice se trouve sur le campus.

« Le département de géographie est dans un bâtiment insalubre au Strathcona. La faculté de musique est aussi à l'étroit. Audiologie et orthophonie sont dans des bâtiments loués », énumère Michel Seymour, professeur à l'UdeM et porte-parole du Rassemblement.

« L'Université de Montréal paie d'ailleurs 9 millions de dollars par an en locations pour plusieurs de ses départements. Le 1420 répond à tous ces besoins », plaide M. Seymour.

L'UdeM assure pour sa part que le bâtiment n'est pas adapté à ses besoins « en raison de contraintes techniques et des coûts d'une éventuelle rénovation ». Un nouveau processus de mise en vente sera enclenché « dès que le contexte sera favorable », dit l'université.

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