Mort de Mario Hamel : le coroner cible la formation et l'équipement des policiers

Le lieu d'une fusillade ayant coûté la vie à un itinérant et à un cycliste en plein centre-ville de Montréal, en juin 2011 Le lieu d'une fusillade ayant coûté la vie à un itinérant et à un cycliste en plein centre-ville de Montréal, en juin 2011  Photo :  Maxime Coutié

Équiper plus de policiers de pistolets électriques, revoir leur formation et améliorer les services offerts aux personnes atteintes de problèmes de santé mentale ou de toxicomanie : telles sont les principales recommandations du rapport du coroner sur la mort de Mario Hamel, l'un des deux hommes tués par des policiers en juin 2011 à Montréal.

Mario Hamel a été tué alors qu'il menaçait les policiers avec un couteau, tandis que Patrick Limoges, un simple passant, a été victime d'une balle perdue.

Voici les principales recommandations du rapport du coroner, dont Radio-Canada a obtenu copie :

Le Dr Jean Brochu recommande que le ministre de la Santé du Québec, en collaboration avec l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal :

  • mette en place des services psychosociaux de première ligne adaptés aux besoins des personnes en détresse;
  • accroisse les équipes mobiles d'intervenants spécialisés pour soutenir les policiers et les patrouilleurs qui interviennent auprès des personnes en situation d'itinérance ou des personnes qui ont un problème de santé mentale ou de toxicomanie. Une recommandation qui vise à éviter la judiciarisation des personnes ayant des troubles mentaux;

Il est aussi recommandé que l'École nationale de police du Québec :

  • poursuive ses recherches afin de proposer de nouvelles stratégies et tactiques policières spécifiques à l'intervention auprès de personnes violentes et en situation de crise;
  • actualise les standards de requalification en matière de tir pour les policiers;

Le Dr Jean Brochu recommande finalement que le Service de police de la Ville de Montréal :

  • équipe plus d'agents et de véhicules de patrouille d'armes intermédiaires comme l'arme à impulsion électrique, tout en s'assurant de politiques d'utilisation rigoureuses ainsi que de l'obligation d'appeler une ambulance dès que la possibilité d'utiliser une arme à impulsion électrique est soulevée;
  • prenne les mesures nécessaires pour que son personnel bénéficie des meilleures conditions d'entraînement au tir, qui comprend le tir en situation de stress.

« Dans le contexte d'une intervention policière se déroulant au milieu de passants [...], l'arme à impulsion électrique peut s'avérer un outil extrêmement utile. Même si elle est soupçonnée d'avoir causé des décès, elle ne peut être plus nocive qu'une arme à feu. » — Dr Jean Brochu
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Rapport du coroner sur la mort de Mario Hamel

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