Laval : une course entre deux candidats

Le conseil municipal de Laval Le conseil municipal de Laval

Deux conseillers municipaux sont intéressés à assurer l'intérim à la mairie de Laval, en crise depuis plusieurs semaines : Alexandre Duplessis et Jacques St-Jean. Ils sont respectivement conseillers des districts de Saint-Martin et de Saint-François.

La Ville en a fait l'annonce mardi, date limite pour les mises en candidature.

Les deux candidats, issus du parti PRO des Lavallois, siègent maintenant comme indépendants, la formation ayant annoncé la veille son intention de se saborder.

Puisque plus d'un candidat est en lice, la Ville devra organiser une assemblée extraordinaire pour élire le successeur de Gilles Vaillancourt, qui a démissionné il y a deux semaines sur fond d'allégations et après plusieurs perquisitions de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) à son domicile ainsi qu'à l'hôtel de ville.

La Ville a précisé par communiqué que la date de l'assemblée sera déterminée ultérieurement.

En entrevue à Radio-Canada, le directeur général des élections du Québec (DGEQ) a indiqué que le parti PRO des Lavallois ne lui avait pas encore fait parvenir de demande officielle pour sa dissolution. Le DGEQ ajoute qu'il n'a pas non plus reçu de demande pour retirer le nom de Gilles Vaillancourt comme chef du parti. Toute demande de dissolution doit être faite par le chef de la formation.

Le candidat désigné par le conseil restera en poste jusqu'aux élections du 3 novembre 2013. En vertu de la loi électorale, il n'était pas nécessaire d'appeler les citoyens aux urnes dans le cadre d'une élection partielle, puisque la démission de Gilles Vaillancourt, à quelques jours près, est survenue moins d'un an avant les élections générales.

Pressenti pour assurer l'intérim, le vice-président du comité exécutif de la Ville, Basile Angelopoulos, a dit renoncer au poste pour des raisons professionnelles. La semaine dernière, les élus l'avaient désigné pour succéder au maire démissionnaire. Il appuie maintenant Alexandre Duplessis.

Un simulacre d'élection, dit le Parti au service du citoyen

Le fait qu'il y ait deux candidats en lice ne satisfait pas le chef du Parti au service du citoyen, Robert Bordeleau, qui y voit du « tape-à-l'oeil ». « Même le sabordement du PRO est un autre stratagème. Ça ne change pas le mal de place. Ça ne change pas [le fait] qu'ils sont redevables aux citoyens », a-t-il dit en entrevue à Radio-Canada.

Le conseil municipal, où aucun parti d'opposition n'est représenté, avait mis le processus de mise en candidature sur la glace quand Québec a annoncé, après la démission du maire Vaillancourt, qu'il entendait nommer un vérificateur spécial pour « accompagner » l'administration lavalloise durant la prochaine année.

Offusqués par la décision du gouvernement Marois, les membres du conseil municipal avaient alors indiqué qu'ils ne désigneraient pas de maire intérimaire tant que le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, ne leur fournirait pas d'explications. Les explications semblent donc avoir été satisfaisantes puisque les élus ont décidé de procéder à la nomination d'un maire.

Quelques minutes avant l'annonce des candidatures, l'UPAC a par ailleurs frappé de nouveau dans la troisième ville du Québec. Les policiers perquisitionnent dans les bureaux du parti PRO des Lavallois ainsi que dans une résidence privée.

Le maire intérimaire devra composer avec les deux vérificateurs spéciaux envoyés par le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire. Les comptables Reney Cromp et Richard Villeneuve ont entrepris les premiers contacts avec l'administration municipale lundi. Ils ont le mandat de vérifier l'attribution des contrats par la municipalité.

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