Michael Applebaum, nouveau maire de Montréal

Le compte rendu de Davide Gentile

« Le temps est venu de tourner la page », a affirmé Michael Applebaum après avoir été désigné maire intérimaire de Montréal par les élus du conseil municipal, vendredi après-midi.

Trente-et-un élu ont voté pour M. Applebaum, 29 pour Richard Deschamps et trois bulletins ont été rejetés.

Dès jeudi, le nouveau maire par intérim entend réunir l'exécutif et les chefs des différentes formations politiques pour entendre leurs suggestions afin « de sortir avec une bonne équipe ».

« C'est maintenant le temps de reconstruire des ponts et on va travailler avec tout le monde. » — Michael Applebaum, maire par intérim de la Ville de Montréal

M. Applebaum soutient réfléchir à la nomination d'un éventuel président du comité exécutif. « Une chose est claire pour moi, le président sera un président indépendant. Le maire de Montréal et le président [du comité exécutif] seront indépendants afin d'assurer que nous serons en mesure de regarder tous les dossiers sans être obligés de respecter les décisions d'un caucus », a déclaré M. Applebaum.

M. Applebaum, qui sera assermenté lundi, souhaite être en mesure de procéder à la nomination du comité exécutif jeudi prochain.

Michael Applebaum assurera le poste de maire intérimaire jusqu'aux élections municipales de novembre 2013.

Qui est Michael Applebaum?

    • Ancien bras droit du maire Gérald Tremblay, il a démissionné de ses fonctions au sein du comité exécutif le 9 novembre 2011 et a quitté Union Montréal le 14 novembre
  • Ancien courtier immobilier
  • Élu conseiller municipal pour la première fois en 1994
  • Maire de l'arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce depuis le 1er janvier 2002
  • Président du comité exécutif de 2011 jusqu'à sa démission, en novembre 2012
  • Responsable, entre autres, de l'urbanisme, des finances, des relations avec les arrondissements et des services administratifs.
  • Membre du conseil d'agglomération.

Richard Deschamps, candidat défait d'Union Montréal, rappelle que le vote a été « extrêmement serré » et dit prendre acte du choix qui a été exprimé.

Richard Deschamps et Michael Applebaum se sont serré la main à l'issue de la divulgation des résultats du vote. Richard Deschamps et Michael Applebaum se sont serré la main à l'issue de la divulgation des résultats du vote.  Photo :  PC/Graham Hughes

M. Deschamps, qui entend aller jusqu'au bout de son mandat, ne précise pas s'il le fera au sein d'Union Montréal. Ce sera « certainement comme un élu de l'arrondissement de LaSalle », dit-il.

À une question sur Michael Applebaum, Richard Deschamps a dit avoir toujours eu des relations respectueuses avec lui. Mais, il a fait remarquer ne pas avoir reconnu « le même M. Applebaum au cours des huit derniers jours ». « Mais moi, je suis resté le même. Je suis resté droit et je suis resté dans la vérité ».

De leur côté, les deux partis d'opposition à l'Hôtel de Ville ont indiqué vouloir collaborer avec le nouveau maire intérimaire.

Le premier maire anglophone depuis ... un siècle

Michael Applebaum est le premier anglophone à présider aux destinées de la Ville de Montréal depuis exactement 100 ans, après James John Edmund Guerin, qui a été maire de 1910 à 1912.

Signe des temps, comme Applebaum, Guerin avait aussi accédé à la mairie dans un contexte de scandales sur la gestion de la Ville, dévoilés par l'enquête Cannon. Des fonctionnaires avaient été alors congédiés et un système d'appels d'offres avait été instauré pour tenter de juguler le favoritisme.

C'était d'ailleurs des commissaires du bureau du contrôle qui avaient la responsabilité de redresser la gestion de la Ville, faisant de M. Guerin le premier maire « à fonction exclusivement honorifique ». Le seul pouvoir dont il disposait était celui de la discussion.

M. Applebaum a été le premier à accepter le principe d'un comité exécutif de coalition et une réduction de la hausse de taxes de 3,3 % à 2,2 %. Il a également accepté de revoir la hausse des tarifs de la Société de transport de Montréal (STM) et la nomination d'un vérificateur indépendant.

Quant au candidat défait, Richard Deschamps, il a mis du temps à accepter la réduction de la hausse de taxes, mais il a rallié les positions de son adversaire. M. Deschamps proposait la mise en place d'une structure permanente pour la vérification de l'administration publique plutôt que de favoriser une ligne éthique sous l'égide du vérificateur général.

M. Deschamps a dû faire face à une vague de défections au sein de son parti au cours de la dernière semaine. Au total, 10 élus d'Union Montréal ont claqué la porte du parti ou se sont temporairement retirés du caucus pour appuyer M. Applebaum, leur ancien collègue.

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