Grève étudiante : manifestation pacifique à Montréal

Nouvelle manifestation contre la hausse des droits de scolarité à Montréal le 26 avril 2012. Nouvelle manifestation contre la hausse des droits de scolarité à Montréal le 26 avril 2012.

Des centaines de personnes ont manifesté de façon pacifique dans les rues du centre-ville de Montréal jeudi soir dans le cadre du mouvement étudiant contre la hausse des droits de scolarité.

Les manifestants se sont rassemblés à 20 h 30 au parc Émilie-Gamelin, avant de se déplacer vers l'ouest sur le boulevard René-Lévesque. Des projectiles ont alors été lancés et la manifestation a rapidement été déclarée illégale par les policiers.

Les protestataires se sont scindés en deux groupes et ont pris des directions différentes, l'un vers l'ouest et l'autre vers le nord. Ils se sont ensuite rejoints au centre-ville à l'angle des rues Atwater et Lincoln, au nord du boulevard de Maisonneuve Ouest.

« La manifestation reste illégale. Toutefois, les actes criminels ont cessé et, si elle est pacifique, elle peut continuer », a déclaré le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Les manifestants sont ensuite descendus dans le calme vers le sud et ont tourné sur le boulevard René-Lévesque en direction est, puis sur la rue Saint-Denis en direction nord. Ils étaient de retour au parc Émilie-Gamelin peu après 23 h, où l'escouade antiémeute et le Groupe d'intervention (GI) étaient sur place.

Des manifestants ont toutefois continué leur route sur la rue Ontario en direction ouest, à partir de Berri. D'autres pièces pyrotechniques ont été lancées et un avis leur a été donné. Ils se sont ensuite dirigés vers le nord en empruntant la rue Saint-Denis, pour se retrouver sur l'avenue Mont-Royal, avant de tourner sur le boulevard Saint-Laurent en direction sud.

Vers minuit, ils étaient de retour sur la rue Sherbrooke, en direction ouest. Ils se sont ensuite immobilisés devant l'hôtel Fairmont Le Reine Elizabeth, avant de déclarer la fin de la marche peu avant 1 h.

Aucun débordement

Le SPVM a signalé deux arrestations, mais aucun débordement. Sur les réseaux sociaux, on rapportait même quelques accolades entre policiers et manifestants.

Le porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière, a parlé d'un bilan « beaucoup plus positif » et a fait valoir que la foule s'était « autorégulée », faisant en sorte que la police a seulement bloqué certaines rues.

Au début de la manifestation, parc Émilie-Gamelin, des agents du SPVM ont informé les manifestants de la liste des règlements. Ils ont notamment précisé que le déplacement d'un cône orange, délimitant les voies de circulation, serait considéré comme une infraction.

Plusieurs personnes se sont jointes au rassemblement au cours de la marche, notamment la présidente et porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, ainsi que le député Amir Khadir. Au plus fort de la manifestation, la foule a été évaluée entre 1500 et 2000 personnes.

Ces nouvelles actions étudiantes surviennent au lendemain de la suspension des négociations entre les étudiants et le gouvernement du Québec, jour marqué par de nouveaux affrontements entre policiers et manifestants dans la métropole.
Des policiers à cheval à la manifestation de jeudi soir. Des policiers à cheval à la manifestation de jeudi soir.

Manifestation devant le bureau de la ministre Beauchamp

Plus tôt dans la journée, quelques centaines de personnes, dont plusieurs professeurs de cégep, ont manifesté devant le bureau de la ministre de l'Éducation, rue Fullum à Montréal.

La manifestation a duré une heure et demie et s'est déroulée dans le calme. Il n'y a eu aucune altercation.

Les manifestants réclamaient la démission de la ministre Line Beauchamp parce qu'ils estiment qu'elle ne peut pas régler la crise.

Quelque 83 000 étudiants de 21 cégeps au Québec sont toujours en grève.

Manifestation au 600 Fullum, à Montréal (bureau de la ministre de l'Éducation) Manifestation devant le 600 rue Fullum  Photo :  Marc Verreault

En matinée, des manifestations ont eu lieu notamment au parc Émilie-Gamelin, près de l'UQAM, et devant le Conservatoire de musique. Les rassemblements se sont déroulés dans le calme.

D'autres rassemblements ont eu lieu au square Dorchester et à la place d'Armes. Les étudiants en grève réclament l'annulation de la hausse de 1625 $ sur cinq ans des droits de scolarité décrétée par le gouvernement de Jean Charest.

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