Les recommandations sur le tunnel Viger ont été suivies, affirme le ministre Hamad

Radio-Canada avec La Presse et La Presse Canadienne
Sam Hamad Sam Hamad, ministre des Transports du Québec

Le ministre des Transports du Québec, Sam Hamad, a affirmé jeudi après-midi que toutes les recommandations contenues dans le rapport rédigé en 2008 par SNC-Lavalin au sujet du tunnel Viger, où une poutre s'est effondrée dimanche, avaient été respectées.

Accompagné de la sous-ministre Anne-Marie Leclerc, le ministre Hamad a martelé que les travaux avaient été effectués selon les recommandations des experts.

Le ministre Hamad a nié les informations du quotidien La Presse, qui affirmait jeudi qu'une des recommandations du rapport de 2008 n'aurait pas été appliquée, à savoir le renforcement des assises des poutres du tunnel.

« L'ensemble des recommandations ont été suivies », a répété le ministre Hamad en conférence de presse.

Toutefois, le ministre a fait référence à un rapport, datant de 2011, faisant état de l'application des recommandations du rapport de 2008, et qui n'a pas encore été rendu public. Après les questions insistantes des journalistes en conférence de presse, le ministre Hamad s'est engagé à ce que ce rapport soit rendu public « dans les prochains jours ».

Renforcement des poutres

Le ministère des Transports précise qu'à ce jour, 12 poutres ont été « sécurisées » à l'aide de piliers de soutènement et que neuf autres doivent l'être avant la réouverture du tunnel Viger de l'autoroute 720 en direction est.

Le ministère des Transports a aussi décidé de suspendre les travaux de réfection des murs du tunnel qui avaient cours lors de l'effondrement de la structure de béton.

Par ailleurs, Québec a lancé une enquête visant entre autres à savoir à quelle étape ont été commises les erreurs à l'origine de l'effondrement, soit dans l'élaboration des plans et devis, lors de l'exécution des travaux par l'entrepreneur ou lors de la supervision des travaux, précise le ministère.

Par ailleurs, le ministre Hamad a évoqué la possibilité d'enlever partout dans le tunnel les paralumes, ces lourdes pièces de béton ajouré qui permettent d'atténuer l'éblouissement qui survient lors du passage dans le tunnel, dont l'un s'est effondré avec la poutre qui le soutenait.

Rappelons que le rapport d'inspection de 2008 rendu public lundi qualifie l'état du tunnel de « critique » pour la « sécurité des usagers ». Il fait état de fissures et d'une détérioration des structures de béton.

Documents d'inspection du tunnel Viger du ministère des Transports du Québec

Rapport d'inspection générale du tunnel Viger du 22 mai 2008
Fiche d'inspection annuelle du tunnel Viger du 26 août 2010

(Site Internet du ministère des Transports du Québec)

Le tunnel rouvert d'ici lundi, selon le ministère des Transports

Le ministre des Transports maintient par ailleurs que le tunnel Viger sera rouvert à la circulation avant la fin des vacances de la construction, lundi prochain.

Les travaux se sont poursuivis pendant toute la nuit de mercredi à jeudi dans le tunnel Viger, afin de mieux soutenir les poutres et les paralumes.

En attendant, la Ville de Montréal propose quant à elle des trajets alternatifs aux automobilistes montréalais.

L'entrepreneur mis en cause se défend

Le ministre Hamad était formel mercredi en conférence de presse : ce sont les travaux qui étaient en cours dans le tunnel qui ont provoqué l'effondrement d'une partie de la structure. L'entrepreneur aurait trop aminci le mur de soutènement en béton pour atteindre l'armature.

Québec a promis de revoir tout le processus de supervision des travaux d'ingénierie et de punir les responsables de cet accident.

De son côté, l'entreprise qui effectuait les travaux de réfection des murs de béton du tunnel lors de l'effondrement se défend d'avoir été négligente. Laco Construction soutient avoir suivi à la lettre les instructions des firmes privées CIMA+, Dessau et SNC-Lavalin, qui ont rédigé les devis pour le compte du ministère des Transports.

Laco Construction aurait d'ailleurs pris la décision de laisser 30 centimètres de béton intact, plutôt que les 20 centimètres que recommandait le consortium, par souci de sécurité.

« On nous a traînés dans la boue. [...] Le ministre, avant de parler, devrait peut-être s'assurer de ce qu'il dit, surtout pendant qu'il y a des enquêtes en cours », a déclaré le président de l'entreprise, Luc La Haye, au journal La Presse.

La spécialiste en gestion de crise et professeure à l'École nationale d'administration publique, Marie-Christine Therrien, abonde dans le même sens.

« Le ministre pointe du doigt l'entrepreneur depuis quelques jours, alors qu'il a lui-même demandé une enquête. Je crois que le ministre devrait attendre les résultats de l'enquête avant de pointer du doigt des coupables », a-t-elle affirmé sur les ondes de RDI, ajoutant que M. Hamad devrait plutôt s'affairer à donner des réponses claires, précises et transparentes à la population.

Notons que Laco Construction a confirmé à Radio-Canada les informations révélées par le journal. Suivant la recommandation de sa compagnie d'assurances, elle n'accordera toutefois aucune entrevue à la caméra, puisqu'elle pourrait s'exposer à des poursuites.

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