La gestion des bixis sévèrement critiquée

Les vélos Bixi de la saison 2011 ont des panneaux publicitaires sur la roue arrière.  Photo :  Société Bixi

Le rapport du vérificateur général de la Ville de Montréal portant sur les finances de la société qui gère les vélos en libre-service Bixi a été déposé lundi après-midi à l'hôtel de ville.

Le vérificateur Jacques Bergeron estime que des règles élémentaires en matière de gestion ont été négligées et que la Ville de Montréal a fait preuve d'inertie dans le dossier. Il déclare aussi que des actions mitigées des conseils d'administration du Bixi soulèvent plusieurs questionnements. Il recommande entre autres un resserrement des règles à cet égard.

De leur côté, les partis d'opposition ont également dénoncé le manque de transparence dans la gestion du service Bixi, notamment en ce qui a trait à son déficit d'opération.

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a affirmé que la Ville avait l'autorisation de mettre en place le système de vélos Bixi à des fins municipales, mais non à des fins commerciales. Le vérificateur indique d'ailleurs dans son rapport que la commercialisation du Bixi n'est pas autorisée par la Loi sur les cités et villes.

« Aucune étude de faisabilité et aucun plan d'affaires [n'a été réalisé], a déclaré Richard Bergeron. C'est de la pure improvisation. Ce qui me conduit à conclure que l'intérêt de Gérald Tremblay, au moment de lancer Bixi, c'était que ça roule avant les élections de 2009. On se fout de la gouvernance, on se fout du prix que ça va coûter et on se fout du respect des règles les plus élémentaires, pourvu que ça soit fait avant les élections. »

La chef de Vision Montréal, Louise Harel, abonde dans le même sens.

« Il n'y a pas de plan d'affaires. Est-ce que ça serait moins coûteux d'acheter un vélo à tous ceux qui en veulent un à Montréal que de maintenir Bixi? C'est la première question. » — Louise Harel, chef de Vision Montréal

Pour sa part, l'administration du maire Tremblay tient à rassurer les Montréalais. Elle assure avoir agi de façon « rigoureuse » dans sa gestion du service.

Difficultés financières

Le vérificateur général s'intéresse depuis plusieurs mois à la gestion financière des bixis. Au cours des dernières années, les vélos Bixi ont généré des déficits récurrents et une dette de 37 millions de dollars à Stationnement de Montréal.

Les difficultés financières de la société à but non lucratif qui gère le système de vélos Bixi ont défrayé la manchette ce printemps à la suite de l'adoption, par l'administration du maire Gérald Tremblay, d'un plan de sauvetage de 108 millions pour assurer la survie et la pérennité de Bixi.

Le montage financier comprend entre autres le paiement par la Ville de 37 millions que la société doit à Stationnement de Montréal.

Il prévoit aussi une garantie bancaire de 71 millions à l'entreprise qui souhaite prendre de l'expansion en exportant le concept dans les grandes villes du monde.

Ce plan de sauvetage a soulevé la colère de beaucoup de citoyens et d'élus opposés à l'utilisation de ces millions de dollars de fonds publics pour sauver un système qui ne bénéficie qu'à une minorité de citoyens.

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