Le maire Vaillancourt met en demeure Auclair et Ménard

Le reportage de Christian Latreille
La conférence de presse de Gilles Vaillancourt

Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, nie en bloc les allégations des deux députés qui affirment qu'il leur a offert des enveloppes contenant de l'argent pour financer leur campagne.

Il met en demeure Serge Ménard et Vincent Auclair et les somme de se rétracter, à défaut de quoi il les poursuivra.

Le maire a soutenu que les seules contributions qu'il s'autorise à faire sont celles qu'il verse au parti municipal qu'il dirige.

« Je n'ai pas offert d'argent ni à M. Ménard ni à M. Auclair ni à aucun autre candidat prenant part à une élection provinciale ou fédérale. » — Gilles Vaillancourt

Il s'est dit étonné de la déclaration du député libéral Vincent Auclair, affirmant que ce dernier lui a dit avoir été questionné à ce sujet au moment où commençaient à circuler des rumeurs et avoir répondu que personne ne lui avait proposé d'argent. Selon Gilles Vaillancourt, M. Auclair aurait tenu des propos semblables au téléphone avec son chef de cabinet, Pierre Lafleur, lundi.

M. Vaillancourt s'est dit par ailleurs renversé par les allégations du député bloquiste Serge Ménard. Selon lui, elles entrent en contradiction avec le comportement de M. Ménard qui l'aurait louangé au fil des ans pour la façon dont il gérait la Ville de Laval.

« Ils sont responsables de ce qu'ils disent et, quant à moi, ils inventent des choses. » — Gilles Vaillancourt

Interrogé à propos de ce qui aurait poussé les députés en question à faire ces déclarations, il a affirmé ne pas connaître leur intention, tout en suggérant qu'ils pourraient avoir des « agendas ».

Le maire a rappelé qu'il avait été élu, tout comme MM. Ménard et Auclair, et a estimé avoir encore toute la crédibilité nécessaire pour rester en fonction auprès de ses citoyens.

Une enquête de Radio-Canada a révélé que Gilles Vaillancourt avait proposé 10 000 $ comptant à l'ancien député péquiste Serge Ménard quand il s'est lancé en politique en 1993. Le député libéral Vincent Auclair a également soutenu que Gilles Vaillancourt lui avait offert une enveloppe en juin 2002, lors d'une élection complémentaire. Ces révélations ont provoqué une onde de choc dans le milieu politique.

M. Ménard a indiqué qu'il ne souhaitait pas réagir dans l'immédiat aux propos du maire de Laval, tandis que M. Auclair maintient sa version des faits.

Un règne marqué par plusieurs dossiers controversés

Homme d'affaires, Gilles Vaillancourt est élu conseiller municipal de Laval en 1973. Il deviendra maire de la ville en 1989.

En 21 ans, il a été réélu six fois, écrasant ses rares adversaires par de fortes majorités, et il n'a aucune opposition à l'hôtel de ville depuis trois mandats consécutifs.

Gilles Vaillancourt a fait de Laval une ville en pleine expansion et dont le poids politique se fait sentir bien au-delà de ses limites, notamment en convainquant Québec de prolonger le métro et de faire construire le pont de l'autoroute 25.

C'est toutefois lui qu'on a montré du doigt dans plusieurs dossiers controversés, dont les dépassements de coûts du métro de Laval, le rachat à fort prix du Cosmodome par la Ville et des transactions de terrains impliquant des lots appartenant au patrimoine familial des Vaillancourt.

À plusieurs reprises, des enquêtes journalistiques ont fait état de favoritisme voire de copinage entre le maire et de grandes firmes de Laval, notamment dans l'octroi de contrats municipaux.

À Laval, depuis 10 ans, huit entrepreneurs se seraient partagé 75 % desdits contrats. La Sûreté du Québec a conduit une enquête à ce sujet qui n'a mené à aucune accusation.

Bien que ses adversaires allèguent depuis des années qu'il y aurait un système à Laval dont profite l'entreprise et le parti du maire, jamais Gilles Vaillancourt n'a été mis directement en cause dans aucune des affaires qu'on a tenté de lui imputer.

Avec un reportage de Bertrand Hall

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