Un déficit en attentant la rentabilité pour Bixi

Bixi  Photo :  Luc Lavigne

Après un déficit de 7 millions de dollars en 13 mois, la société de vélos en libre-service prévoit dégager un excédent de plus de 1 million de dollars en 2010 grâce à l'augmentation des abonnements et de la vente du concept à l'étranger.

La Société de vélo en libre-service, qui administre Bixi, a rendu publics ses premiers états financiers. Ils couvrent 13 mois (l'année 2009 et le mois de janvier 2010) et se soldent par une perte nette de 7 millions de dollars. Malgré tout, la société de vélos en libre-service Bixi prévoit faire des profits dès 2010.

Même en tenant compte du remboursement de sa dette, qui atteint 33 millions de dollars, Stationnement de Montréal, qui a créé ce service, prévoit un bénéfice avant impôts de 1,07 million de dollars cette année.

Les administrateurs de Bixi prévoient que cet excédent croîtra au cours des prochaines années, pour atteindre 8 millions par année dès 2014, mais à deux conditions :

  • il faudra multiplier le ratio d'abonnés par vélo par cinq. Présentement, on compte à Montréal 10 000 abonnés pour 5000 vélos, ce qui donne un ratio de deux abonnés par vélo. On espère que ce ratio passera à 10 abonnés par vélo dès 2012-2014. À titre de comparaison, ce ratio est de 13 abonnés par vélo à Paris et de 24 par vélo à Barcelone;
  • il faudra que Bixi se vende bien à l'étranger. La société de vélo en libre-service dit être en discussion avec 45 villes ou organisations. En 2013-2014, elle prévoit avoir 44 000 vélos en circulation à l'extérieur de Montréal, ce qui lui rapporterait 11,5 millions de dollars annuellement.

Toujours en négociations avec Toronto

Par ailleurs, les négociations avec la Ville de Toronto semblent plus difficiles que prévu.

« Je peux vous dire qu'il y a autant d'émotion dans les négociations Montréal-Toronto que dans un match de hockey entre les Maple Leafs et les Glorieux », a indiqué Roger Plamondon, président du conseil d'administration de la Société de vélo en libre-service, au cours d'un déjeuner-causerie devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, jeudi matin.

Le conseil municipal de la Ville Reine doit approuver le concept d'un système de vélo en libre-service lors de sa réunion du 11 mai prochain. Or, il n'y a toujours pas de contrat conclu entre les promoteurs du Bixi et la Ville de Toronto.

M. Plamondon a affirmé qu'un contrat entre Bixi et Toronto est possible à trois conditions, lesquelles ont déjà été acceptées par Boston :

  • que la Ville de Toronto garantisse l'emprunt initial pour implanter le système;
  • qu'il y ait un taux maximum de vandalisme au-delà duquel les dommages au système ou aux vélos sont assumés par Toronto;
  • que Toronto assure un revenu annuel minimum à Bixi.

Il y a eu entente sur les deux premiers points. Toronto va garantir un prêt de 4,8 millions de dollars pour démarrer le système en mai 2011, et le seuil de vandalisme a été fixé à 6 %.

C'est sur le seuil de revenu annuel minimum que les négociations achoppent. Bixi veut que Toronto garantisse les revenus annuels pour les cinq premières années, soit en achetant à l'avance des abonnements pour ses citoyens, soit par le biais de commandites. M. Plamondon indique que Boston, par exemple, a recueilli 2,5 millions de dollars en commandites.

Le président de la société de vélo en libre-service, Alain Ayotte, doit d'ailleurs se rendre à Toronto vendredi pour poursuivre les négociations, a indiqué Roger Plamondon.

Avec la collaboration de Jean-Hugues Roy