La mère de Fredy indignée

Des proches de Vivian Villanueva tentent de la consoler, tandis que des constables veulent mettre de l'ordre. Des proches de Vivian Villanueva (par terre) tentent de la consoler, tandis que des constables veulent mettre de l'ordre.

Mme Villanueva a quitté le tribunal, bouleversée, après les propos de l'avocat de la Ville de Montréal, qui a soutenu que son fils Fredy a été victime de son frère, de son propre comportement et de celui de ses amis. Le témoignage de l'agent Lapointe a dû être interrompu.

L'ambiance était tendue mercredi après-midi au palais de justice de Montréal, où se poursuivait l'enquête publique sur la mort de Fredy Villanueva. Outrée par les propos d'un avocat, la mère de ce jeune homme, tué lors d'une intervention policière en août 2008, à Montréal-Nord, a quitté le tribunal en larmes. Les audiences ont été reportées à jeudi.

L'atmosphère est soudainement devenue lourde quand Alexandre Popovic, de la Coalition contre la répression et les abus policiers (CRAP), a demandé à l'agent Jean-Loup Lapointe s'il était vrai qu'il avait l'intention de tuer Fredy Villanueva.

C'est à ce moment-là que l'avocat de la Ville de Montréal, Me Pierre-Yves Boisvert, est intervenu pour dire que Fredy Villanueva a été victime du comportement de son frère, Dany, de son propre comportement et de celui de ses amis.

Bouleversés par ces déclarations, Livian Madrid Antunes Villanueva et Dany Villanueva, respectivement la mère et le frère de la victime, ont alors quitté la salle d'audience. À l'extérieur, la mère n'a pu contenir ses émotions. Elle était couchée par terre, en crise, agitant ses pieds et réclamant en espagnol de laisser son fils tranquille.

Des proches de la famille sont venus alors consoler Mme Villanueva, en vain. Les constables spéciaux du palais de justice ont dû empêcher les gens de sortir de la salle pour ne pas créer d'incident. Ils ont aussi demandé aux personnes qui venaient en aide à Mme Villanueva de circuler, mais celles-ci ont refusé d'obtempérer.

La tension était telle que le policier Lapointe, qui était en plein témoignage, ainsi que l'agente Stéphanie Pilotte, présente lors du drame à Montréal-Nord, ont quitté la salle sous escorte.

Peur, mais pas certain d'être désarmé

Lors de son témoignage mercredi matin, l'agent Jean-Loup Lapointe avait reconnu qu'il n'avait pas eu la « certitude » que Fredy Villanueva allait le désarmer, au moment où celui-ci et d'autres jeunes l'auraient assailli, le soir du 9 août 2008. Mais il n'a jamais prétendu le contraire.

Questionné pour une deuxième journée par le représentant de la CRAP, le policier a indiqué qu'il n'avait « pas eu le temps d'avoir une certitude quelconque » lors du drame qui a lieu en l'espace d'une minute. Il a toutefois affirmé qu'il avait eu « peur de mourir ».

L'agent Lapointe a expliqué avoir ressenti une « crainte très réelle » et « très vive » d'être désarmé, mais aussi de se faire délester de ses armes intermédiaires (poivre de Cayenne, bâton télescopique). Il a confié aussi avoir eu peur de recevoir un coup « fatal », qui l'aurait « paralysé » ou qui l'aurait rendu « inconscient ».

Il a ajouté qu'il était « persuadé » que cette peur « était fondée ». Et elle l'a amené à tirer à quatre reprises, tuant Fredy Villanueva et blessant deux autres jeunes.