Un rapport accablant

La controverse entourant l'attribution du contrat des compteurs d'eau par la Ville de Montréal au consortium GÉNIeau a atteint son paroxysme lundi soir avec le dépôt du rapport très attendu du vérificateur général de la Ville.

compteur-eau

Dans son rapport de 200 pages, déposé lundi soir, lors de la séance du conseil municipal, le vérificateur Jacques Bergeron dresse certains constats inquiétants pour l'administration Tremblay.

Il faut selon lui réviser ce projet, voire envisager son annulation. M. Bergeron parle d'improvisation quant à l'élaboration du contrat et pose des questions quant aux critères de sélection du consortium GÉNIeau, qui n'auraient pas été tout à fait pertinents.

Il estime en outre que le contrat aurait pu être scindé en de plus petits contrats afin de diminuer les coûts et affirme que les frais de gestion sont beaucoup trop élevés.

Le maire Gérald Tremblay a indiqué qu'il réagirait au rapport après l'avoir lu et analysé.

La réponse de ses rivaux de Vision Montréal devrait venir rapidement. Déjà, en après-midi, avant même de connaître les conclusions du vérificateur général, la chef de la formation, Louise Harel, a enjoint son rival de tenir avant lundi prochain une séance spéciale du conseil municipal, assortie d'une séance plénière.

Le vérificateur général donnera un point de presse mardi matin.

D'une valeur de 356 millions de dollars (un montant qui inclut les taxes, mais exclut les coûts d'indexation), le contrat accordé il y a deux ans à la firme GÉNIeau prévoyait l'installation de compteurs d'eau dans les industries, les commerces et les institutions de la municipalité. Il s'agit du plus important contrat alloué dans l'histoire de la Ville.

Dans la foulée d'allégations de conflits d'intérêts, la mairie a suspendu temporairement le contrat en avril dernier et a demandé au vérificateur général d'enquêter sur le dossier.

Le maire Tremblay a déclaré en août dernier qu'il était prêt à résilier le contrat si le vérificateur général de la Ville soulevait des doutes sur les termes de l'entente.

Retour sur la controverse

Ce partenariat public-privé d'une durée de 25 ans a semé la controverse en raison des nombreuses questions d'éthique qu'il a soulevées.

Au moment où l'appel d'offres pour le contrat était en cours, l'ancien président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Frank Zampino, a séjourné sur le yacht de l'homme d'affaires Tony Accurso, l'un des entrepreneurs du consortium GÉNIeau.

Il a ensuite quitté la politique pour devenir vice-président de Dessau, une autre entreprise du consortium GÉNIeau. Il a démissionné de son poste en avril dernier, dans la foulée de cette controverse.

Deux autres anciens membres de l'administration Tremblay occupent en outre des fonctions au sein d'entreprises liées à ce dossier. Robert Abdallah, ex-directeur général de la Ville, dirige l'entreprise Gastier, une filiale de Simard-Beaudry, depuis novembre 2008. Yves Provost, responsable du dossier de l'eau à la Ville, a été embauché en décembre 2007 par la firme d'ingénieurs BPR, qui a rédigé l'appel d'offres du contrat des compteurs d'eau.

Par ailleurs, le coût du projet a lui aussi été critiqué. Toronto a déboursé 219 millions de dollars pour l'installation de 72 000 compteurs. Montréal était prête à payer plus de 137 millions de plus pour 33 000 compteurs.

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