Reconnue coupable de plagiat, Cinar envisage un appel

Claude Robinson Claude Robinson

Au terme d'une bataille juridique de 14 ans qui l'a lessivé de 2,4 millions de dollars en frais d'avocats, Claude Robinson a remporté une victoire marquante, mercredi matin, en Cour supérieure du Québec contre Cinar et d'autres maisons de production.

Cinar et les autres défendeurs dans l'affaire Robinson ont trente jours pour porter en appel la décision de la Cour supérieure du Québec qui accorde 5,2 millions de dollars à l'auteur et lui donne raison sur toute la ligne, au terme d'une bataille judiciaire de 14 ans.

Les fondateurs et principaux actionnaires de Cinar sont Micheline Charest (aujourd'hui décédée) et Ronald Weinberg. Parmi les autres intimés cités dans le jugement figurent RTV, Izard France Animation, Davin et Ravensburger.

Dans un jugement de 240 pages, le juge Claude Auclair accorde 5,2 millions de dollars à l'auteur de Robinson Curiosité.

De ces 5,2 millions:

  • 607 000 $ sont accordés pour des droits d'auteur dont Claude Robinson a été privé
  • 1,7 million de dollars sont accordés pour une portion des profits encaissés par Cinar et par d'autres maisons de production dans cette affaire
  • 400 000 $ sont accordés pour les préjudices psychologiques endurés par Claude Robinson
  • 1 million en dommages exemplaires
  • 1,5 million en frais d'avocats

On ignore pour le moment si Cinar et les autres producteurs porteront ce jugement en appel. L'avocat de Cinar, Pierre Lefebvre, s'est dit déçu et surpris. Il affirme qu'il va consulter ses clients pour la suite des choses. La maison de production a trente jours pour porter la cause en appel.

« Le fait de regagner mon oeuvre, le fait que mes droits d'auteur soient reconnus... Je suis particulièrement touché. » — Claude Robinson

Visiblement heureux, le scénariste québécois a déclaré qu'il avait toujours cru en la justice, même si son attitude lui a valu d'être traité de « rêveur » et de « lunatique ».

De Robinson Curiosité à Robinson Sucroë

La SARTEC (Société des auteurs de radio, de télévision et de cinéma) récapitule ainsi l'histoire: En 1983, Claude Robinson présente son projet de série télévisée pour enfants Robinson Curiosité à des diffuseurs et à des producteurs. Dans les années qui suivent, le scénariste multiplie les démarches pour voir son oeuvre portée à l'écran, mais en vain.En 1995, Claude Robinson est stupéfait en voyant Robinson Sucroë à la télévision. Il est convaincu d'y reconnaître sa série et envoie, cette année-là, une première mise en demeure à Cinar...

Pour Claude Robinson, cette victoire est significative non seulement pour lui, mais pour tous les auteurs. « Ça a pris 14 ans, d'accord, mais pour les auteurs qui seront aux prises avec une telle situation, ce sera peut-être moins long à l'avenir », a encore dit Claude Robinson.

Le créateur de Robinson Curiosité a l'intention de venir en aide aux auteurs qui auraient à mener une bataille pour la défense de leurs droits, mais il n'a pas précisé de quelle manière il interviendra auprès d'eux.