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Présence francophone

La présence francophone en Colombie-Britannique remonte à l’expédition d’Alexander Mackenzie en 1793. C’est au cours de cette première expédition européenne pour franchir les Rocheuses que les premiers voyageurs canadiens-français sont venus. Ensuite, la population francophone ne cesse de croître jusqu’au milieu du XIXe siècle.

La chronologie de la présence francophone en C.-B.

En 1850, plus de 60 % des habitants d’origine européenne en C.-B. parlent français. Puis, au tournant du XXe siècle, de plus en plus de francophones viennent s’installer dans la province pour travailler dans les industries minière et forestière. En 1909, la première paroisse francophone, aujourd’hui nommée Maillardville, voit le jour. Ce n’est que le début de l’établissement de plusieurs paroisses, écoles et associations communautaires francophones de la Colombie-Britannique.

Le XIXe siècle: l’époque des grands voyages d'exploration au Canada

1805 - Plus de 20 Canadiens français entreprennent avec Simon Fraser la série de voyages qui mèneront à la construction de nombreux forts en Colombie-Britannique pour le compte de la Compagnie du Nord-Ouest. 1812 - Selon le recensement de cette année-là, plus de 300 Canadiens français font le commerce des fourrures et travaillent la terre en Colombie-Britannique. Ces coureurs des bois sont les premiers colonisateurs de la province et vont créer des hameaux dotés d’églises, d’écoles, d’hôpitaux et d’associations communautaires. Au sein de ces groupes pionniers, le français est la langue la plus couramment parlée. 1858 – Avec le début de la grande ruée vers l’or en Colombie-Britannique, les francophones de la province voient l’arrivée d’un grand nombre d’Américains, et l’anglais devient la langue principale des colonisateurs de la province. Le français demeure tout de même important à Victoria, grâce à l'école Sainte-Anne, achetée par Mgr Demers. Les quatre sœurs de Sainte-Anne qui arrivent du Québec en juin 1858 pour enseigner habiteront dans l’école.

Le tournant du XXe siècle : des communautés francophones se créent et s’affirment

1905 - La population minoritaire francophone en Colombie-Britannique continue à affirmer ses droits en s’organisant en communauté. Le premier organisme socioculturel francophone de la province est fondé, c’est l'Union des Canadiens français de Vancouver. 1909 – Le premier groupe de francophones provenant de Sherbrooke, au Québec, et de Rockland, en Ontario, est recruté par la grande scierie Fraser Mills. Cette main-d'œuvre canadienne-française est réputée pour son expérience et sa fiabilité. 1910 – Une centaine de familles arrivent à la gare de Fraserville, une ville en construction, pour travailler à la Fraser Mills. La vie est dure sans eau ni électricité, mais ces gens courageux construisent leur communauté, baptisée Maillardville, sur les rives du Fraser, à l’est de Vancouver, en commençant par l’école et l’église. Ainsi naît la première paroisse de langue française de la Colombie-Britannique.

Les années 1920 et 1930: le début des associations

1926 - Le Cercle dramatique et musical est fondé à Vancouver. 1929 - Ce groupe devient l'Association des dames et demoiselles de langue française, qui essaie d’unir les membres de la communauté francophone de la province. L’association les encourage à fonder des paroisses francophones dans plusieurs communautés. 1935 - Le Club Montcalm est fondé à Vancouver. C’est le début de la future Fédération canadienne-française de Colombie-Britannique. Un des objectifs du club est la préservation de la langue. 1929-39 - Les difficultés liées à la crise économique poussent les francophones des Prairies à immigrer en Colombie-Britannique.

Les années de la Seconde Guerre mondiale: l’essor de la communauté

Pendant la guerre, des centres d'entraînement militaire sont créés sur la côte ouest. De nombreuses recrues francophones finissent par s'établir de façon permanente en Colombie-Britannique. 1941 - Le Club canadien-français de Victoria est établi. Son but est de regrouper tous les Canadiens français de l'île. 1945 – C’est la création de la Fédération canadienne-française, établie à Victoria. Sa mission est de défendre la langue et les intérêts religieux des Canadiens français de la Colombie-Britannique. Au cours des 10 années suivantes, la Fédération permet l’établissement des paroisses de Vancouver, de Victoria, de Maillardville, de Port-Alberni ainsi que de deux écoles et d’une émission radiophonique en français dans une station privée de New Westminster.

Les années 1950: plus d’un siècle de présence francophone en C.-B.

Les communautés francophones possèdent des paroisses et des écoles, des hôpitaux, des cercles culturels, des caisses populaires… Pourtant les francophones vivent toujours comme une minorité méconnue. Dans le nord, à Kitimat, Alcan continue de s’agrandir en Colombie-Britannique. Le nom de l'usine à Kitimat était alors Sagimat, une contraction de Saguenay et Kitimat. Des francophones viennent s'installer dans ces régions et travaillent dans l'usine. 1952 - Avec les fonds récoltés par le Club canadien-français de Victoria, la paroisse Saint-Jean-Baptiste est fondée.

Les années 1960 – un nouvel outil de communication pour la communauté francophone

1964 - La Fédération est maintenant représentative tant sur le plan provincial que national pour mieux plaider la cause des francophones en Colombie-Britannique. Elle veut unir les Franco-Colombiens pour conserver, défendre et faire avancer leurs intérêts. 1967 -Le 1er décembre, CBUF-FM, la Première Chaîne de Radio-Canada en Colombie-Britannique, ouvre ses portes dans ses locaux de l’Hôtel Vancouver. Le réseau français de la radio s’étend enfin du Labrador à la Colombie-Britannique.

Les années 1970 et 1980: début de la scolarisation en français

1973 et 1974 – C’est la naissance de différents centres culturels français: Kamloops, Okanagan, Nanaimo, Vancouver et un peu plus tard Campbell-River et la vallée de Comox. C’est aussi la fondation du Théâtre la Seizième et de la chorale Les Échos du Pacifique ainsi que de la Francofête, célébrée à l'occasion de la Saint-Jean-Baptiste à Maillardville. 1975 - Ouverture de la télévision de Radio-Canada 1978 – Création de la Société Maillardville-Uni et de la Fondation André Piolat 1979 – La scolarisation en français devient officielle dans le système public. Le Programme-cadre de français reçoit l’approbation du gouvernement provincial. 1983 – Ouverture de la première école homogène publique en Colombie-Britannique (école Anne-Hébert) et fondation de la Chambre de commerce franco-colombienne 1987 – Création d’Éducacentre, centre de formation pour adultes en français 1989 – Inauguration du premier Festival du bois à Maillardville

Les années 1990 jusqu’à nos jours: une francophonie à visages multiples

Au cours des dernières années, le fait français a connu un essor considérable en Colombie-Britannique. Non seulement de nombreuses associations ont été créées et maintes écoles francophones ouvertes dans la province, mais les programmes d’immersion sont aussi des plus populaires. Lors du dernier recensement, le nombre de francophones britanno-colombiens s’établit à près de 60 000. La communauté profite de plus en plus de l’immigration de francophones d’origines variées. Cette immigration, qui vient surtout d’Afrique et d’Europe, change le visage de la francophonie traditionnelle de la province. D’autre part, le nombre de francophiles en C.-B. est également en hausse. On entend de plus en plus parler le français dans les grands centres de la province. Et c’est peut-être un signe de cet engouement si aujourd’hui plusieurs représentants politiques, à différents paliers de gouvernement, parlent français. Le fait qu’environ 300 000 Britanno-Colombiens se déclarent aujourd’hui francophiles est une heureuse indication de l’importance et du respect qu’a gagné le français dans notre province.