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La dureté du mental: hockey et philosophie

[Rencontres]

14 avril 2009

La dureté du mental: hockey et philosophie


Vous êtes-vous déjà demandé, bière tablette à la main, devant un match de nos Glorieux, comment le hockey permet-il de mieux saisir les différences entre nationalismes québécois et canadien?  
 
Vous êtes-vous déjà demandé, entre deux bretzels géants, quels liens profonds unissent l'aréna et l'arène politique? Ou encore, en quoi l'abolition des matchs nuls est-elle une immense perte pour nos sociétés? 
 
Si vous êtes bel et bien en quête de réponses à ces questions existentielles, l'ouvrage collectif La vraie dureté du mental: hockey et philosophie devrait nourrir vos réflexions, tout comme les invités de cette table ronde.  
 
Jean-François Doré, journaliste et philosophe sportif, et Rodney Saint-Éloi, écrivain et éditeur à Mémoire d'encrier, sont deux auteurs qui « pensent et comptent ». 
 
Normand Baillargeon et Christian Boissinot, La vraie dureté du mental: hockey et philosophie, Presses de l'Université Laval, 2009. 
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Vos commentaires

(1 commentaire)



15 avril 2009

Messieurs, 
 
Votre article sonore fut des plus intéressants. 
 
Parlant de Herb Carnegie, à la fin des années 40, il a joué quelques saisons à Sherbrooke avec son frère Ossie et Manny McIntyre dans la Ligue Senior du Québec. Ces trois joueurs, tous de race noire, jouèrent sur la même ligne, la Coloured Line, pour le compte de l'équipe de la Ingersoll-Rand, qui opérait une très grande usine à Sherbrooke. En 1947, les Randies, comme on les appelait, ont remporté le Championnat de la Ligue Senior. 
 
Au début des années 50, ces trois joueurs ont porté l'uniforme de As de Québec et furent surnommés les « Black Aces ». 
 
Jean Béliveau, un des plus grands joueurs de l'histoire du hockey et qui a joué pour les As de Québec, soutient que Herb Carnegie fut en sorte son mentor. En effet, le vétéran Carnegie fut chargé de veiller sur le jeune Béliveau à ses débuts à Québec. Au début des années 50, Carnegie fut invité au camp d'entraînement des Rangers de New York. Malgré son talent, les Rangers lui ont offert un contrat de ligue mineure. 
 
Les Carnegie et McIntyre ont également joué à Shawinigan avant de jouer à Sherbrooke. 
 
Le Sherbrookois, Gerry Plamondon, qui a gagné la Coupe Stanley en '46 avec le Canadien de Montréal, dit avoir jouer contre les Carnegie à Timmins dans le nord de l'Ontario. M. Plamondon m'a dit qu'il n'avait jamais été aussi surpris de voir pour la première fois « ces deux noirs patiner plus vite que tous les joueurs » son équipe. M. Plamondon m'a également signalé que Herbie « était vraiment bon » et « pas facile à tasser ». Selon lui, ils ont vite fait de se faire respecter grâce à leur talent. 
 
Cela souligne de façon éloquente la grande ouverture d'esprit des Canadiens français de l'époque. On peut aussi être vraiment fiers de ces pionniers sportifs nègres et de nos grands-parents qui les ont acclamés. 
 
Ces athlètes symbolisent à leur façon ce qu'est la « dureté du mental ». 
 
Vive Herb, Ossie et Manny !!

Claude Leclair
Sherbrooke