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 13 septembre 2009
Manifeste du FLQ : une mise en contexte
Joël Le Bigot reçoit les journalistes Marc Laurendeau (Radio-Canada) et Josée Boileau (Le Devoir). De son côté, Jean Fugère fait un compte rendu du Moulin à paroles
 
Des politiciens se sont élevés contre la lecture du Manifeste du FLQ au sein de l'événement Le moulin à paroles. Les organisateurs ont crié à la censure et déclaré que ce texte faisait partie de notre histoire. Qu'en est-il? 
 
La première lecture 
Le 4 octobre 1970, Radio-Canada acceptait, pour des raisons humanitaires, de diffuser la lecture du Manifeste du FLQ. Le texte fait 11 minutes et est lu par Gaétan Montreuil.  
 
Un texte qui cite des noms 
Josée Boileau, rédactrice en chef du Devoir, était trop jeune durant les événements d'octobre pour s'en souvenir. À titre de journaliste, elle a souvent lu et analysé le Manifeste du FLQ. Aujourd'hui, elle est frappée par le décalage entre la façon radio-canadienne de lire et la forme populiste du texte, mais aussi par le fait que le texte nommait directement des gens de la société québécoise (Steinberg, Clark, Bronfman, Smith, Neapole, Timmins, Geoffrion, J.L. Lévesque). Sur le fond, le texte a un contenu social et politique qui reflétait ce que vivait la population. C'est le symbole de la fin de la candeur du Québec. 
 
Un changement de ton 
Marc Laurendeau, de l'émission C'est bien meilleur le matin, parle du discours. Jusqu'en 1970, le discours de gauche avait été principalement anticolonialiste, influencé par les écrits de Pierre Vallières. En 1970, il y a une préoccupation envers les causes sociales. Les membres du FLQ s'inspirent des Tupamaros d'Uruguay qui avaient fait des enlèvements. Plusieurs mois avant la diffusion du Manifeste, il y a eu un projet d'enlèvement par le FLQ, mais ça a avorté. C'est la cellule Libération, dont font alors partie Jacques Lanctôt, Yves Langlois, Nigel Hamer et Marc Carbonneau, qui veut passer à l'action en faisant un enlèvement. Ils sont méticuleux : toute l'opération d'enlèvement est planifiée et réfléchie, et même l'écriture du manifeste est faite avec soin. Mais du côté de la cellule Chénier, c'est de l'improvisation sur toute la ligne. Marc Laurendeau considère les auteurs du Manifeste comme des communicateurs. Surtout ces jeunes qui avaient 20 ans, qui avaient cerné les vrais problèmes de la société. C'est pour cette raison que le Manifeste est important sur le plan historique. 


Écoutez l'extrait audio 


 



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