Diffusé le lundi 2 mars 2009

Serge Bouchard raconte la vie de la première femme blanche à avoir franchi le col Chilkoot en route vers le Klondike. Émilie Fortin-Tremblay est une pionnière de la dernière ruée vers l'or du 19e siècle. Une Canadienne française qui a adopté le Yukon.

Un mariage déterminant
Originaire du Lac-Saint-Jean, où elle est née le 4 janvier 1872, Émilie Fortin-Tremblay n’a pas connu le destin réservé aux femmes de son époque. Elle vivait avec sa famille dans l’État de New York lorsqu’elle rencontra, à 22 ans, son mari, Pierre Nolasque Tremblay, surnommé Jack, chercheur d’or au Yukon, pays sauvage où les femmes blanches ne s’aventuraient pas.

Le début d’une aventure
Les jeunes mariées partirent donc au Yukon, un périple de 8000 kilomètres comme voyage de noces. Elle fut la première femme blanche à traverser la chaîne de montagnes de la côte du Pacifique.
Arrivée à Miller Creek au Yukon, Émilie organisa sa vie dans la cabane de son mari sans confort ni services. Jeune fille gaie et enjouée, au regard espiègle, Émilie était la seule femme à avoir suivi son mari. Elle devint rapidement l’infirmière, la sage-femme, le prêtre de service, ainsi que la personne qui accueillait les missionnaires d’où son surnom de « mère des missionnaires ».  

Le couple voyageait beaucoup et partit pour l’Europe. À leur retour, à la fin de la ruée vers l’or, Émilie ouvrit un magasin à Dawson, le Mme Tremblay’s Store.  La façade de ce commerce est devenue un monument historique de la ville.

Le remariage
Émilie et Jack vécurent ensemble 43 ans sans jamais se séparer. Le couple n’eut pas d’enfant, mais adopta une des nièces d’Émilie. Émilie se trouva veuve à l’âge de 63 ans. Elle se remaria sept ans plus tard à un ancien chercheur d’or canadien-français, Louis Lagrois. Elle passa ses dernières années dans une maison de retraite à Victoria, en Colombie-Britannique, et y mourut le 22 avril 1949 à 77 ans. 

 


Une figure marquante
de l’histoire du Yukon

Émilie Fortin-Tremblay fait partie des pionniers canadiens-français qui ont marqué l’histoire des francophones du Yukon. Elle fut présidente de la Société des femmes pionnières du Yukon.

En mémoire de son exceptionnel dévouement, on donna son nom à la première école francophone du Yukon, à Whitehorse.

Invité en deuxième heure: Mylène Gilbert-Dumas, écrivaine et auteure de Lili Klondike tomes I et II.


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Musiques diffusées

 

Bibliographie

  • Bobillier, M., « Une pionnière du Yukon », édité par la Société Historique du Saguenay, Chicoutimi, 1948, 85 pp.

  • Melanie J. Mayer, Klondike Women, True Tales of the 1897-1898 Gold Rush, Ohio University Press & Swallow Press, Ohio, 1989, 275 pp.

  • Backhouse, Frances, « Women of the Klondike », Editions Whitecap Books, Vancouver, 211 pp.


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