Jean-Vincent d'Abbadie de Saint-Castin est né dans le Béarn. C'est un enfant de la peste. À 13 ans, il est porte-drapeau dans le régiment de Carignan-Salières de la compagnie de Chambly qui arrive en Nouvelle-France. En 1670, il suit le nouveau gouverneur d'Acadie, qui s'installe à Pentagouet, en plein territoire contesté (aujourd'hui le Maine). En quelques années, il parcourt la région en tous sens. En 1674, Frontenac lui confie ainsi la mission « d'engager les Abénaquis et autres nations qui sont dans tout le pays de l'Acadie à se mettre aux intérêts du roy de France ».

Un « ensauvagé »  abénaquis
Ce jeune officier, de moins en moins militaire et de plus en plus commerçant, adopte le mode de vie des Abénaquis. Il épouse Pidianske, la fille du grand chef des Pentagouets, Madokawando. Avec son beau-père, Saint-Castin, devenu baron par héritage, va mener plusieurs attaques contre les Anglais, tout en continuant à faire le commerce des fourrures avec les marchands de Boston.

Plutôt que de succéder au chef Madokawando, il préfère conserver son indépendance. En 1701, il retourne en France pour mettre la main sur son héritage contesté. À la suite d'une interminable saga judiciaire, le baron de Saint-Castin meurt à Pau, en 1707, sans avoir revu l'Acadie. Sa vie reflète l'amitié entre Français et Amérindiens à cette époque.

Après sa mort, son fils aîné, Bernard-Anselme de Saint-Castin, a repris la bataille. Son nom prestigieux a ravivé la combativité des Acadiens et leur rêve d'une colonie française en Amérique.

En 1796, la ville de Castine, dans le Maine, a été nommée en l'honneur de Jean-Vincent d'Abbadie de Saint-Castin. Il compte de nombreux descendants acadiens et québécois tels les Saint-Pierre, Nantel, Deschênes et Brisset.

Invitée de la deuxième heure: l’auteure Marjolaine Saint-Pierre.
[Écoutez la tribune téléphonique avec Marjolaine Saint-Pierre]

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Bibliographie

  • Saint-Castin, baron français, chef amérindien 1652-1707, de Marjolaine Saint-Pierre, Éditions Septentrion.

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