Une enfant émerveillée
Marie Guyart est née à Tours en 1599. Elle a une enfance heureuse dans une famille de petits commerçants. Si elle aime les processions et les prédicateurs, c’est pour leur côté théâtral. Elle est reconnue pour ses élans de charité : elle prend du pain à la boulangerie de son père pour le distribuer aux pauvres.

Une jeune veuve
À 17 ans, son père la marie à Claude Martin, un jeune homme de 18 ans qui tient un commerce de soieries. Marie Guyart a un enfant trois ans plus tard. Mais Claude Martin meurt d’une grippe. Le commerce fait faillite.

Le point tournant
En mars 1620, elle a sa première vision mystique. Pendant qu’elle marche dans la rue, elle a une absence. Elle voit du sang partout, celui de la Rédemption. Cette vision est d’une telle intensité qu’elle en restera marquée pour le reste de ses jours.

Du talent pour les affaires
Elle refuse de se remarier et s’installe chez sa sœur, mariée à Paul Buisson, propriétaire d’une entreprise de transport. Elle est d’abord domestique, cuisinière, puis prend de plus en plus de place dans l’administration de l’entreprise. Elle a le génie du financement et de la gestion du personnel. Elle élève son fils, mais ne lui manifeste pas d’affection.

L’appel du large
En janvier 1631, Marie Guyart entre au couvent des Ursulines, abandonnant ainsi son fils à une congrégation de religieux. En 1634, elle lit les Relations des Jésuites et rêve d’aller au Canada. Elle s’embarque en 1639, avec trois ursulines, un voyage financé par Madeleine de la Peltrie.

Un poste de traite
À l’arrivée de Marie de l’Incarnation, Québec est une bourgade de quelque 300 habitants mal logés, mal nourris et déprimés. Les sœurs s’installent dans une petite cabane. Très vite, les colons et les Amérindiens amènent leurs filles pour qu’elles reçoivent une éducation.

Une témoin de son temps
Après quelques années, le premier couvent en pierres est érigé sur le site du couvent actuel. Marie de l’Incarnation ne sort jamais de son cloître, mais elle sait tout ce qui se passe dans la jeune colonie. Elle est seule à saisir que la conversion des Indiens est une illusion. Elle pose un regard réaliste dénué de préjugés.

La force intérieure
Marie de l’Incarnation entretient son réseau grâce aux multiples lettres qu’elle écrit. Elle obtient ainsi du financement pour maintenir les activités de la congrégation. Elle n’est jamais émue, du moins en apparence. Elle mène une vie active : elle enseigne, elle cuisine, elle gère et elle conseille. Elle trouve l’énergie et la sérénité dans ses contemplations. Un personnage beaucoup plus riche qu’on ne l’a imaginé.

[ Écoutez la tribune téléphonique : Serge Bouchard reçoit Jean-Daniel Lafond, un passionné de Marie de l’Incarnation. » ]

Écoutez l'histoire de Marie de l'incarnation

Musiques diffusées

 


Bibliographie
Marie de l’Incarnation, de Francoise Deroy-Pineau, aux éditions Bellarmin.
Marie de l’Incarnation, d’après ses lettres, de sœur Marie Emmanuel publié aux Éditions de l’Université d’Ottawa.
Les délices de nos cœurs : Marie de l'Incarnation et ses pensionnaires amérindiennes 1639-1672, de Claire Gourdeau, Éditions du Septentrion, Québec, 1994.
Marie de l’Incarnation, de Dom Oury. 

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