Guillaume Couture
Diffusé le samedi 19 juillet 2008

Esther Wheelwright (1696-1780)
La supérieure des Ursulines à Québec
Esther Wheelwright, née en 1696, est issue d’une famille de notables, colons anglais, puritains de la Nouvelle-Angleterre et fondateurs de la ville de Wells. 

Le 21 août 1703, Abénaquis et Canadiens (français) attaquent la communauté de Wells, pillent les maisons et les récoltes, saccagent tout sur leur passage, tuent ceux qui ne peuvent marcher de longues distances et enlèvent la petite Esther, âgée de 7 ans.

Une nouvelle vie
Esther est adoptée par les Abénaquis. Lorsqu’elle est trouvée par des missionnaires jésuites français, elle est devenue une Indienne et ne parle plus anglais. Les jésuites la rebaptisent sous condition.

Les parents d’Esther la réclament à Philippe Rigaud de Vaudreuil, gouverneur de la Nouvelle-France. Placée sous sa protection, Esther est amenée à Québec en 1707, d’où elle ne peut partir, car la guerre rend les déplacements impossibles. 

La vocation
Pensionnaire chez les Ursulines de Québec, elle est éduquée dans la religion catholique et la culture française. Quelques mois plus tard, elle demande à devenir religieuse. Vaudreuil, qui s’est engagé à remettre la jeune fille à sa famille, retire Esther du couvent pour la conduire à Montréal, d’où elle pourra rentrer chez ses parents. Des empêchements d’ordre politique, diplomatique et militaire font en sorte que la jeune Esther reste à l’Hôtel-Dieu de Montréal, où elle rencontre d’autres prisonnières anglaises converties. Elle est baptisée officiellement en 1711.

Le choix
Elle retourne à Québec, où une délégation de la Nouvelle-Angleterre est venue chercher des prisonniers anglais. Elle refuse de les suivre. À 16 ans, le 13 janvier 1713, la jeune « captive » anglaise devient novice chez les Ursulines, sous le nom d’Esther-Marie-Joseph de l’Enfant-Jésus.

En 1714, à la suite de la signature du traité d’Utrecht, la famille Wheelwright cherche à nouveau à la faire revenir en Nouvelle-Angleterre. La jeune postulante choisit de prononcer ses vœux hâtivement, soit le 12 avril 1714. Elle ne franchira plus la grille du cloître.

Une supérieure et les Anglais
Mère Esther-Marie-Joseph de l’Enfant-Jésus est demeurée en contact avec sa famille toute sa vie, mais n’est jamais retournée chez ses parents. Elle est devenue une religieuse catholique, parlant français, complètement intégrée à sa nouvelle communauté de Québec. En 1760, mère Esther-Marie-Joseph de l’Enfant-Jésus est élue supérieure de sa communauté, poste qu’elle occupe jusqu’en 1772.


  • Le 11 avril 1713, avec le traité d’Utrecht, la France cède l’Acadie à l’Angleterre.
  • En 1715, le Massachusetts et le Maine comptent près de 100 000 habitants.
  • Le 3 septembre 1755, c’est le début de la déportation des Acadiens.
  • Le 18 mai 1756, l’Angleterre déclare la guerre à la France.

Une supérieure et les Anglais (suite)
Elle est une diplomate efficace entre les religieuses et les Britanniques. Également, elle a réussi à rétablir la stabilité financière des Ursulines, pendant les 20 années les plus difficiles de l’histoire de la communauté. 

Après avoir été admirée et respectée par les membres de sa communauté religieuse, le clergé et les autorités civiles, elle vit une fin de mandat plus difficile. Elle meurt en 1780, à 84 ans.

Invité en deuxième heure:
Jean-Marc Phaneuf, descendant de captifs, auteur de romans portant sur des captifs, passionné d’histoire, chercheur et conférencier qui s’intéresse particulièrement à la pratique de la captivité reliée aux guerres coloniales.

Écoutez l'histoire d’Esther Wheelwright

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Musiques diffusées

  
  • A stolen child: The story of Esther Wheelwright, Julie Wheelwright, à paraître chez Harper Collins, en 2009.

  • True stories of New England captives, carried to Canada during the old French and Indian wars, C. Alice Baker, Ed. Press of E. A. Hall & Co., Massachussets.

  • Une captive heureuse chez les Iroquois: histoire d’une famille de Nouvelle-Angleterre au début du XVIIIe siècle (Eunice Williams), John Demos, traduit par Berthe Fouchier-Axelsen, Les Presses de l’Université Laval, 1999.

  • Esther Wheelwright, Indian captive, Marguerite Vance, Ed. Dutton, New York, 1964.

  • Mathias, une histoire vraie, Jean-Marc Phaneuf, éditions Première Génération, 2002.

  • Jean du Pays, seul au bout du monde, tome I, Jean-Marc Phaneuf, Éditions du Trécarré, 2006.

  • Jean du Pays, le retour, tome II, par Jean-Marc Phaneuf, Éditions duTrécarré, 2007.

  • Jean du Pays, que le spectacle commence, tome III, par Jean-Marc Phaneuf, Éditions du Trécarré, 2007.

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