retour en arrière

"Si le poème

n'est pas une prise de risques,

il n'est pas poème.

Il n'est pas dans cet essai de transformer le monde

et d'arriver à montrer que les choses sont autres."

Eric Létourneau rencontre

JULIEN BLAINE

VOIX - POÉSIE SONORE - POÉSIE ÉLÉMENTAIRE - ART PERFORMANCE

  Pour commencer, Julien Blaine, j'aimerais peut-être que vous nous parliez de votre travail de poète sonore. Comment en êtes-vous venu à travailler avec la poésie sonore ?

Oui, la " poésie sonore ", c'est un terme un peu restrictif… Donc moi, vous savez, c'était le début des années soixante et, au début des années 60, on devait tous avoir des épithètes. Donc il y avait la " poésie sonore ", la " poésie visuelle ", il y avait la " poésie concrète "… Moi j'avais choisi la " poésie élémentaire ", parce que j'estimais que le poète est un être fait de chair, de sang, choses que nous avons, tant que nous sommes vivants. Après, le livre résiduel reste, mais tant que nous sommes vivants il faut aller montrer la poésie avec toutes ses formes, avec toute sa syntaxe. C'est-à-dire y compris avec la voix, avec les gestes et avec le corps. Et c'était ça pour moi la poésie importante avec des amis qui étaient plus branchés sur la voix, et sur les machines qui transmettent la voix et déforment la voix - comme Bernard Heidsieck dont on parlait tout à l'heure, et tant d'autres à travers le monde. Le premier critère de cette poésie-là, en fait, c'est qu'on a sorti enfin la poésie du livre. Ce n'est pas que le livre est inutile, ce n'est pas que le livre est inintéressant, ce n'est pas que le livre n'est pas important, mais c'est que le livre c'est l'aspect résiduel!

 

   

Vous aurez tout le temps de lire mes textes dans les livres quand je serai mort. Mais entre-temps, je suis vivant et tant que je suis vivant, (Julien prend une voix de messager), je peux ajouter des choses parce que je change de voix ! Parce que je bouge, parce que j'ai une voix et parce que j'ai des gestes ! Voilà.

 

   

Et c'était très important de sortir, d'arracher le texte du livre, d'arracher le texte visuel puisqu'on sortait également de la poésie concrète, de l'arracher du mur et qu'on voit le poète non seulement tel qu'il est dans ce qu'il dit, dans ce qu'il fait, dans ce qu'il écrit, mais également tel qu'il est en chair et en os. Donc on a réincarné la poésie qui était morte dans ces livres. Mais ça c'est l'histoire de la poésie, ça toujours été ça. Quand on prend l'origine de la poésie du rignacien * supérieur il y a 28,000 ans, les troubadours, tout ce qu'on veut. Il y a simplement un mouvement qui, à un moment donné, pour des raisons incompréhensibles - qui s'appelle le romantisme - a voulu renfermer la poésie dans le livre et les gens qui ont suivi derrière, ont «ré-enfermé» la poésie dans le livre… Mais c'est un tout petit mouvement dans l'histoire de la poésie. Très rapidement, avec le coup de dés de Stéphane Mallarmé qui invitait chez lui, comme vous le savez, les gens le mardi pour lire ses textes ; avec des provocations futuristes, soit en Italie, soit en Russie ; avec tous les mouvements dada de provocation ; avec tout Cobra, avec ce qui a suivi ; la poésie visuelle, lettriste, concrète et j'en passe des meilleures, nous avons sorti nos textes et nos poèmes du livre. On n'a plus besoin du livre maintenant. On n'a plus besoin d'épithètes non plus, la poésie est redevenue ce qu'elle est, c'est-à-dire la poésie! Ce sont ceux qui sont restés dans le livre qui ont besoin d'épithète ! Parce qu'eux ce sont des poètes à la queue leu leu, des poètes traditionnels, des poètes à la ligne ! Nous, on n'a plus besoin d'épithètes, on a restauré la poésie dans son essence même c'est-à-dire non seulement quelque chose qui sera là quand on aura disparu dans un livre, mais quand on est là vivant qui est avec notre force, notre voix, qu'on peut changer … on peut parler comme on veut, on peut parler très doucement, (Julien se met à susurrer dans le micro) vous sentez bien que le mot, si je le dis comme ça, il n'a pas la même valeur (il se met à projeter sa voix comme si il était au Cabaret Voltaire) que si je le dis comme ça ! Et pourtant je dis la même phrase, voilà ! Et si on est à la télévision, au vidéo, j'ai aussi des traces écrites. Donc, non seulement, vous m'avez vivant, mais en plus - ce qui est formidable - c'est qu'il y aura plusieurs résidus alors que jusqu'à la fin du siècle dernier, le seul résidu qui restait du poète mort, en dehors de sa chair pourrie, c'était le livre. Maintenant, non, il y a une trace qu'on est en train de faire ensemble qui est le magnétophone, il y a des traces qui seront les vidéos et les bandes magnétiques de toutes sortes. Donc, il est clair qu'on a maintenant réussi à ce que le poète soit plus global, comme le dirait mon ami Adriano Spatola.

 

  Ces sources très anciennes de la poésie, dont vous faisiez mention, ont pris des formes à l'époque ... des formes qu'on appelait des chants… Et donc il y a toujours eu le terme de "chant" qui est à la fois utilisé dans la musique et dans la poésie. Alors il y a donc une parenté très serrée entre la poésie et la musique.

 

C'est-à-dire qu'il faut considérer ce qui fait la différence entre la poésie et la prose. Nous ne sommes pas des écrivains. Nous sommes des poètes. Et les gens qui font la confusion entre le poète et l'écrivain sont des gens qui n'ont pas bien compris l'écriture. Nous sommes tous les deux des hommes d'écriture. Il est clair qu'un écrivain de romans n'a rien à voir avec un poète. L'important de cette chose-là c'est ce qui fait d'ailleurs la différence justement entre la poésie et pourquoi pas le chant épique et tant d'autres chants, c'est justement qu'il y a deux critères qui ne rentrent pas dans la prose ou quand ils rentrent, ne rentrent pas expressément dans la prose qui sont le rime, c'est-à-dire la marche, parce que c'est ça : la façon dont moi je vais dire des textes maintenant qu'on retrouve depuis l'origine jusqu'aux rapeurs, c'est toujours sur un rime corporel. Donc, à partir de ça, il peut y avoir versification ou d'autres styles de rimes, mais la fabrication du texte elle est là, elle est dans la marche et l'autre critère qui est également un critère physique et qu'on retrouve dans toutes les poésies, c'est-à-dire le tchi ou le tchi-yun, dans la poésie Tong qui a duré deux siècles en Chine. L'inspiration qu'on retrouve évidemment dans toute la poésie romantique, mais pas l'inspiration où vous l'entendez c'est-à-dire " une muse qui vient vous souffler dans l'oreille des CHOSES ". Non, l'inspiration au sens d' " inspirer " (Julien prend une grande inspiration par le nez) ou le " pneuma " dans la poésie grecque. On voit bien que les deux choses qui font que la poésie est la poésie - je parle là de sa forme - c'est la marche et le souffle et une fois qu'on est dans la marche et le souffle, à ce moment-là on peut parler du fond de la poésie. C'est quoi le fond de la poésie ? C'est en effet changer le monde même si ça reste une utopie, et même si on y croit de moins en moins, on y croit toujours ! Et que quelques soient nos aventures personnelles, on est là non seulement pour écrire et distraire - ce qui est le propre d'un tas d'art de loisirs - mais parce qu'on espère que les choses vont changer. Alors quand on dit que les choses vont changer, c'est qu'on espère qu'elles vont changer sur plusieurs générations. Personne ici n'est dupe. On travaille pour un peuple futur comme le disait Gilles Deleuze. Donc un peuple futur c'est très encourageant parce que si on ne modifie pas les choses tout de suite ça risque de se modifier et en même temps, c'est très très angoissant parce que le peuple futur peut-être n'existe pas puisqu'il est en devenir ! Peut-être que ce peuple futur qu'on espère c'est pas celui-là qui va arriver. D'où ce besoin d'être quand même dans le présent, et forts dans le présent, pour que le peuple futur soit bien celui qu'on imagine et celui dont on rêve.

 

  Mais si on fait des choses pour un peuple futur, on peut avoir la crainte que ce que l'on fait présentement n'ait pas l'effet prévu sur ce peuple futur!

 

Non, parce que moi je crois beaucoup à la médiatisation par les gens… Et par les hommes et par les femmes qui nous écoutent et je crois que cette médiatisation-là, elle est faite même si elle est très loin des mass-média, très loin de l'ordre mondial, comme le dit l'administration des États-Unis d'Amérique. Très très loin. Elle est quand même dans une histoire ; cette histoire-là c'est la médiatisation des gens, de la voix. C'est un tel qui a vu un tel à tel endroit, qui l'a écouté. Petit à petit, on ne sait même plus ce dont il s'agit, mais ça ne change rien. Ce qui change, c'est que, à un moment donné, ce qui a été dit par rapport à ça a transformé la personne et puis ça fait boule de neige, ça va très très vite après. Regardez, quand on voit les phrases de Rimbaud. Qui lit vraiment Rimbaud jusqu'au bout, la totalité des Illuminations ? Ou qui va lire Antonin Artaud dans la préparation de la conférence du vieux Colombier ? Ou qui va lire les marches futuristes ? Ou qui va lire les provocations dada de Schwitters, de Tzara ou d'autres ? Peu de gens, mais on sait bien, on voit bien que dans notre comportement à nous et dans le comportement de l'auditeur, du spectateur, de celui qui nous accompagne ou qui nous précède, ou qui est avec nous, ou qui fait partie de ce mouvement-là (puisque là il faudrait parler d'un autre critère qui est l'internationalisme) on voit bien qu'il faut changer les choses à notre niveau à nous. Donc, si on peut changer des choses à notre niveau à nous mais que ces enfants qui arrivent - puisque nous on est d'une génération qui avance - ont décidé de porter cela, on voit le peuple futur tel qu'on l'imagine - c'est celui-là qui va venir.

 

  Vous nous avez parlé d'internationalisme, de phénomènes qui se déroulent sur des grandes échelles de temps… mais lorsque vous interprétez un poème devant public, dans une pièce, il est clair qu'il y a aussi pour vous tout un univers dans cette espace, un univers qui se crée avec l'auditoire. Vous créez un univers et vous tenez compte du son, de l'acoustique, de la façon dont votre voix porte dans la pièce. J'aimerais peut-être que vous nous parliez un peu de cette aspect.

 

Oui. Mais le rapport à l'autre, c'est la même chose. Je veux dire qu'il est clair que dans ce rapport à l'autre, il est bien question de le modifier et de modifier l'autre pour qu'il soit vraiment le représentant possible de ce peuple futur dont on parlait tout à l'heure. À partir de cela, mon plaisir rentre en cause . Mon plaisir ou mon désir. Ou ma force ou ma faiblesse. Mais il est bien clair qu'il va se créer quelque chose, un pacte entre celui qui entend ou celle qui écoute et moi… et que ce pacte il passe par le plaisir et la réussite - ou l'échec - que j'aurai à dire ce que j'ai à dire. Alors là tout rentre en ligne de compte, comment j'ai dormi, comment j'ai mangé, comment ça résonne dans cette pièce, comment la personne qui me regarde est hostile ou au contraire favorable. Tout va bousculer, c'est pour cela qu'une performance est une performance, c'est-à-dire n'est pas un poème comme on voyait jadis. C'est-à-dire un petit poème qui est définitif. Il est toujours modifié par l'autre parce que c'est évident que selon l'hostilité, la façon dont il est favorable à mon égard, la façon dont la salle réagit, la façon dont les gens sont, la façon dont moi je suis, le texte n'est pas le même. Et donc, c'est une prise de risques et le texte n'est que ça. Si le poème n'est pas une prise de risques, il n'est pas poème, il n'est pas dans cet essai de transformer le monde et d'arriver à montrer que les choses sont autres. Alors ça passe de temps en temps, non pas par un grand plaisir, mais par une grande satisfaction parce que ce qu'on voulait faire, qui peut être terrible, c'était quand même dans le sens où on voulait le faire et la réussite par rapport à ce qu'on voulait faire. Et le " faire ", comme vous le savez, c'est quand même un terme très important par rapport à la poésie, pour revenir à la discussion initiale de tout à l'heure. Puisque c'est le poème, c'est-à-dire le poème lui-même.

 

  Et quand vous concevez un poème, vous mettez des choses sur papier, mais il y a beaucoup de choses que vous faites lorsque vous interprétez le poème, des choses qui sont peut-être dans votre tête. Il y a aussi une structure sonore qui fait partie du poème et qu'on ne voit pas nécessairement sur le papier.

 

Oui, tout à fait, le papier c'est une partition. Encore une fois, il faut bien voir que quand vous voyez le papier, vous voyez le quart de mon travail. Cet aspect résiduel, c'est bien pour ça que j'emploie le terme de résidu par rapport aux livres. Il est résiduel, puisqu'il reste le quart de mon travail. Mon travail, dans sa totalité, c'est par rapport à l'autre qui va me modifier et puis ma voix et mon corps… Donc ce sont ces quatre choses-là qui font le poème dans sa globalité, dans sa totalité. Donc quand vous lisez le texte, qui est la partition quelque part, vous lisez le quart de ce travail. Et ce qu'il reste du poète mort pour toutes les écoles que je vous ai citées tout à l'heure jusqu'au romantisme, c'est son résidu et ce qui reste à partir de dada jusqu'à aujourd'hui, à nouveau c'est son résidu et cela c'est très important parce que vous parliez du temps tout à l'heure … mais c'est vrai qu'on a tout le temps ! Quand on imagine les mouvements culturels qui ont modifié l'humanité ça a pris des siècles ! Si on analyse la Renaissance, c'est deux siècles. Si on voit le mouvement des troubadours qui a inventé la Sixtine, la quasi totalité des formes culturelles y compris des formes sentimentales et affectives, y compris des formes de la poésie, c'est deux siècles et demi ! Si on voit les Tang, dont je vous ai parlé, c'est trois siècles ! Si on voit la Renaissance, c'est deux siècles ! L'avant-garde, elle, a un siècle ! Elle est née en 1898 ! Avec le coup de dés, ça me paraît une bonne borne pour commencer les choses. Un siècle, on commence à peine, on a tout le temps et c'est vrai qu'à ce moment-là, on ne travaille pas de la même façon que ces mouvements qui sont des espèces de petites pollutions, qui sont là juste pour être consumés, alors on les consomme et on n'en parle plus, mais l'avant-garde elle qui est cet avantgardisterie qui est du départ avec Stéphane Mallarmé, les futuristes et les dadaïstes, Cobra, nous et puis bien d'autres qui vont arriver derrière fait que c'est un mouvement qui continue. Et vous savez, moi j'ai 56 ans, c'est déjà un àge qui est avancé enfin j'ai encore tout le temps parce qu'on commence à travailler vraiment autour de 20 ans. J'en ai au moins autant devant que j'en ai eu derrière parce que les poètes doivent vivre vieux ne serait-ce que pour faire ce que je vous ai dit et pour transmettre le bàton de tous ses amis qui nous ont accompagné et qui meurent. À partir de cela, moi ce qui me touche beaucoup c'est que quand j'avais 40 ans, c'était fini cette histoire-là, on n'en parlait plus. À 56 ans, la nouvelle génération, entre 20 et 30 ans, beaucoup de jeunes poétesses d'ailleurs en plus des jeunes poètes qui étaient déjà un peu présents arrivent de manière considérable. C'était pas le cas quand j'avais 40 ans. Il y avait très peu de poètes entre 20 et 30 ans. Aujourd'hui, où j'ai près de 60 ans, des poètes importants qui remettent le corps en place, qui remettent ce désir de changer le monde, qui remettent la voix en place, qui remettent les machines en place parce que quand on est un grand réseau international, il faut savoir utiliser les machines: l'Internet, le site Web, en passant par la vidéo, le fax et tout le reste. Ils sont là, donc c'est vrai que je suis beaucoup plus utopiste aujourd'hui et optimiste. C'est pour cela que j'ai fait Movalise entre les deux à 56 ans que quand j'avais 40 ans parce que ce peuple futur s'annonce.

 

  Vous mentionniez que la poésie jusqu'à dada et Mallarmé existait principalement sur papier. Mais, depuis, la bande magnétique est arrivée. Maintenant le poète peut laisser des traces sonores de son travail. Donc, ces "trois quart du travail" qui ne sont pas présents sur la feuille de papier se retrouvent - pas au complet mais en partie - sur un enregistrement. Est-ce que vous pouvez nous parler de l'influence des techniques d'enregistrement sur votre travail ?

 

Oui, on a même un enregistrement de Guillaume Apollinaire dans Le voyageur, on a des enregistrements très très anciens poêtes. D'ailleurs, pour Guillaume Apollinaire, petite parenthèse, c'est assez éprouvant, parce qu'il lisait vraiment comme à l'Odéon. C'était l'époque où il lisait, on n'imaginait pas une seule seconde que ce texte, qui est magnifique, soit lu comme ça: (Julien adopte un ton grandiose et larmoyant) : Ouvrez moi cette porte où je frappe en pleurant, la vie . . . " … Bon, on ne se moquera pas de Guillaume qui était un grand grand poète ! Ça a eu beaucoup d'influence sur moi, parce que l'une des premières performances que j'ai faites en 1962 -donc j'avais 20 ans comme vous avez fait le calcul vous-même -j'avais fait une interview des éléphants et c'était faire un bestiaire complet dont Orphée aurait été l'éléphant, parce que je trouve que c'est une bête absolument fantastique. Donc, ça s'appelait Bestiaire alors fils éléphantin, on retrouve l'influence justement de Guillaume Apollinaire dans le bestiaire qu'il avait fait avec Dufy, comme vous le savez. Et donc, c'est une des premières performances et c'est la première fois où j'enregistre cette interview des éléphants et quand j'enregistre cette interview des éléphants, je leur pose donc des questions comme dans tout bon questionnaire où ils ne répondent pas parce qu'ils n'en ont rien à faire des questions d'un pauvre humain qui est là devant eux, mais de temps en temps, ils font un barissement comme ça au milieu de mes questions. Voilà ! Donc tout cela n'a pas beaucoup d'intérêt sauf que c'est enregistré et quand j'arrive chez moi, donc j'écoute ça et je trouve que cet enregistrement n'est pas mal, que l'éléphant me coupe la parole alors qu'il aurait dû attendre à la fin de la question, mais peu importe, tout cela pour vous dire l'influence des machines et puis, comme toujours, quand on est à 20 ans, on change la vitesse et quand je change la vitesse, on ne comprend plus rien de ce que je dis " moi " … mais l'éléphant se met à parler à ce moment-là ! Et il parle par onomatopée, par interjection et c'était formidable. Donc c'est vrai que d'un coup je suis devenu sans doute, sans le vouloir et par inadvertance, le premier traducteur bestial de la langue éléphantesque et ça c'était drôle parce que j'ai fait une suite de ça 30 ans après, à peu près, où j'ai vu une scientifique américaine qui avait traduit certains textes d'éléphant et au lieu de faire, comme moi, un changement de vitesse, elle s'est aperçue qu'ils parlaient un ultrason alors donc il fallait qu'elle analyse les ultrasons et elle avait trouvé une communication entre les éléphants, quand nous on ne les entend pas, et qui communiquaient entre eux par ultrasons. Comme quoi, comme toujours, la poésie peut préfigurer certaines choses.

 

  Julien Blaine, je vous remercie beaucoup. C'est moi qui vous remercie.
  On peut rejoindre Eric Létourneau à l'adresse suivante : eric_létourneau@yahoo.com Transcription : Carole Legault


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