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Courrier :
MAISONNEUVE EN DIRECT
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1400 René-Lévesque Est,
bureau A67-7
Montréal (Québec)
H2L 2M2

Courrier électronique :
endirect@radio-canada.ca


Le 12 décembre 2008

Aide au suicide : Dufour non coupable

Stéphan Dufour est jugé non coupable.
Stéphan Dufour, accusé d'avoir aidé son oncle à se suicider, est acquitté. Le jury, composé de neuf femmes et de trois hommes, vient de rendre son verdict à Alma, au Saguenay-Lac-Saint-Jean. 
 
Stéphan Dufour a aidé son oncle gravement malade à se donner la mort par pendaison en septembre 2006. Chantal Maltais, atteint de poliomyélite, était cloué à un fauteuil roulant et il réclamait depuis des années de l'aide pour mettre fin à ses jours. 
 
Jusqu'ici, au Canada, les procès de ce genre ont toujours abouti à un verdict de culpabilité. C'est aussi la première fois au pays qu'un jury se prononce sur une affaire d'assistance au suicide. La cause pourrait faire jurisprudence. 
 
Êtes-vous d'accord avec un tel verdict? 
 
Les invités de Pierre Maisonneuve : Jean-Claude Hébert, avocat criminaliste, Michel Boudreau, avocat de la défense, Guy Lamarche, de l'Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité, et Hélène Rumak, cofondatrice et porte-parole de Handicap Vie Dignité.



Faites-nous part de VOTRE opinion !
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Merci de votre participation!




100 % d'accord avec le jugement de non-culpabilité. J'espère que la couronne n'ira pas en appel.
Robert Bergeron
Québec


Oui, tout à fait en accord. 
 
Si les organismes religieux sont si concernés, qu'ils payent de leur poche tous les soins, ou qu'ils s'occupent de ces gens sans espoir. 
 
Il est temps que les organismes religieux assument les responsabilités de leurs choix. 
 
En tant que contribuable, je préfère que mes impôts servent à éduquer les enfants ou fortifier nos infrastructures qu'à prolonger l'agonie.
Luc Desjardins
Montréal


Avec le verdict, je ne sais pas, même si je suis fondamentalement contre ce qu'on appelle - d'après moi incorrectement - un suicide assisté. Il demeure qu'une personne donne la mort à une autre personne. Maintenant qu'il est "compréhensible" qu'on arrête une vie en son début par avortement, il devient "compréhensible" qu'on le fasse pour la fin de la vie. D'ailleurs il avait été prévu qu'on en arrive là.
Maurice Gauvreau
Terrebonne


La liberté de choix peut être invoquée là aussi, tout comme c'est le cas pour l'avortement. Le droit à la dignité aussi. Mais un jour viendra peut-être où il suffira d'être malade ou vieux pour que notre entourage s'attende à ce que l'on fasse le choix qui leur permette de vivre sans avoir à tenir compte de notre existence.
Jean-Victor Côté
Saint-Bruno-de-Montarville


Parfaitement d'accord ! 
Le suicide assisté a toujours divisé les opinions. Les groupes concernés s'apparentent étangement à ceux des Pro-Vie et Libre-Choix.  
 
Dans bien des cas, on ne fait pas dans la dentelle en assimilant l'assistance au suicide au meurtre.  
Cette crainte sou-jacente transparaît dans les doléances des aidants naturels, eux aussi généralement réfractaires au suicide assisté.  
La condamnation de Latimer a fait réfléchir car l'enfant n'avait pas demandé à mourir. Elle en était incapable. 
Et le père a pris ses responsabilités.  
Le problème reste entier.  
Mais il faudra bien qu'un jour on ait le courage de légiférer pour les cas semblables à celui de Sue Rodriguez où la demande est fortement affirmée et longuement répétée.  
Le verdict d'acquittement de Stephan Dufour ouvre une porte sur une loi que la jurisprudence pourra étayer.  
 

Georges LeSueur
St-Ambroise


Je suis tout à fait d'accord avec le jury et son verdict. Stéphane Dufour n'a jamais voulu aider son oncle à se suicider. Il n'a fait que se plier aux ordres de ce dernier qui, d'ailleurs, avait peut-être bien raison de mettre fin à ses jours. En tous cas, selon les témoignages entendus au procès, l'oncle en question voulait mourir depuis 10 à 15 ans. Et il s'est servi de son influence sur ce jeune homme démuni pour en arriver à ses fins. 
 
Il est souhaitable que le ministère public n'en appelle pas de ce verdict et que le débat sur le suicide assisté prenne en compte cette décision pour évoluer davantage. 
 
Au sortir de la cour, la mère de l'accusé dit  : « On ne laisse pas souffrir un animal. Pourquoi le ferait-on pour un humain? » La question est tout à fait juste, à mon avis. Cessons de jouer à l'autruche....!
Gilbert Savard
Saguenay


Je suis en accord avec l'acquittement. 
Quant à la possibilité d'aller en appel, ce qui semble être l'intention de la Couronne, il ne pourrait être recevable parce que justement la Défense ne pouvait pas utiliser l'article de l'aliénation mentale. L'aliénation mentale est une maladie ( et de ce fait peut demander un traitement), ce qui n'est pas le cas de la déficience mentale qui est un état, une limite intellectuelle qui en toute santé psychologique ne rend pas possibles les mêmes habiletés intellectuelles comme le jugement sur une réalité complexe demandant de la capacité d'abstraction.
Maude Tremblay
Québec


IL est déplorable que nos députés n'aient pas le courage d'aborder la question a la chambre des communes. Le suicide assisté, l'euthanasie se pratique au Canada, mais clandestinement et sans balises. Ce ne sont souvent que les familles débrouillardes, bien branchées et argentées qui peuvent assurer a leurs proches de partir dans la dignité.
Gerard Rouleau
Longueuil


Tout être humain doit avoir le choix de cesser l'acharnement thérapeutique, nous ne sommes pas des animaux de laboratoire, et on doit avoir la liberté de choix.Et de cesser de vivre artificiellement. 
 
De plus économiquement la société n'a plus les moyens d'un tel luxe. 
 
MAis la décision ne devrait revenir qu'à la personne elle-même... 
 
C'est une question morale,et non légale ou politique. 
 
Ce droit il me semble devrait être partie prenante de la charte des droits et libertés.
Michel Bisson
St-Georges


La question est mal posée, monsieur de Maisonneuve, 
 
Cette question devrait être la suivante  : "Etes-vous d'accord avec l'acquittement d'une personne qui n'est pas responsable de ses actes dans la commission d'un crime. 
C'est pour cela que Dufour a été acquitté, et non pas parce que l'assistance à un suicide n'est pas un crime,
Gaston Savard
Québec


Bonjour, 
 
Dans le cas qui nous occupe, le verdict d'acquitement est fort probablement le meilleur étant donné sa santé mentale. Cependant, ce verdict risque de créer un dangereux précédent car l'État, les compagnies d'assurances et les familles risquent d'y voir des possibilités d'économies de sommes colossales. Beaucoup de gens y verront un moyen facile de se débarasser d'un fardeau. 
 
Il y a quelques années, sur vos ondes, un grand de l'automobile japonaise avouait le plus simplement du monde qu'il souhaite l'euthanasie des travailleurs improductifs.
Nathaniel Thorne
Montréal


Je suis absolument d'accord avec ce verdict. Il était temps! J'espère que ça changera les choses car actuellement, les chiens très malades sont traités avec plus d'égards (dans le sens de plus d'empathie) que les humains...
Thérèse Lasalle
Montreal


Bien que la Couronne risque d'en appeler sur des questions de droit, voilà un succès devant les tribunaux, comme le premier jugement acquittant Morgentaler concernant l'avortement.
Anne Bilodeau
Montréal, Verdun


Je suis d'accord avec ce verdict, mais je m'oppose à une législation pour permettre le suicide assisté. Je ne crois pas qu'il serait possible de baliser ce droit de manière suffisament claire pour éviter de « disposer de tante Annette qui n'en finit plus d'agoniser et bloque mon héritage ». De toute manière, le cas qui nous occupe n'aurait jamais été permis. 
Que les tribunaux décident au cas par cas.  
Dans le cas du Dr Morgentaler, je vous rappelle que les tribunaux n'ont pas emmené des changements dans les lois, ils ont simplement invalidé la loi qui interdisait les avortements. Cela a créé le même vide juridique qui existe présentement par rapport au suicide assisté.
Robert Guérin
Saint-Basile-le-Grand


J'applaudis sans réserve le verdict de non-culpabilité. 
Dans cette affaire, pour moi, c'est le fait que Stéphan Dufour souffre de déficience intellectuelle légère qui est déterminant.  
Il a été manipulé et harcelé par son oncle. 
« Faible d'esprit », Stéphan Dufour n'a pu résister à la pression exercée sur lui par Chantal Maltais. 
J'espère qu'il n'y aura pas d'appel, ce serait gaspiller l'argent des contribuables.
José Marin
Hull


Bonjour, 
 
Qu'est-ce que la qualité de vie?La question de la qualité de vie est toujours relative. Ce qui me préoccupe actuellement est la pression qui existe déjà - manifestée par l'exclusion sociale - sur des personnes vulnérables. Compte tenu de la culture actuelle axée sur les coûts, n'y a-t-il pas un danger d'inciter des personnes fragiles au suicide?
Patrice Perreault
Granby


Je suis d'accord avec le verdict mais une telle chose ne devrait normalement jamais se produire. 
 
Je suis entièrement d'accord avec le suicide assisté. Je considère que chacun devrait pouvoir mettre un terme à sa vie quand il s'agit d'une décision prise en toute conscience et qu'elle est justifiée à la lumière de certains critères généralement acceptés. C'est même une certaine question d'équité. Si une personne peut par elle-même mettre un terme à ses souffrances physiques ou mentales incurables, je ne vois pas pourquoi une personne ne pouvant se suicider seule n'aurait pas le pouvoir de le faire avec l'aide appropriée. 
 
L'assistance au suicide ne devrait cependant jamais revenir à un proche ou un ami de la personne désirant se suicider. Il me semble qu'il devrait y avoir des autorités compétentes neutres mises à la disposition de la personne pour lui aider à revoir le bien fondé de sa décision et pour lui aider à réaliser sa volonté une fois celle-ci fixée.
Paolo Mitriou
Lac-Mégantic


Il y a confusion dans votre discours avec les différents termes. D'abord toute personne peut accepter ou refuser des soins, des traitements ou des médicaments si elle est mentalement compétente. Soulager une personne en phase terminale n'est pas de l'euthanasie c'est un devoir et la façon dont elle est administrée est dans l'intention de soulager et non d'accélérer la mort. Il est important de clarifier ce point 
 
Les testaments biologiques et mandat en cas d'inaptitude s'appliquent seulement dans le cas ou la personne est inapte et parfois voire même souvent la situation dans laquelle la personne se trouve à l'hôpital est différente de celle écrite sur le papier donc on pose la question aux proches  : Qu'est ce que votre proche voudrait pour elle? Il est donc important de communiquer ses volontés à ses proches.  
 
Le jugement d'aujourd'hui n'a rien à voir avec ces deux questions mais bien celle de la compétence d'une personne qui a aidé une autre personne à se tuer.
Catherine Forbes
Montréal


Je trouve très inquiétante que l'on compare au travail du Dr Morgentaler les cas de gens qui sident tuer "par compassion". 
À combien de nouveaux meurtres par des membres de la famille, qualifiés d'aidants anturels, assistera-t-on, en se demandant chaque fois si la victime avait ou non une qualité de vie suffisante, et même si elle a réellement demandé à mourir? 
Nous parlons de personnes nées, ayant des besoins et un droit à la vie et non d'embryons. 
Une société qui apuierait réellement les personnes en perte d'autonomie - et leurs soignants - ne serait pas confrontée à de tels meurtres et de tels dilemmes.
Martin Dufresne
Montréal


Voici un cas super délicat qui empiètre dans la sphère privée. La couverture médiatique doit-elle vraiment solliciter notre opinion? C'est comme si on avait passé d'un extrême à l'autre. Voilà mon opinion etk.
Réjean Beaulieu
Vancouver


Suite à ce jugement, il se pourrait que des gens qui entendent un proche leur faire part de son intention de se suicider n'essaient pas de l'en dissuader et n'essaient pas non plus d'obtenir de l'aide pour cette personne ou pour eux-mêmes. Des gens qui finissent par se suicider en ont souvent parlé autour d'eux. Ils ont souvent laissé derrière eux quantité d'appels à l'aide. Mais si personne n'y porte attention ou encore si ceux qui se rendent compte de la gravité de la situation ne font rien, les appels à l'aide resteront sans réponse et il y aura éventuellement un passage à l'acte, assisté ou pas. La justice s'applique une personne à la fois et ne regarde pas plus loin. Mais il faudrait parfois faire le procès d'une famille, d'un milieu, d'un village ou d'une société.
Jean-Victor Côté
Saint-Bruno-de-Montarville


Personne ne demande pour venir au monde. 
Dès qu'elle et née cette personne est assujettie aux lois de son pays. 
D'une part, il est normal qu'il en soit ainsi, mais d'autre part, c'est triste de penser qu'elle est assuettie à la philosophie et aux bons vouloirs des gens au pouvoir. Ex  : Harper en majorité... tout est possible. 
M. Dufour a été acquitté; tant mieux; mais avez-vous aussi pensé pendant une seconde qu'un autre jury composé de personnes différentes aurait pu décider autrement et le dire coupable. 
Vrai ou faux ! 
Vivre dans une telle société démocratique 
ce n'est pas tellement rassurant.
Claude Desjardins
Isle d'Orléans


 


Êtes-vous d'accord avec le verdict?
 
[Écoutez l'extrait>>>]
 


 
Procès de Stéphan Dufour : non coupable
Article de Radio-Canada.ca - 12 décembre 2008

 
Sue Rodriguez : lutter pour une mort digne
Archives de Radio-Canada.ca



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