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Juin 2001

SEMAINE DU 3 , 10 , 17 , 24 ,


Émission du dimanche
3 juin 2001

Sommaire

Première heure

La Terre rencontre la planète rouge

  Les chiffres de la science
La chimie, c'est la vie
La chronique Astronomie avec Laurent Drissen

Pour écouter la première heure

Deuxième heure

La recherche dans les cégeps
  Les mots de la science
La série des Années lumière : Une deuxième vie pour la matière
L'auteur de la semaine : Pierre Joliot et La Recherche passionnément

Pour écouter la deuxième heure


Première heure

La Terre rencontre la planète rouge

avec Dominique Lapointe

La planète voisine se rapproche de nous à la vitesse de 10 km à la seconde et le grand rendez-vous se fera le 21 juin. Une visite très rare!

La planète Mars à la particularité de partager l'orbite de la Terre seulement une fois tous les deux ans, alors que la plupart des planètes se partagent l'orbite de la Terre une fois l'an. Et ce rapprochement varie selon les rencontres, si bien que Mars ne s'est pas aussi rapprochée de la Terre depuis au moins 15 ans.

Étrangement, les astronomes qualifient ce rapprochement d'opposition. «Dans ces moments, le Soleil et la planète sont à des positions complètement opposées par rapport à la Terre. Le Soleil, la Terre et Mars sont presque dans une ligne droite. C'est donc le moment où la planète est la plus visible parce que c'est à ce moment que la distance entre la planète et la Terre est la plus courte», explique Pierre Chastenay, du Planétarium de Montréal.

Déjà, Mars paraît quatre fois plus grosse qu'en janvier dernier. Pour la voir, il faut regarder vers le sud, au dessus de l'horizon, surtout après minuit. si le ciel est clair, bien sûr! «En Afrique du Sud, en Australie, au Chili, la visibilité de la planète sera meilleure parce que dans l'hémisphère Sud, Mars va culminer à 45 degrés au-dessus de l'horizon. Malheureusement, pour nous, elle ne s'élèvera jamais plus de 18 degrés au-dessus de l'horizon et son image sera diffuse à cause de la turbulence de la Terre. On va la voir ici, mais pas avec autant de détails qu'en hémisphère Sud», soutient Pierre Chastenay.

Cette proximité permettra aux professionnels d'étudier plus facilement la surface marsienne, ainsi que les changements météorologiques sur la planète. C'est aussi le meilleur moment pour lancer des sondes sur Mars et c'est pour cette raison que la NASA lançait, il y a quelques mois, Mars Odyssey. En 2003, lors de la prochaine visite de Mars près de la Terre, l'Agence spatiale européenne lancera sa première sonde, Mars Express, alors que la planète sera la plus près de la Terre depuis 1924.

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Les chiffres de la science

776 litres, c'est la quantité d'eau potable consommée en moyenne chaque jour par chacun des usagers québécois, toutes catégories confondues. Il s'agit des consommations les plus élevées au pays. Lorsque vous arrosez vos parterres avec un boyau d'arrosage, sachez que vous consommez en moyenne 1000 litres d'eau à l'heure. Soyez donc vigilant et passez plutôt le balai sur le trottoir.



La chimie, c'est la vie

avec Marie-Hélène Poirier

Ils étaient plus de 2000 chimistes à participer à ce 84e congrès de la société canadienne de chimie, qui se tenait à Montréal. Le thème de ce congrès : La chimie au cour des sciences de la vie.

La chimie a mauvaise réputation. On l'accuse d'être responsable des problèmes de pollution, mais pourtant, elle a joué aussi un rôle prépondérant dans le séquençage du génome humain, dans le développement de tous les nouveaux matériaux pour l'informatique, la photonique, pour n'en nommer que quelques-uns.

Mais selon Ariel Fenster, de l'Université McGill, la perception que les gens ont de la chimie commence à changer. Les chimistes ne sont plus ces scientifiques nébuleux, cachés dans leurs laboratoires. Leur science participe à l'amélioration de la qualité de vie. C'est grâce à la création de nouvelles molécules chimiques, par exemple, qu'on peut créer de nouveaux médicaments.

Maintenant que cette mauvaise réputation commence à disparaître, les jeunes commencent à s'y intéresser. Ils réalisent qu'il a davantage d'emploi et que l'application de la chimie est très diversifiée.

Hyperliens pertinents :

Chemistry for the Public

La Société canadienne de Chimie

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La chronique des Années lumière

Astronomie

avec Laurent Drissen

Les Supernovae

Les supernovae sont de nouveau l'objet de recherches parce qu'en mesurant leur vitesse, les cosmologistes ont dû remettre en question leurs conclusions sur l'expansion de l'univers.

Une supernovae se produit lors de l'explosion d'une étoile. Depuis 1000 ans, on en a observé que six ou sept dans notre galaxie. Mais avec de puissants télescopes, on peut en observer jusqu'à une centaine par année.

Les supernovae de type 1a sont particulièrement fascinantes parce qu'elles ne possèdent pas d'hydrogène ni d'hélium, les matières primaires de la vie. Elles contiennent du fer, du nickel et d'autres substances lourdes. Et leur luminosité ne corresponds pas aux calculs d'éloignement qu'avançaient les scientifiques jusqu'à présent. D'où la remise en question de quelques théories cosmologiques.

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Deuxième heure


La recherche dans les cégeps

avec Pauline Vanasse

L'Association pour la recherche collégial organisait son 13e colloque sous le thème «La recherche affiche ses couleurs». La conclusion des présentations étaient unanimes, il faut accroître la visibilité de la recherche dans les cégeps puisque ces chercheurs ne sont pas connus. Même David Cliche, le ministre délégué à la Recherche, à la Science et à la Technologie, a été impressionné par les études effectuées dans ces collèges. «Il y a des activités de recherches assez importantes, et des opérations de transferts technologiques aux petites et moyennes entreprises. Mon rêve est de consolider ces secteurs de recherches.»

Hyperliens pertinents :

Association pour la recherche au collégial

Certaines réalisations d'étudiants du Cégep Édouard-Montpetit

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Les mots de la science

«La mathématique est une science dangereuse. Elle dévoile les supercheries et les erreurs de calculs.»
Galilée, mathématicien, physicien et astronome italien.

Galilée soutenait la théorie de Copernic sur les mouvements des planètes jusqu'à ce qu'un tribunal de l'Inquisition le condamne et le fasse abjurer.



La série des Années lumière : une deuxième vie pour la matière

Le réemploi des ordinateurs

avec Chantal Srivastava

Notre journaliste nous racontera comment des innovateurs s'y prennent pour redonner une deuxième vie à des objets courants qui s'accumulent trop souvent dans nos dépotoirs et nos décharges publiques. Des objets qui sont pour certains des déchets et pour d'autres, des sources d'inspirations...

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L'auteur de la semaine

Notre auteur de la semaine est le petit-fils de Marie Curie. Pierre Joliot définit les notions de liberté du chercheur dans La Recherche passionnément, chez Odile Jacob. Marie-Hélène Poirier l'a rencontré.

 

 

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Émission du dimanche
10 juin 2001

Sommaire

Première heure

Alimentation : attention aux bactéries!

  Les chiffres de la science
Les ours noirs sont-ils dangereux?
Détroit passe à l'ère de la supraconductivité
La chronique Médecine avec la Dre Marie-Dominique Beaulieu

Pour écouter la première heure

Deuxième heure

Où la vitesse nous conduira-t-elle?
La série des Années lumière : Une deuxième vie pour la matière
Le petit journal de la science
L'auteure de la semaine : Anne-Lucie Raoult-Wack publie DIs-moi ce que tu manges

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Première heure

Alimentation : attention aux bactéries!

avec Marie-Hélène Poirier

Elles ont de jolis noms, salmonelle, listeria, E-coli, mais ce qu'elles évoquent est moins drôle : crampes abdominales, nausées et même pire! Curieusement, cette année, c'est le melon cantaloup qui a ouvert le bal des maladies alimentaires de l'été. La bactérie Salmonella Poona se développe sur l'écorce et contamine le fruit au moment où on le coupe. D'où l'avertissement diffusé cette semaine par l'Agence canadienne d'inspection des aliments : il faut laver le melon, désinfecter la planche, le couteau, réfrigérer le melon, etc.

Tout ce branle-bas de combat fait suite à deux décès et plusieurs cas de maladies relevés aux États-Unis. Et ce n'est pas la première fois qu'une alerte aux melons est lancée chez nos voisins du Sud. Ça se produit presque chaque été. Comme souvent dans ces cas-là, le melon venait du Mexique.

L'an passé, à pareille date, c'était la maladie du hamburger qui faisait les manchettes causée par la bactérie E-coli. L'alerte a été sérieuse et des tonnes de bouf haché ont été rappelées. Si on parle de salmonelloses, l'empoisonnement alimentaire produit par la salmonelle, il y en a plus de 650 000 cas par année, au Canada.

Pour bien combattre l'ennemi, il faut le connaître. Pour ce faire, notre journaliste a demandé à Monique Lacroix, chercheure et spécialiste de la salubrité et de l'irradiation des aliments à l'INRS-Institut Armand Frappier de nous présenter ces charmantes créatures : salmonelle, listeria, E-Coli, campylobacter, shigella et staphylocoque...

Hyperlien pertinent :

Partenariat canadien pour la salubrité des aliments

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Les chiffres de la science

14 milliards 400 millions de dollars : c'est le coût estimé de la dépression au Canada. Santé Canada en est arrivé à ce montant en comptabilisant le traitement, les médicaments, la perte de productivité au travail et les décès prématurés associés à cette maladie.

Source : The Globe and Mail, 5 juin 2001.



Les ours noirs sont-ils dangereux?

avec Pauline Vanasse

La Société de la faune et des parcs du Québec organise une campagne d'information à grande échelle sur l'ours noir. C'est que l'an dernier, beaucoup de gens ont signalé la présence d'ours noirs près de secteurs habités : plus de 1600 cas du genre. La mort de la jeune biathlète, Mary Beth Miller l'été dernier à Valcartier avait semé l'émoi. Mais ce genre d'événement tragique arrive très rarement. On n'a répertorié que deux cas de personnes tuées par des ours noir au Québec, le cas précédent remontait à 1983. Donc, les attaques d'ours noirs sont peu fréquentes, même si au Québec,on retrouve quelque 60 000 ours noirs répartis sur l'ensemble du territoire québécois.

Mais les Québécois connaissent mal ce grand mammifère.Pour en savoir davantage sur l'ours noir et son comportement, notre journaliste en a parlé à Jean Huot, professeur au département de biologie de l'Université Laval, à Québec. Il fait de la recherche sur l'ours noir depuis une dizaine d'années.

Hyperlien pertinent :

Vivre en sécurité avec l'ours noir?
Site de la Société de la faune et des parcs du Québec.

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La supraconductivité pour conduire l'électricité

avec Marie-Hélène Poirier

La société électrique Detroit Edison installe des câbles supraconducteurs dans le centre-ville de Détroit.

Il s'agit d'une première qui a fait les manchettes de la presse américaine. C'est que la crise de l'énergie intéresse au plus haut point les Américains en ce moment. La Californie manque cruellement d'électricité, et dans plusieurs grandes villes américaines, les pannes sont fréquentes. Le problème est devenu une priorité nationale pour le président George W. Bush.

On procède ces jours-ci à une expérience-pilote : on remplace neuf câbles de cuivre au centre-ville, par trois câbles supraconducteurs. Des câbles qui transportent trois fois plus d'électricité donc on pourrait tripler la fourniture d'électricité au centre-ville de Détroit, sans défoncer les rues, sans coûteux travaux d'infrastructures. C'est à ce chapitre que le projet se rentabilise, parce que le câble supraconducteur coûte encore très cher, soit huit fois plus cher que le câble traditionnel en cuivre.

Mais la supraconductivité ne peut fonctionner que dans un environnement extrêmement froid, de - 200 degrés Celsius qui est actuellement la température critique à laquelle le Biscco, le matériau supraconducteur présent dans les câbles de Détroit transporte l'électricité sans aucune résistance. Ce - 200 degrés, on l'obtient avec de l'azote liquide introduit dans la gaine du câble.

C'est un chercheur hollandais, Kamerlingh Onnes qui a découvert en 1911 qu'en immergeant du mercure dans de l'hélium liquide (l'hélium est en gaz rare qui se liquéfie à -269 degrés Celsius, seulement quatre degrés au-dessus du zéro absolu) et bien le mercure devenait supraconducteur, c'est-à-dire qu'il n'offrait aucune résistance au transport de l'électricité. Découverte magnifique, sauf qu'au cours des années qui ont suivi, la barrière de la température ne permettait pas de développer des applications industrielles. Pendant ce temps, les chercheurs ont grignoté quelques degrés pour élever la température à laquelle tel ou tel matériau devenait supraconducteur, mais ils n'obtinrent aucun résultat probant, jusqu'à il y a une quinzaine d'années.

Invités :

Jean-Luc Parpal et Julian Cave, chercheurs IREQ, à l'Institut de recherche d'Hydro-Québec.
Marcel Aubin, professeur de physique, à l'Université de Sherbrooke.

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La chronique des Années lumière

Médecine

Le point sur les crèmes solaires

avec la Dre Marie-Dominique Beaulieu

 

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Deuxième heure


Où la vitesse nous conduira-t-elle?

avec Dominique Lapointe

La Formule Un est un sport exigeant et spectaculaire. Mais si on la compare aux records de vitesse, elle peut aller se rhabiller. En effet, le record de vitesse pour un véhicule sur roues est 1227 kilomètres/heure ce qui se situe juste au-dessus de la vitesse du son. Un record enregistré en 1997 dans le désert du Nevada par la voiture du Britannique Richard Noble la Thrust SSC (pour super sonic car). Une voiture de dix tonnes propulsée par deux réacteurs Rolls-Royce d'avion de chasse : le pilote Andy Green était de la Royal Air Force. Une performance qui nous rappelle la domination des Britanniques dans ce domaine de la quête des records de vitesse.

Une partie des ingénieurs, des techniciens et des dessinateurs britanniques qui ont mis au point la voiture Thrust SSC sont maintenant en train de travailler sur le prochain bateau qui tentera de briser le record du monde de 1978 de 511 kilomètres/heure. Ce sont les Australiens qui détiennent cette marque. Le bateau en construction s'appelle le Quicksilver. Un bateau qui vaudra trois millions de dollars. Il n'y a pas moins de 17 commanditaires et une université qui ont donné leur expertise, leur matériaux et leur temps à ce projet.

De son côté, la NASA est en plein développement du nouveau prototype d'avion hypersonique qui devrait battre un jour le record de vitesse de l'avion fusée X15 en 1967. Le X-15 avait franchi la barre de mach 6,7 c'est-à-dire plus de six fois et demi la vitesse du son. Le programme X de la NASA existe depuis la fin de la Deuxième Guerre. Si on a mis plus de 20 ans a essayer de battre le record de vitesse sur l'eau, la NASA aura mis 35 ans à essayer de dépasser son propre X-15. Le X43 est le dernier-né du programme hypersonique et il devrait atteindre mach dix, soit dix fois la vitesse du son.

Le X43 est un aéronef expérimental très petit et sans pilote. Il ne fait pas quatre mètres de longueur. Il ne peut pas décoller de lui-même comme le X15 ne pouvait le faire d'ailleurs. C'est tout d'abord un B52 qui assure le décollage. Il est ensuite amené à 28 000 mètres d'altitude par une fusée qui le pousse à mach 7. À ce moment, son propre moteur entre en action. Mais lors du dernier essai qui avait lieu la semaine dernière, la fusée de transport est devenue folle. Il a fallu détruire tout l'ensemble en vol. Toutefois, il reste deux prototypes pour les essais de ce nouveau type d'avion hypersonique. Nouveau type parce que contrairement au X15 qui avait un moteur-fusée, le X43 a un moteur de type atmosphérique ce qui le rapproche du moteur d'un avion classique.

Invités :

David de Lara de l'équipe QuikSilver.
Marc Langlois, ingénieur chez Bombardier.

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La série des Années lumière : une deuxième vie pour la matière

Les lampes fluorescentes : économiques, mais polluantes

avec Chantal Srivastava

Les lampes fluorescentes contiennent des gaz et des matières hautement toxiques. Comment s'en débarasser sans danger pour l'environnement?

Invités :

Claude Blache, de Philips Canada.
Réjean Desjardins, de Contech
.

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Le petit journal de la science

Bourse Fernand-Seguin 2001 : félicitations à Anne Fleishman et François Allaire

La Bourse Fernand-Seguin a pour but d'encourager des carrières en communication scientifique. Anne Fleishman est détentrice d'une maîtrise en science du langage, et d'une maîtrise en environnement. Son article s'intitulait : Les sourds ont la parole. Grâce à la bourse Fernand-Seguin, Anne Fleishman travaillera un mois avec nous aux Années lumière la saison prochaine. On la verra aussi à Découverte, à la télévision de R-C et on pourra la lire dans l'un ou l'autre des périodiques : La Presse, Le Soleil, Québec Science, les Débrouillards, ou l'Agence Science Presse.

François Allaire, de Québec, a reçu un prix spécial du jury pour un article intitulé : De l'hyperactivité dans l'air.

Bravo aux deux lauréats et bienvenue dans le beau monde du journalisme scientifique!

L'âge d'une bactérie contesté

On vous avait parlé l'an dernier d'une bactérie emprisonnée pendant 250 millions d'années dans des cristaux de sel et que des chercheurs avaient ramené à la vie. Tant l'étonnante découverte que la menace d'une contamination de notre civilisation moderne par ce fossile vivant avaient fait les manchettes.

Et bien le fameux microbe en question n'aurait jamais connu les dinosaures selon une équipe chargée de réviser les résultats de ces travaux. En fait, les bacilles prétendument préhistoriques sont en tout point similaires à leurs contemporains d'aujourd'hui et seraient même le résultat d'une contamination humaine involontaire des échantillons ramenés du fond de ce dépotoir nucléaire. De leur côté, les découvreurs de la bactérie 2-9-3 disent que c'est plutôt la méthodologie des réviseurs qui est contaminée!

Une nouvelle façon de combattre la malaria

Utiliser des insecticides sur le bétail peut réduire les cas de malaria chez les humains. C'est ce que démontre une étude faite au Pakistan et dont les résultats sont publiés dans le magazine The Lancet. Dans les camps de réfugiés où on a utilisé cette technique, il y a eu une diminution de 56 % des cas de malaria causés par le parasite plasmodium falciparum. Le parasite est transmis à l'animal ou à l'être humain par un moustique, l'anophèle. L'utilisation d'insecticides sur le bétail coûte moins cher que vaporiser de l'insecticide dans les maisons, et est tout aussi efficace. C'est un nouvel outil dans la lutte contre cette maladie qui tue deux millions de personnes chaque année.

Source : The Lancet, 9 juin 2001.

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L'auteure de la semaine

Notre auteure de la semaine, Anne-Lucie Raoult-Wack, est ingénieure-agronome et c'est une scientifique dont l'expertise en matière d'alimentation est reconnue au plan international. Elle publie chez Gallimard un petit ouvrage intitulé Dis-moi ce que tu manges dans lequel elle présente un panorama de l'alimentation à travers les âges. Elle s'est rendue dans notre studio de Paris pour répondre aux questions de Pauline Vanasse. Elle explique tout d'abord la nature complexe du lien qui unit l'être humain et la nourriture.

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Émission du dimanche
17 juin 2001

Sommaire

Première heure

Station spatiale internationale : le bras canadien est toujours paralysé

  Les chiffres de la science
Le point sur l'encéphalopathie spongiforme bovine et la maladie de Creutzfeldt-Jakob
Fusion magnétique : la recherche se poursuit
La chronique Histoire des sciences avec Yves Gingras

Pour écouter la première heure

Deuxième heure

AudiSEE Plus : un outil pour les malentendants
La fragilité de l'énergie éolienne
Le petit journal de la science
L'auteur de la semaine : Dominique Bourg co-auteur de Parer aux risques de demain : le principe de précaution

Pour écouter la deuxième heure


Première heure

Station spatiale internationale : le bras canadien est toujours paralysé

avec Dominique Lapointe

Le télémanipulateur de la Station spatiale internationale a donné des sueurs froides aux gens de l'Agence spatiale canadienne ces dernières semaines. Le fameux robot qui faisait l'orgueil du Canada est tout bêtement tombé en panne lors des premières séries de tests.

Ces problèmes retardent le lancement de la navette Atlantis qui doit apporter là-haut le sas de sortie de la station. C'est une étape assez importante puisque sans navette spatiale, l'équipage de la station ne peut faire de sorties à l'extérieur pour le moment. Ce sas est indispensable pour les sorties d'entretien plus particulièrement lorsque Canadarm 2 est en panne.

Entre-temps, le bras canadien s'est remis à fonctionner mais le problème n'est pas pour autant réglé.

Invité :

Benoit Marcotte, directeur de l'ingénierie d'exploitation des systèmes spatiaux à l'Agence spatiale canadienne.

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Les chiffres de la science

L'Amérique s'éloigne de l'Europe à la vitesse de deux centimètres par année. C'est le calcul effectué par interférométrie radioastronomique à la NASA entre 1983 et 1995. Une preuve que la dérive des continents n'est pas un phénomène mesurable seulement à l'échelle des temps géologiques.



Le point sur l'encéphalopathie spongiforme bovine et la maladie de Creutzfeldt-Jakob

avec Pauline Vanasse

Une importante consultation internationale s'est tenue, cette semaine à Paris, et visait à faire le point sur l'encéphalopathie spongiforme bovine, appelé communément maladie de la vache folle, et sur la forme que prend la maladie chez les humains, une nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. La rencontre était organisée conjointement par l'Organisation mondiale de la santé, par la FAO, l'Organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture et par l'Office international des épizooties.

L'objectif était de voir comment on peut améliorer la protection de la population contre la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob et aussi la protection du bétail contre l'encéphalopathie spongiforme bovine, l'ESB.

La consultation permettait également d'évaluer l'efficacité des mesures prises jusqu'à maintenant pour contrôler cette épidémie. On se rappelle qu'au plus fort de la crise, de nombreuses mesures ont été mises en place, notamment l'interdiction des farines animales pour l'alimentation des bovins. On retrouve dans ces farines le prion responsable de l'ESB.

Mais le principal problème c'est que ces mesures n'ont pas été appliquées en même temps ni de la même façon dans tous les pays européens. Il y a même eu pire : des farines qui avaient été interdites en Grande-Bretagne ont été exportées vers d'autres pays. Bref, il y a eu un manque de cohérence dans les politiques, ce qui a permis au prion pathogène de continuer à infecter le bétail.

Chez les humains, le prion de l'ESB cause la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Pour l'instant, on a recensé 101 cas de nouvelle variante de Creutzfeldt-Jakob au Royaume-Uni, et presque toutes ces personnes sont mortes de la maladie, à l'exception de sept survivants. Les personnes qui ont été touchées jusqu'à maintenant avaient une prédisposition génétique pour une période d'incubation courte alors que pour d'autres personnes, la période d'incubation pourrait être plus longue. L'épidémie risquerait ainsi de s'étendre sur plusieurs dizaines d'années.

Il y a encore un autre facteur qu'il faudra considérer pour évaluer le nombre de cas : c'est la possibilité qu'une personne infectée à la nouvelle variante de Creutzfeldt-Jakob transmette la maladie à d'autres personnes, puisque l'on a constaté que l'agent infectieux, le prion, est présent dans les amygdales des personnes touchées.

Invités :

Jeanne Brugère-Picoux dirige l'unité de pathologie médicale du bétail à l'École vétérinaire de Maisons-Alfort.
Jérôme Huillard, chercheur au London School of Hygiene and Tropical Medicine.

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Fusion magnétique : la recherche se poursuit

avec Marie-Hélène Poirier

Après le démantèlement du Tokamak de Varennes, le Québec veut relancer la recherche dans le domaine de l'énergie thermo-nucléaire.

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La chronique des Années lumière

Histoire des sciences

Notre chroniqueur Yves Gingras nous rappelle que les universitaires n'ont jamais été vraiment libres, et ce, depuis la naissance des universités vers l'an 1200 de notre ère.

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Deuxième heure


AudiSEE Plus : un outil pour les malentendants

avec Marie-Hélène Poirier

Depuis un an, les élèves sourds et malentendants peuvent, grâce à un appareil que l'enseignant porte sur la tête, lire sur ses lèvres, même quand l'enseignant a le dos tourné pour écrire au tableau ou qu'il se promène dans le fond de la classe. À condition, que l'école ait acheté l'AudiSEE, un sytème conçu par Audisoft, une compagnie de Montréal fondée et dirigée par deux informaticiens, parents d'un enfant sourd.

Les dirigeants d'Audisoft Luc Ducas et Marie Lapalme ont pensé enrichir l'AudiSEE d'une fonction écriture, grâce à un engin de reconnaissance de la parole. En plus de faciliter la lecture sur les lèvres, l'AudiSEE Plus, qui est muni d'un ordinateur portable, prendra des notes pour l'élève grâce à un système de reconnaissance automatique de la parole développé par le Centre de recherche informatique de Montréal.

Selon ces concepteurs, l'AudiSEE Plus pourrait être commercialisé d'ici un an.

Invités :

Les concepteurs de l'AudiSEE, Luc Ducas et Marie Lapalme.
Julie Brousseau, chercheure au CRIM, spécialiste en linguistique.

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La fragilité de l'énergie éolienne

avec Chantal Srivastava

Les enjeux et les grands défis de l'industrie éolienne chez nous et dans le monde. Un colloque de l'ACFAS a récemment fait le point sur ce dossier.

 

Invité :

Gaétan Lafrance, INRS-Énergie et matériaux

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Le petit journal de la science

Vive le Viagra!

La chasse aux phoques, qui était déjà en chute libre à la suite des pressions des écologistes, est en train de subir un coup qui pourrait lui être fatal, à cause de l'arrivée du Viagra! En effet, ces dernières années, le seul marché intéressant qui restait aux chasseurs était celui des pénis de phoques, qui sont utilisés en Asie comme remède contre l'impuissance. En 1996, la vente de pénis de phoques avait rapporté 750 000 dollars aux chasseurs de Terre-Neuve. Depuis l'arrivée du Viagra, le prix de cet organe a beaucoup diminué : il ne vaut plus que 15 dollars l'unité, contre 100 dollars il y a cinq ans.

Source : Hebdo science, 12 juin 2001

Les glaces océaniques au secours des ondes radio

Une expérience a démontré que les ondes radio passent plus facilement par la glace océanique que par l'air ambiant. L'expérience a été menée par des chercheurs du Centre naval américain de guerre sous-marine. Les communications sont très difficiles aux pôles souvent même aléatoires à cause des interférences créées par les forts champs magnétiques de ces régions. On a donc imaginé se servir de la mince couche de glace d'eau douce qui recouvre les pôles surtout au pôle Nord pour acheminer les ondes radio. Avec une longueur d'onde de 600 mètres, on a pu diffuser un message sur une distance de 500 kilomètres. De quoi rassurer les scientifiques souvent isolés par les tempêtes magnétiques.

Le PCB cause des troubles de mémoire chez les pêcheurs du lac Michigan

Les passionnés de pêche sportive du lac Michigan, dans le nord des États-Unis, ont peut-être consommé trop de poissons attrapés au bout de leur ligne. Une équipe de chercheurs américains a en effet constaté que ces pêcheurs avaient des niveaux élevés de PCB dans le sang, ainsi que des problèmes d'apprentissage et de mémoire. Les biphényles polychlorés sont des polluants organiques persistants qui s'accumulent dans les graisses, et donc aussi dans les poissons. On savait déjà que l'exposition à de faibles taux de pouvait affecter le développement neurologique du fotus. L'équipe qui étudie depuis 1992 les pêcheurs du lac Michigan affirme aujourd'hui que les adultes de plus de 49 ans sont également affectés par cette pollution. Certains ont mangé plus de 10 kilos de poisson pêché par an. Les plus gros consommateurs ont du mal à se souvenir d'une histoire entendue une demi-heure plus tôt. Ces résultats sont publiés dans la revue Environmental Health Perspectives du mois de juin.

Un nouveau médicament bon marché contre le sida

Le prochain remède bon marché contre le sida viendra peut-être de l'Inde. Des chercheurs de l'Institut national d'océanographie de l'État occidental de Goa, en Inde, étudient depuis dix ans, en équipe avec des chercheurs russes, une substance riche en protéines contenue dans les moules à coquille verte du littoral indien, qui pourrait permettre d'élaborer un médicament anti-sida bon marché. Ils ont déposé un brevet aux États-Unis : les tests de toxicité en clinique pourraient prendre un an. L'Inde figure au deuxième rang mondial pour le nombre de personnes séropositives. Selon des estimations non-officielles, 5 millions d'Indiens seraient porteurs du virus du sida.

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L'auteur de la semaine

Dominique Bourg, co-auteur de Parer aux risques de demain : le principe de précaution aux Éditions du Seuil.

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Émission du dimanche
24 juin 2001

Sommaire

Première heure

Les neutrinos se dévoilent

Le sexe masculin
Planétarium et changements climatiques
La chronique Nature avec Rachel Léger

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Deuxième heure

Les voyageurs de la science
Le petit journal de la science
Le vin, le pain et le fromage
L'auteur de la semaine : Marie-Pier Élie publie un article intitulé « Les pirates d'Internet » dans la revue Québec-Science

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Première heure

Les neutrinos se dévoilent

avec Dominique Lapointe

Grande première dans le domaine de la physique des particules. Des chercheurs ont réussi à établir avec une quasi-certitude que les neutrinos changent de forme pendant leur parcours entre le noyau du Soleil et la Terre et possèdent une masse.


Des scientifiques canadiens, américains et britanniques étudient depuis trois ans ces particules élémentaires à l'Observatoire de neutrinos de Sudbury en Ontario. Ce laboratoire se trouve à 2000 mètres sous terre, dans la plus profonde mine d'Amérique du Nord, afin d'être protégé des rayons cosmiques et autres interférences.

Les neutrinos sont les plus petites particules identifiées. Elles traversent la matière sans entrave et sans y laisser de trace. Ils sont donc très difficiles à identifier. Il existe trois types de neutrinos : électroniques, muoniques et tauiques, correspondant aux trois générations connues de particules.

Les neutrinos électroniques, liés aux électrons, sont émis en grand nombre lors des fusions nucléaires dans le Soleil ou lors des explosions de supernovae. Le Soleil produit plus de 200 000 milliards de neutrinos par seconde, tandis que l'explosion d'une supernova libère à elle seule 1000 fois plus de neutrinos que la quantité produite par le Soleil durant ses 10 milliards d'années d'existence. Chaque seconde, des milliards de neutrinos passent au travers d'un corps humain.

Jusqu'à présent, il apparaissait que le nombre de neutrinos électroniques qui parvenaient jusqu'à la Terre était nettement inférieur à ce que laissaient envisager les théories sur la production d'énergie dans le Soleil.

Les chercheurs de Sudbury ont établi pourquoi : les neutrinos électroniques se transforment en neutrinos d'un autre type au cours du voyage. Les chercheurs sont presque certains que les écarts ne sont pas dus à des erreurs dans les modèles du Soleil mais à la transformation que les neutrinos eux-mêmes subissent au cours de leur voyage depuis le noyau du Soleil jusqu'à la Terre. Cette transformation des neutrinos confirme ce que l'on soupçonnait déjà, que les neutrinos ont une masse.

Grâce à ces nouvelles informations, on peut fixer en outre une limite maximum à la somme des masses connues des neutrinos. Ces résultats ont été présentés dans un article de la Physical Review Letters et au congrès annuel de l'Association canadienne des physiciens qui se tient à Victoria en Colombie- Britannique.

Invité :

Louis Lessard, physicien à l'Université de Montréal.

Hyperlien pertinent :

Observatoire de neutrinos de Sudbury

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Le sexe masculin

avec Pauline Vanasse

Du viagra à l'infertilité à l'andropause, des spécialistes font le point sur la recherche qui touche l'appareil reproducteur de l'homme.

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Planétarium et changements climatiques

avec Chantal Srivastava

Un nouveau spectacle présenté au Planétarium de Montréal s'intéresse aux changements climatiques.

 

 

 

Invité :

Pierre Chastenay. astronome au Planétarium.

Hyperlien pertinent :

Planétarium de Montréal

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La chronique des Années lumière

Nature

Notre chroniqueuse nous explique pourquoi le saumon de l'Atlantique est en déclin.

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Deuxième heure


« Les voyageurs de la science »

avec Dominique Lapointe

Des scientifiques nous font partager tout au long de l'été quelques instants du voyage le plus marquant ou le plus important de leur carrière.

Cette semaine, notre scientifique est un volcanologue de renommée internationale. John Stix est professeur et chercheur à l'Université Mc Gill. Il s'est rendu à maintes reprises en Colombie pour y étudier le Galeras. Ce volcan a marqué non seulement le chercheur mais aussi toute la profession à cause d'une expédition qui a tourné à la catastrophe en 1993. Parmi les 1500 volcans actifs de la planète, le Galeras reste toujours l'un des plus fascinants pour M. Stix.

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur cette expédition controversée au Galéras en 1993, deux livres récents offrent des versions différentes des événements. Tout d'abord, Surviving Galeras raconté par Stanley Williams, un collègue de John Stix et co-organisateur de ce voyage qui s'en est tiré de justesse. Le second ouvrage, No apparent Danger, est une lecture critique des événements par Victoria Bruce, une géologue américaine.

Hyperlien pertinent :

La volcan Galeros
Site de l'Université McGill
(En anglais)

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Le petit journal de la science

L'art du camouflage

Pour lutter contre la pollution visuelle certains États américains demandent maintenant aux compagnies de téléphonie cellulaire de confondrent leurs antennes avec le paysage environnant. C'est ainsi que l'on voit apparaître des arbres ou des rochers artificiels, des cactus en fibre de verre, de faux moulins à vent, qui retransmettent les conversations des abonnés. C'est l'une des solutions que l'on a trouvées pour répondre aux protestations des groupes écologistes qui dénoncent le foisonnement des tours de télécommunications tant en ville qu'à la campagne. On a même camouflé certains relais cellulaires dans de grands crucifix tout neufs en bordure des routes. Écoutez bien, Jésus vous parle.

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Pain, vin et fromage :
Quand le savoir-faire se marie à la science

Dans le cadre de cette série qui porte sur les procédés biologiques, Marie-Hélène Porier s'est penchée sur le vin. Elle nous révèle que le vin, vieux de 7000 ans, possède une riche histoire.


C'est en Iran que des chercheurs américains ont découvert dans une amphore les traces d'un vin provenant d'une vigne sauvage appelée Vitis Vinifera.

Un vin qui n'était guère fameux puisqu'il était additionné de résine. Mais cette vigne Vitis Vinifera a donné naissance aux 6000 cépages répertoriés dans le monde pour le plus grand plaisir de nos papilles gustatives.

Invités :

François Chartier, sommelier.
Anne Dumont, microbiologiste chez Lallemand.

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L'auteur de la semaine

Marie-Pier Élie publie un article intitulé «Les pirates d'Internet» dans les pages de la revue Québec-Science.

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Des archives sonores de l'émission Les Années lumière sont maintenant disponibles, à partir de l'émission du 26 mars 2000.
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L'émission Les Années lumière est diffusée tous les dimanches, de 12h15 à 14h00 à la première chaîne de la radio de Radio-Canada.