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La nordicité

[Le mardi 7 février 2006]

Nordicité

Le concept de nordicité a été créé au début des années 60 par le géographe Louis-Edmond Hamelin. Il fait partie des invités de Serge Bouchard pour parler de notre rapport au froid. Autour de la table, il y a aussi l’explorateur Bernard Voyer, la chercheuse Catherine Vaudry et le complice Bernard Arcand. 
 
Sommes-nous nordiques?  
Serge Bouchard pose la question en sous-entendant,
« avons-nous la tête au nord? » Autrement dit, sommes-nous nordiques dans notre esprit, notre tête, nos gestes et nos actes?  
 
« Non », répond Louis-Edmond Hamelin. Il rappelle que dans les années 40, quand il a commencé ses travaux, le terme « nordique » ne s’appliquait qu’aux Scandinaves! Il s’est battu et finalement, le terme a été élargi dans les dictionnaires... dans les années 80. Sur le plan international, le Québec, qui est le pays le plus froid de la francophonie, aurait un rôle à jouer, qu’il ne joue pas. 
 
Catherine Vaudry croit que dans notre culture, le cinéma, la littérature et les arts visuels, notre représentation imaginaire de l’hiver est très présente même si notre société a plus de difficulté à l’intégrer. L’absence de l’hiver dans les téléromans en est un exemple. « Quelle image avons-nous du nord? Est-ce qu’on parle du nord ou de l’idée du nord? » 
 
Bernard Voyer est convaincu que nous sommes nordiques, mais nous ne savons pas quoi en faire. « Nous ne savons pas comment vivre avec cette réalité. » Cela se reflète dans notre quotidien et notre vision politique.  
 
Les réflexions de Bernard Arcand 
« Le froid illustre comment l’être humain n’est pas passif face à son
environnement. » Le froid n’est pas le même pour tout le monde. Par exemple, les femmes ont souvent froid aux extrémités du corps, tout simplement parce que la chaleur de leur corps se rend au centre, à l’utérus. Le froid est une notion qui a été apprise. Les habitants de Kujuak ont moins froid que les habitants de Montréal. 
 
Le froid, la glace, la neige... 
La nordicité, une idée, un concept, un territoire maltraité. Nous nous sommes regroupés au sud du pays et ne nous intéressons pas ou peu à la vaste majorité de ce territoire et aux peuples qui y vivent depuis des siècles. Pour nous, l’hiver, c’est la nordicité, alors que 80 % du territoire est nordique. On ne sait pas ce qu’est la taïga. On n’y voit qu’un désert inintéressant, parfois réhabilité dans un film sur les pingouins qu’on mettra aux oubliettes bientôt, quand le roi lion ou les requins seront vedettes d’un autre succès au box-office. 
 
Réhabiliter le nord et son peuple 
Pour Louis-Edmond Hamelin, l’hiver n’est que le côté cosmétique du nord, c’est la nordicité saisonnière, de l’espace méridional du territoire. Le père de la nordicité est fier de savoir qu’aujourd’hui le mot nordicité a été traduit en japonais. Il travaille aussi à retracer les études sur le nord, faites autour de l’année 1500, c’est dire... 
 
Les invités 

  • Louis-Edmond Hamelin, professeur émérite au Département de géographie de l’Université Laval. Père de la nordicité. Prix Léon-Gérin 1987. 
  • Bernard Voyer, explorateur des glaces et conférencier. A publié Aniu, du flocon de neige à l’iceberg, éditions Névé. 
  • Catherine Vaudry, coordonnatrice du Laboratoire international d’étude multidisciplinaire comparée des représentations du Nord, à l’UQAM.


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