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Au pays des quatre saisons
Séries documentaires

Au pays des quatre saisons

20 éléments 

L'animateur Richard Joubert et l'historien Jean Provencher relatent la vie rurale traditionnelle dans la vallée du Saint-Laurent au 19e siècle à travers les saisons.

Photo : Québec vue de Lévis au début des années 1900 - Bibliothèque et archives nationales du Québec

Photo en noir et blanc d'arbres en fleurs dans un champ
Un verger de pommiers en fleurs, dans les années 1940   Photo : Bibliothèque et archives nationales du Québec / Conrad Poirier

Les premières gelées et le départ des hirondelles annoncent l’arrivée de l’automne, et avec elle, la récolte des fruits cultivés. Depuis le début de la colonie, on cultive de petits vergers de pommiers, de pruniers et de cerisiers, une tradition venue de France. Les pois, le potiron et la petite citrouille iroquoise font aussi partie des récoltes, tandis que le maïs, les pommes de terre et les tomates sont boudés jusqu’au 19e siècle.

Au pays des quatre saisons

Avec : Richard Joubert et Jean Provencher (animateurs)

Un cageot de pommes de terre
La culture de la pomme de terre devient intensive au Québec à partir des années 1820.   Photo : iStock

L’automne québécois est une période où l’on travaille beaucoup. Après les récoltes, il faut penser à la conservation. Séchage, fumage, salage, cuisson et macération sont autant de techniques que les Français arrivés dans la vallée du Saint-Laurent ont mis 200 ans à mettre au point. Au début du 19e siècle, ces derniers se mettent aussi à consommer des pommes de terre, légume jusque-là méprisé et qui supplantera bientôt le blé.

Au pays des quatre saisons

Avec : Richard Joubert et Jean Provencher (animateurs)

Une femme en train d'ourdir la laine
Le travail de la laine était l'affaire des femmes.   Photo : Bibliothèque et archives nationales du Québec / Toronto : The Post Card & Greeting Card Co. Ltd.

Le cultivateur québécois du 18e siècle élevait des moutons avant tout pour se vêtir. Le traitement de la laine commence à l’automne, et tissée ou tricotée, cette dernière donne une étoffe solide avec laquelle on produit toute la garde-robe d’hiver. La culture du lin, dès le début du régime français, vient compléter la confection de vêtements plus légers.

Au pays des quatre saisons

Avec : Richard Joubert et Jean Provencher (animateurs)

Un homme se tient debout dans l'eau au milieu de casiers de pêche.
Pêche à l'anguille sur l'Île d'Orléans   Photo : Bibliothèque et archives nationales du Québec / Lorenzo Audet enr.

Les Français arrivés le long du Saint-Laurent ne font que reprendre les techniques et les habitudes de chasse et de pêche des tribus amérindiennes. Tourte voyageuse, oie blanche, outarde, canard, la chasse aux oiseaux migrateurs est la chasse automnale par excellence. Au début de la colonie, on chasse aussi l’orignal, le caribou et le wapiti. À la pêche, c’est l’anguille qui est le poisson le plus prisé à l’automne.

Au pays des quatre saisons

Avec : Richard Joubert et Jean Provencher (animateurs)

Photo noir et blanc de feuillages d'automne
Des feuilles en automne   Photo : iStock

Pourquoi les feuilles des arbres changent-elles de couleur à l’automne? Le temps froid, le raccourcissement des jours, l’acidité du sol ou la composition génétique des arbres sont autant d’hypothèses qui ont été étudiées. Tout comme les humains, les arbres se préparent eux aussi à passer l’hiver. Ils entrent en dormance, un état de repos qui les protège.

Au pays des quatre saisons

Avec : Richard Joubert et Jean Provencher (animateurs)

Une jeune femme décore un sapin de Noël en 1938.
Une jeune femme décore un sapin de Noël en 1938.   Photo : Bibliothèque et archives nationales du Québec / Conrad Poirier

On a commencé par fêter Noël à la française en érigeant de grandes crèches, une pratique qui a surpris les Hurons de la ville de Québec, qui s'interrogeaient sur l’identité de ces personnages. La tradition de l’arbre de Noël, qui vient, elle, de l’Alsace, n’arrivera pas au Québec avant le début du 20e siècle. C’est la baronne de Ritzel, femme d’un officier allemand venu prêter main-forte aux colonies anglaises, qui a érigé chez elle le premier arbre de Noël québécois à Sorel en 1781. Une véritable attraction, pour laquelle tout le voisinage a fait la queue!

Au pays des quatre saisons

Avec : Richard Joubert et Jean Provencher (animateurs)

Un groupe d'enfants autour d'une table décorée de chandeliers, à l'occasion du temps des fêtes.
Un repas du temps des fêtes en 1938.   Photo : Bibliothèque et archives nationales du Québec / Conrad Poirier

Jusqu’en 1900, le père Noël n’existait pas pour les enfants francophones. C’était l’Enfant Jésus qui leur apportait leurs étrennes au jour de l’An. Les enfants anglophones recevaient, quant à eux, leurs cadeaux le 25 décembre, tel que le voulait la tradition anglaise. Une différence qui a duré une centaine d’années avant que le jour de Noël soit adopté à l’unanimité, au grand bonheur des petits francophones. La coutume de tirer du fusil à l’aube du jour de l’An venait, pour sa part, d’un vieux geste païen consistant à faire du bruit pour éloigner les mauvais esprits.

Au pays des quatre saisons

Avec : Richard Joubert et Jean Provencher (animateurs)

Une coupure de presse du 19e siècle montrant une fête du réveillon de Noël au Bas-Canada.
Une coupure de presse du 19e siècle montrant une fête du réveillon de Noël au Bas-Canada.   Photo : Bibliothèque et archives nationales du Québec / Inconnu

C’est à cause de l’hiver, qui confinait les gens dans l’isolement, que les veillées ont pris une si grande importance dans la vie des Québécois. Ces dernières avaient lieu du temps des Fêtes jusqu’au printemps et se succédaient quotidiennement. Chacun était tenu d’organiser la sienne. Il en existait plusieurs types : les veillées de chant, de contes, de placotage et, les plus populaires, de danse. Des veillées qui n’étaient pas bien vues par les curés, qui, régulièrement, imploraient leurs paroissiens de cesser de danser, sans grand succès.

Au pays des quatre saisons

Avec : Avec : Richard Joubert et Jean Provencher (animateurs)

Une photo de la « tempête du siècle », cette fois-ci, celle du 20e, survenue le 4 mars 1971 à Montréal. En quelques heures seulement, 43 centimètres de neige s'étaient abattus sur la ville.
Une photo de la « tempête du siècle », cette fois-ci, celle du 20e, survenue le 4 mars 1971 à Montréal. En quelques heures seulement, 43 centimètres de neige s'étaient abattus sur la ville.   Photo : La Presse canadienne

Certains hivers mythiques restent gravés dans l’imaginaire québécois. On se rappelle la tempête du siècle de 1827, où sont tombés six pieds de neige les 17 et 18 janvier à Montréal. On raconte que des villages auraient littéralement disparu sous la neige! On pense aussi au fameux pont de glace entre Québec et Lévis, un tapis qui se formait sur le Saint-Laurent aux alentours de Noël et du jour de l’An et qui reliait les deux rives. Un phénomène vu comme une bénédiction par les riverains, puisqu’il leur permettait d’enfin se fréquenter.

Au pays des quatre saisons

Avec : Richard Joubert et Jean Provencher (animateurs)

Deux bûcherons posent pour le photographe avant d'abattre un arbre. Circa 1925
Deux bûcherons posent pour le photographe avant d'abattre un arbre. Circa 1925   Photo : Bibliothèque et archives nationales du Québec

Décembre était aussi synonyme, à l’époque, de grands travaux manuels, de la corvée du bois de chauffage à celle des grandes boucheries. L’abattage des bêtes devait avoir lieu dans le croissant de la lune, période durant laquelle les viandes étaient censées mieux se conserver. Le meilleur temps pour générer du bois de chauffage était celui du décours de la lune, parce que le bois, vidé de sa sève, était beaucoup plus facile à couper et moins susceptible de moisir.

Au pays des quatre saisons

Avec : Richard Joubert et Jean Provencher (animateurs)

Des fillettes s'amusent dans la rue au printemps.
Des fillettes s'amusent dans la rue au printemps.   Photo : Bibliothèque et archives nationales du Québec / Conrad Poirier

Le printemps québécois ne s’impose pas. Il arrive et s’installe presque sur la pointe des pieds par de petits signes tels que le retour de la corneille d’Amérique et la fonte de la neige. Le printemps coïncide souvent avec la mise à bas des animaux; les étables prennent alors des allures de garderies. De leur côté, les enfants renouvellent leur répertoire de jeux, car on ne joue pas au printemps comme on le fait en hiver. L’un de leurs passe-temps favoris est de jouer au moine, une toupie de bois propulsée par une ficelle; un jouet très ancien rapporté de France.

Au pays des quatre saisons

Avec : Richard Joubert et Jean Provencher (animateurs)

Une cabane à sucre du début des années 1900
Cabane à sucre du début des années 1900   Photo : Bibliothèque et archives nationales du Québec

Le Québec occupe le premier rang mondial pour la production des produits de l’érable. À quand remonte le début de cette exploitation? Le plus vieux document écrit en faisant allusion date de 1617. Rédigée par un Européen, la lettre rapporte la pratique amérindienne d’extraire la sève d’un érable et de la faire bouillir pour obtenir un sucre. On en conclut donc que l’acériculture remonte à bien plus loin dans le temps. Il est aussi question de la procédure de récupération d'eau d'érable, ainsi que des étapes de confection du fameux sirop.

Au pays des quatre saisons

Avec : Richard Joubert et Jean Provencher (animateurs)

Des hommes travaillent dans les champs.
Des hommes travaillent dans les champs.   Photo : Bibliothèque et archives nationales du Québec / Conrad Poirier

Les Québécois se plaisent souvent à dire qu’aucun printemps ne se ressemble. En effet, la saison est très contrastée d’une année à l’autre. La plupart du temps, le printemps se produit tout en douceur, tout en nuances, dans une parfaite transition entre l’hiver et l’été. D’autres fois, il est surprenant, implacable, violent même. L’extrait propose un survol des printemps québécois les plus marquants depuis le début du 18e siècle : arrivée prématurée, phénomènes astronomiques, sécheresse excessive, récoltes fructueuses et autres événements dignes de mention.

Au pays des quatre saisons

Avec : Richard Joubert et Jean Provencher (animateurs)

Attelage sur le fleuve Saint-Laurent glacé
Attelage sur un Saint-Laurent glacé   Photo : Bibliothèque et archives nationales du Québec / Conrad Poirier

Durant l’hiver, le fleuve Saint-Laurent est systématiquement recouvert d’un tapis de glace en amont de Trois-Rivières. Au début du mois d’avril, ce dernier commence à s’affaiblir au point de ne plus pouvoir supporter de lourds fardeaux; on répète alors qu’il est « pourri ». Les riverains se doivent donc de remplacer les chevaux par des chiens lors de l’attelage. C’est aussi à ce moment qu’ils se mettent à guetter la débâcle et à se rendre, plusieurs fois par jour, aux abords du fleuve en espérant être témoins de cette impressionnante rupture des glaces.

Au pays des quatre saisons

Avec : Richard Joubert et Jean Provencher (animateurs)

Décorations de Pâques dans les années 1900
Décorations de Pâques dans les années 1900   Photo : Bibliothèque et archives nationales du Québec / Conrad Poirier

L’arrivée du printemps rime aussi avec Pâques, fête qui a lieu précisément le premier dimanche suivant l'équinoxe du printemps. C’est le dimanche des Rameaux qui donne le coup d’envoi de la période pascale. Alors qu’aujourd’hui, on achète des palmes exotiques en guise de rameaux, on cueillait autrefois soi-même des branches de sapin, de cèdre ou de saule. Du jeudi au samedi saint se produit un ensemble de cérémonies fortement dramatisées. Cette semaine-là, le jeûne est de rigueur, pendant qu’on se rappelle l’agonie, la mort et la mise au tombeau de Jésus.

Au pays des quatre saisons

Avec : Richard Joubert et Jean Provencher (animateurs)

Le personnage de Saint-Jean-Baptiste est la vedette du dernier char allégorique de la parade de la Saint-Jean en 1872
Le personnage de Saint-Jean-Baptiste est la vedette du dernier char allégorique de la parade de la Saint-Jean en 1872   Photo : William Notman / Musée McCord / I-75801.1

Dans la société traditionnelle du 19e siècle, les grandes fêtes et rituels collectifs cimentent la solidarité et jouent un rôle essentiel dans les communautés. Le jour de la Saint-Pierre, par exemple, est consacré à l’armée, et la fête de Sainte-Anne confirme la dévotion à la mère de Marie qu’entretiennent les Canadiens français. On fête aussi la Saint-Jean-Baptiste et la Saint-Louis, des occasions de rassemblement la plupart du temps très codifiés, également très festifs.

Au pays des quatre saisons

Avec : Richard Joubert et Jean Provencher (animateurs)

À son plumage, on reconnaît l'oiseau.
À son plumage, on reconnaît l'oiseau.   Photo : iStock

Quand l’été pointe le bout de son nez dans le Québec rural d’antan, on voit réapparaître au détour des rues les marchands ambulants et les quêteux « qui ont le monde écrit sur leur visage ». Les oiseaux sillonnent à nouveau le ciel, en particulier des espèces récemment implantées sur le territoire, comme le moineau domestique ou l’étourneau sansonnet. C’est aussi le temps de l’année où l’on peut voir différentes nuances de vert, par exemple le vert vif du hêtre ou le vert moite du tilleul.

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Avec : Richard Joubert et Jean Provencher (animateurs)

Chargement du foin dans une charrette, vers 1895
Chargement du foin dans une charrette, vers 1895   Photo : Musée McCord / MP-0000.25.484

Pour le cultivateur de la vallée du Saint-Laurent, l’été est synonyme de travail acharné. Sauf une petite accalmie en juin, les tâches se succèdent : mise en place des clôtures entourant les champs, nettoyage des fossés, corvées de semailles, constructions de granges. On le fait en famille ou même en communauté; tout le monde y met du sien, pendant que la blague à tabac et la cruche de rhum ou de whisky circulent de main en main.

Au pays des quatre saisons

Avec : Richard Joubert et Jean Provencher (animateurs)

Meules de blé et charrette chargée de céréales, Portage La Prairie, Manitoba, 1887
Meules de blé et charrette chargée de céréales, Portage La Prairie, Manitoba, 1887   Photo : William McFarlane Notman / Musée McCord / VIEW-1623

De bonnes récoltes vont assurer pour toute l’année l’alimentation de la famille, et parfois même des revenus considérables. On se lève tôt pour travailler « à la fraîche » et les travailleurs se répartissent équitablement le travail : récolte des foins, récolte des céréales, récolte des petits fruits et des légumes du potager. Tout cela culmine par une grande fête, la veillée des moissons, autour d’un digne festin!

Au pays des quatre saisons

Avec : Richard Joubert et Jean Provencher (animateurs)

La cueillette des fruits sauvages, un plaisir estival
La cueillette des fruits sauvages, un plaisir estival   Photo : iStock

Cueillir librement des fruits ayant poussé à l’état naturel : voilà un plaisir dont l’habitant ne se prive pas, reproduisant un geste millénaire que les hommes ont toujours accompli, se déclarant libres possesseurs des biens de la nature. On cueille autant de fraises que possible, mais aussi des mûres, des framboises et des bleuets, ainsi que des fruits moins connus comme les « petites poires sauvages de l’amélanchier » ou les fruits de l’airelle.

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Avec : Richard Joubert et Jean Provencher (animateurs)

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