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Joël Le Bigot
Audio fil du samedi 10 février 2018

Ces mystérieux groupes religieux qui survalorisent l'argent

Publié le

Un prêtre tient dans sa main gauche un chapeau duquel s'échappent des billets.
L'église et l'argent, une relation complexe   Photo : iStock

Si vous êtes riche, c'est que vous êtes béni par Dieu. Voilà ce à quoi se résume la pensée que propagent des groupes religieux tels que le Ministère de la Parole qui libère, lequel est au cœur d'un scandale financier. Frédéric Dejean, professeur de sciences des religions à l'UQAM, explique que la prospérité individuelle est la principale valeur prônée par ces églises indépendantes.

Au sein d'une église comme la Parole qui libère, on met de l’avant un discours néo-libéral qui plaît aux riches entrepreneurs, mais également une parole qui interpelle certains immigrants pour qui l’intégration passe avant tout par le travail et par la quête d’une amélioration de la situation financière.

Frédéric Dejean, professeur de sciences des religions
Frédéric Dejean, professeur au Département de sciences des religions de l’UQAM, dans le studio 18 de Radio-Canada
Frédéric Dejean, professeur au Département de sciences des religions de l’UQAM Photo : Radio-Canada/Laurent Boursier

L’église de la Parole qui libère, dont les médias ont récemment parlé des scandales financiers, est considérée par ses détracteurs comme faisant partie d’un courant, la « théologie de la prospérité », laquelle propose d’évaluer la ferveur de l’individu et de comprendre les événements de sa vie à partir de la mesure de sa bonne santé physique et de sa bonne santé financière. « Donc, si vous êtes pauvre, c’est que votre ferveur religieuse n’est pas bonne, résume Frédéric Dejean. Si vous [êtes riche], c’est que vous êtes béni par Dieu. Comme cet argent est une bénédiction de Dieu, vous devez [l'exhiber]. »

Contrairement à ce que veut le lieu commun, ceux qui sont sujets à s’embrigader dans ces groupes religieux ne sont pas seulement des « miséreux crédules ». Des gens très établis, très installés dans la société, fréquentent aussi ce type d’église. « Les cas des États-Unis et du Brésil montrent que la pauvreté n’explique pas l’adhésion à ces mouvements, soutient Frédéric Dejean. Dans ces deux pays, on voit au sein de ces groupes des gens très riches aux parcours très prestigieux. »

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