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Joël Le Bigot
Audio fil du samedi 11 novembre 2017

Comment l’Arabie saoudite se réforme à grande vitesse

Publié le

Le prince héritier Mohammed ben Salmane
Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane   Photo : Reuters / Charles Platiau

Le jeune et dynamique prince héritier de l'Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman, se détache peu à peu du pétrole et entame doucement un virage progressiste pour sortir son pays du désastre économique qui le guette. Le politologue Sami Aoun, spécialiste du Moyen-Orient, fait le portrait d'un « despote éclairé » que personne n'avait vraiment vu venir.

Il a 33 ans et il n'hésite pas à prendre les grands moyens pour revigorer l'Arabie saoudite, mais ses actions politiques causent bon nombre d'inquiétudes au Moyen-Orient : il risque de fragiliser l’équilibre régional et possiblement d’entraîner une escalade du conflit avec l’Iran. Mohammed Ben Salman pourrait néanmoins être un visionnaire, selon Sami Aoun, directeur de l’Observatoire sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l'UQAM.

Il a compris que son pays passe par une crise existentielle et qu’il faut désormais aller vers l’ère post-pétrolière.

Sami Aoun, politologue

Les recettes pétrolières, en effet, ne sont plus suffisantes pour faire fonctionner l’État. « Il faut réviser les fondations de l’État saoudien qui refuse depuis toujours de taxer les citoyens en se fiant aux recettes pétrolières. La ressource s’épuise, et le prince en est plus que conscient. Les exportations ont également chuté; le pays n’est plus aussi important qu’avant dans l’économie américaine et dans celles de certains autres pays occidentaux. Le pétrole ne constitue plus l’économie stratégique qu’il fut jadis. »

C’est une première, une situation jamais vue dans l’histoire saoudienne. Il faut dire également que la population saoudienne est jeune et qu’elle soutient les initiatives du prince.

Sami Aoun, politologue
Sami Aoun, politologue, professeur à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke et directeur de l’Observatoire sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord de la chaire Raoul-Dandurand
Sami Aoun, politologue, professeur à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke et directeur de l’Observatoire sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord de la Chaire Raoul-Dandurand Photo : Radio-Canada/Laurent Boursier

Le prince, voulant agir en « despote éclairé », développe aussi une attitude d'écoute et se montre sensible aux volontés de sa population, au contraire de ses très autoritaires prédécesseurs. Il n'est toutefois pas blanc comme neige, selon Sami Aoun. « Il n’est pas à l’abri de la corruption et des dépenses farfelues. »

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