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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du jeudi 14 décembre 2017

L’écrivaine Catherine Millet juge que certains types d’attouchements ne devraient pas être dénoncés

Publié le

L'auteure française Catherine Millet
L'auteure française Catherine Millet   Photo : AFP / Joel Saget

Questionnée sur les mouvements #metoo et #BalanceTonPorc, l'écrivaine Catherine Millet dit craindre que certains types de dénonciations castrent les hommes : « Si on est à l'aise avec son propre corps, on est contente que des hommes lui rendent hommage par des gestes qui sont parfois déplacés, audacieux, mais qui sont des hommages à ce corps. Et si on n'a pas peur de ce corps et de la sexualité qui y est rattachée, on ne considère pas qu'une caresse insistante puisse être une offense. On écarte la main qui nous gêne et on passe à autre chose, on ne reste pas traumatisée. »

Bien que Marie-Louise Arsenault évoque les chiffres alarmants qui font état de la violence commise envers les femmes, Catherine Millet insiste pour relativiser ces statistiques. « Je suis très prudente avec ça, il y a aussi des femmes qui tuent », affirme-t-elle.

« On assiste à des campagnes avec des réactions extrêmement puritaines et je ne suis pas sûre que mon livre [La vie sexuelle de Catherine M.] rencontrerait le même succès qu’il a rencontré il y a 15 ans, car on est dans une société […] qui prêche un retour au puritanisme. Je pense [en particulier] à la campagne #BalanceTonPorc. Dans la foulée, elle entraîne une vague de dénonciations, de délations, qui prouve qu’un certain nombre de femmes ont peur de la sexualité », croit Catherine Millet, qui conçoit toutefois qu’un viol devrait être dénoncé.

D. H. Lawrence
De Paris, Catherine Millet était en entrevue à l'émission pour discuter de son enfance dans la banlieue parisienne, de sa soif de liberté, de son amour pour l'art contemporain et de son premier best-seller, La vie sexuelle de Catherine M. L'auteure est fascinée par l’œuvre entière de D. H. Lawrence. Même si certains détracteurs le considèrent comme un misogyne, Catherine Millet défend ses positions.

« Lawrence est très attentif aux femmes nouvelles, ces femmes qui sont en train d’éclore dans leur indépendance, dans leur émancipation, mais en même temps, il est très sévère avec elles, estime-t-elle. Voilà pourquoi certaines féministes sont choquées par lui. »

Victimisation et féminisme
« Je suis contre ce féminisme qui enferme les femmes dans la position de victime, ajoute-t-elle. Ce féminisme exacerbé, extrêmement agressif, fait que chacun rentre chez soi en quelque sorte. On va avoir affaire à des hommes qui vont être terrorisés. Un jeune homme peut-il encore draguer une fille aujourd’hui? »

L’extrême besoin de liberté
Née le 1er avril 1948 à Bois-Colombes, en banlieue de Paris, Catherine Millet rêve d’évasion dès son plus jeune âge. « J’ai beaucoup rêvé d’une vie ailleurs, d’une vie à venir qui me ferait sortir de la banlieue et de cet appartement familial », dit-elle. De cette envie de fuite est né le livre Une enfance de rêve.

« Quand on a 18 ans, on est souvent inconscient, on est animé d’une seule chose, c’est d’avoir l’avenir devant soi. Et quand l’avenir s’ouvre, on a envie de se précipiter dans cet espace et de quitter les quatre murs dans lesquels on est enfermé. »

Aimer Lawrence, Catherine Millet, Flammarion, 20 septembre 2017

Résumé du livre : « Il fallait bien qu'un jour je croise la route de Lady Chatterley. J'ai fait mieux, je suis tombée amoureuse de celui qui l'imagina, D. H. Lawrence, à cause de sa figure de mauvais coucheur, à cause de l'extraordinaire sensibilité de son "écriture androgyne" dont parlait Anaïs Nin.
Pendant deux ans, je n'ai pas quitté cet amateur des grands espaces qui, lorsqu'il écrivait, ne s'est jamais encombré des barrières du surmoi. J'ai voulu faire redécouvrir cet auteur célèbre qui n'est plus assez lu, contemporain des suffragettes, et qui vécut entouré de femmes libres. Il avait compris qu'au vortex de leur émancipation et de leurs revendications se trouvait le plein accomplissement de leur jouissance sexuelle. » - Catherine Millet

Le livre « Aimer Lawrence », de Catherine Millet
Le livre « Aimer Lawrence », de Catherine Millet   Photo : Flammarion

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