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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du jeudi 19 octobre 2017

« Nous sommes plus sensibles que nos ancêtres » - Georges Vigarello

Publié le

Georges Vigarello, historien,  spécialiste de l'histoire de l'hygiène, de la santé, des pratiques corporelles et des représentations du corps, photographié dans le studio 18 de Radio-Canada
Georges Vigarello, historien, spécialiste de l'histoire de l'hygiène, de la santé, des pratiques corporelles et des représentations du corps   Photo : Radio-Canada / Philippe Couture

Même si nous avons l'impression d'être plus individualiste et plus anxieux que nos ancêtres, nous pouvons nous réjouir d'être plus sensibles et plus empathiques qu'eux, selon l'historien Georges Vigarello, qui vient de faire paraître un livre sur l'histoire des émotions. « Nous avons conscience de plus nombreuses nuances émotives, dit-il, et, à la fois, nous sommes plus vulnérables. »

Le mot « émotion » n’existait pas dans l’Antiquité, où l’on parlait plutôt de « passion », évoquant un sentiment plus vif, plus brutal, que la grande variété d’affects que l’on sait identifier aujourd’hui chez nous-mêmes comme chez nos contemporains.

Lorsque le mot "émotion" apparaît, il témoigne d’un enrichissement de la psychologie. La curiosité porte désormais sur l’intériorité humaine; on a une meilleure connaissance de la psyché, déployée en un grand nombre de nuances. Et c’est absolument passionnant.

Georges Vigarello

C’est une bonne nouvelle pour les femmes victimes d’agressions sexuelles, comme celles qui font l’actualité ces jours-ci, selon Georges Vigarello, qui est aussi l’auteur d’Histoire du viol : XVIe-XXe siècle. L'historien explique que le plus grand spectre d'émotions auquel nous avons accès nous permet d'écouter aujourd'hui le récit des victimes de viols avec davantage de considération que les Anciens. Nous avons une meilleure conscience du choc émotif causé par ce type d'aggressions.

« Freud a joué un rôle central dans cette évolution de la perception de nos émotions, explique notre invité, mais il n’est pas le seul. Thomas de Quincey, dans son récit autobiographique Confessions d'un mangeur d'opium anglais, avait défriché une partie du chemin 100 ans avant lui. Il s’interrogeait dans ce texte sur les raisons de sa consommation d’opium et en était arrivé à l'attribuer à des blessures d’enfance, à s’intéresser à son histoire individuelle. Il voyait comment des chocs du passé ont eu une influence sur sa vie par la suite. Nous n’avions pas cette conscience de la mémoire émotive, avant lui. »

Quelques références :
La robe : une histoire culturelle du Moyen Âge à aujourd’hui, Georges Vigarello, Seuil, décembre 2017
Histoire des émotions : de la fin du XIXe siècle à nos jours (1890-2013), Georges Vigarello, Seuil, novembre 2017
Le spécialiste de l’histoire du corps Georges Vigarello est de passage à Toronto et à Montréal du 17 au 21 octobre.
Il sera à l’Université de Montréal le jeudi 19 octobre à 19 h 30 pour la conférence des Belles soirées « Les émotions ont une histoire ».

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