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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du mardi 18 avril 2017

L’emprisonnement, véritable obsession irrationnelle en Occident

Publié le

Des barreaux d'une prison
Des barreaux d'une prison   Photo : iStock

« La criminalité baisse et pourtant l'emballement judiciaire, l'emballement carcéral n'a jamais été aussi extrême, notamment aux États-Unis », note l'auteur et sociologue Jean-Philippe Warren au sujet des travaux de l'anthropologue Didier Fassin, qui signe le récent essai Punir, une passion contemporaine. « Didier Fassin arrive à la conclusion qu'il n'y a pas vraiment de raison tangible pour expliquer cela, sinon une espèce d'irrationalité populiste qui s'est emparée de nos sociétés. »

L’ouvrage de Didier Fassin met en lumière l’approche schizophrénique des sociétés occidentales depuis de nombreuses années par rapport au crime. Au moment où la criminalité est en diminution un peu partout, les autorités, souvent guidées par une opinion publique favorable au durcissement des peines, se font paradoxalement de plus en plus répressives.

« C’est ce que Fassin appelle le nouveau populisme pénal. Il y a une demande sociale pour plus de peines, pour des peines plus sévères, et souvent les élus obtempèrent », précise le philosophe Jocelyn Maclure, qui a également lu l'essai de Didier Fassin.

La grande thèse [pour Fassin], c’est qu’il y aurait une espèce de passion pour la punition, pour le châtiment, qui serait instaurée dans l’ethos de nos sociétés. […] On serait porté, de plus en plus, à punir sans savoir pourquoi on punit.

Jean-Philippe Warren

Référence :
Punir, une passion contemporaine, Didier Fassin, Éditions du Seuil, 2017

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