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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du mercredi 29 novembre 2017

Sherlock Holmes, un Asperger sapiosexuel et surdoué

Publié le

Benedict Cumberbatch dans le rôle de Sherlock Holmes dans la série <em>Sherlock</em>, crée par Mark Gatiss et Steven Moffat
Benedict Cumberbatch dans le rôle de Sherlock Holmes dans la série Sherlock, crée par Mark Gatiss et Steven Moffat   Photo : BBC One

Génie exalté et élégant, Sherlock Holmes représente une « célébration de l'intelligence et de la transe créative », selon le psychanalyste Nicolas Lévesque, et pourrait être vu comme un « sapiosexuel séduisant », d'après la critique de cinéma Manon Dumais. Un personnage fascinant qui a connu plus de 250 incarnations au cinéma et qui nourrit notre fascination pour les hommes d'exception.

La série Sherlock, créée pour la BBC et campée dans la Londres contemporaine, donne à Sherlock Holmes le profil de ce que la psychologie définit aujourd’hui comme le syndrome d’Asperger : une intelligence hors-norme et des compétences exceptionnelles malgré un certain comportement asocial. « C’est l’une des manières intéressantes de voir Sherlock Holmes », concède le psychanalyste Nicolas Lévesque, qui préfère toutefois le considérer comme un homme habité par une « exaltation cérébrale excessive ».

Psychologiquement, Sherlock Holmes propose un univers schizophrène et un peu parano, qui est d’une grande richesse. Il est hors du commun; il vit en dehors des conventions; il a un savoir complètement décalé par rapport au savoir institutionnel. Il vit coupé du monde social, et, chez lui, c’est le signe d’une vie intérieure très riche.

Nicolas Lévesque, psychanalyste, psychologue et éditeur

Sa différence est d’autant plus frappante qu’elle est campée, dans les romans originaux d’Arthur Conan Doyle, dans une Angleterre victorienne qui ne lui ressemble pas : un monde où la vie urbaine est sale, inélégante et douloureuse. « Le quart des femmes se prostituaient à Londres à l’époque où a été inventé le personnage, explique Manon Dumais. C’était une ville coupe-gorge dans laquelle la classe ouvrière en arrachait. Le personnage a eu beaucoup de succès parce que sa prestance et son intelligence étaient rassurantes pour les moins nantis. Sherlock fait régner la justice, avec son sens de la déduction phénoménal. »

Arthur Conan Doyle
Arthur Conan Doyle Photo : Getty Images/Herbert Barraud/GI

Son rapport mystérieux à la gent féminine
« Il est peut-être sapiosexuel », ose Manon Dumais, qui tente de démystifier l’absence de femmes dans la vie de Sherlock Holmes et les mystères de sa vie amoureuse. Assurément, il aime l’intelligence de son compère Watson, mais il s’abstient de toute relation avec les femmes. Nicolas Lévesque préfère voir en lui un « ubersexuel », entendu au sens philosophique, c'est-à-dire un homme qui se place « au-dessus de la sexualité ».

« Je crois qu’il est au-delà des genres sexuels, précise-t-il, et qu’il ne se soucie pas du féminin et du masculin. Il n’est pas dans la séduction. Il est une forme de surhomme qui vit au-dessus de la masse et qui prend différents contours, qui a le pouvoir de s’adapter à tout, de se transformer constamment, et de vivre, probablement, une sexualité qui échappe aux cadres que nous connaissons. »

Jude Law et Robert Downey Jr. dans le film <em>Sherlock Holmes</em>, réalisé par Guy Ritchie en 2009
Jude Law et Robert Downey Jr. dans le film Sherlock Holmes, réalisé par Guy Ritchie en 2009   Photo : Village Roadshow Pictures

Quelques références :

Une étude en rouge, de Sir Arthur Conan Doyle, première édition en 1887
Le signe des quatre, de Sir Arthur Conan Doyle, première édition en 1890
Le chien des Baskerville, de Sir Arthur Conan Doyle, première édition en 1902
La vallée de la peur, de Sir Arthur Conan Doyle, première édition en 1915
« Dans la tête de Sherlock Holmes », de Sebastian Dieguez, dans Cerveau & Psycho, octobre 2013

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