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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du mercredi 22 novembre 2017

Lorsque le milieu des affaires marchait main dans la main avec Hitler 

Publié le

Aldolf Hitler en 1936
Aldolf Hitler en 1936   Photo : Getty Images / Fox Photos

« Non seulement les entreprises ont crassement bénéficié des investissements qu'elles ont faits durant la période nazie, mais elles ont ensuite repris les affaires sans être inquiétées », explique le professeur titulaire au Département de philosophie de l'Université de Montréal Christian Nadeau. En compagnie de la professeure au Département d'histoire de l'UQAM Yolande Cohen, il a lu L'ordre du jour, d'Éric Vuillard, le dernier lauréat du prix Goncourt. Ce dernier campe son récit dans l'Allemagne des années 30, alors que le mouvement nazi prend de l'ampleur, notamment grâce à la connivence des hommes d'affaires du pays.

Des compagnies complices
Des compagnies comme Siemens ou Volkswagen, toujours en opération aujourd’hui, ont été complices dans les projets d’Hitler lors de sa prise de pouvoir dans les années 30. Selon Christian Nadeau, ces compagnies se sentaient imputables à cause du rôle qu’ils jouent dans la reconstruction du pays.

« C’est toujours comme ça dans les perspectives d’après-guerre. Il faut bien faire rouler l’économie, ces gens se savent complètement immunisés parce qu’ils savent que si ils retirent leurs billes du jeu, c’est l’Allemagne au complet qui s’effondre », dit-il.

Le nazisme, une mine fertile pour les auteurs
La Deuxième Guerre mondiale est une époque qui fascine les auteurs, et les jurés des prix Goncourt qui en raffolent. Notons que La disparition de Josef Mengele, d’Olivier Guez, rafle le prix Renaudot cette année. On y suit la fuite d'un ancien tortionnaire dans un camp nazi, Josef Mengele.

« C’est vraiment une période [la Seconde Guerre mondiale et la Shoah] qui est en pleine réécriture, pas seulement par les archives, mais aussi par la perspective nouvelle que les historiens développent. Les ouvrages historiques et littéraires alimentent cette fascination », croit Yolande Cohen.

Résumé du livre par l'éditeur : « L’Allemagne nazie a sa légende. On y voit une armée rapide, moderne, dont le triomphe parait inexorable. Mais si au fondement de ses premiers exploits se découvraient plutôt des marchandages, de vulgaires combinaisons d’intérêts?

Et si les glorieuses images de la Wehrmacht entrant triomphalement en Autriche dissimulaient un immense embouteillage de panzers? Une simple panne! Une démonstration magistrale et grinçante des coulisses de l’Anschluss par l’auteur de Tristesse de la terre et de 14 juillet. » - Actes Sud

« L’ordre du jour », d'Éric Vuillard, Actes Sud, 13 juin 2017
« L’ordre du jour », d'Éric Vuillard, Actes Sud, 13 juin 2017   Photo : Actes Sud

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