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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du vendredi 9 juin 2017

Le micro ouvert de Martine Delvaux : la ménopause

Publié le

Martine Delvaux présente un billet d'humeur
Fidèle à son habitude, Martine Delvaux présente un billet d'humeur engagé, avec une teinte d'humour, portant sur la ménopause.   Photo : Radio-Canada / Christian Côté

« Moi, à 47 ans, quand ma médecin m'a dit que j'étais clairement en ménopause, j'ai dit : “Amène les hormones!” » La sueur qui se met à couler tout d'un coup sur les tempes, le visage qui devient rouge, l'impression de brûler de l'intérieur, la ouate qui enveloppe le cerveau, la peur qui arrive sans avertir : voilà comment l'auteure et professeure de littérature Martine Delvaux décrit les symptômes de la ménopause. Pour le segment Micro ouvert, elle nous fait part de son point de vue sur cette nouvelle expérience qui l'amène à philosopher sur le corps de la femme.

« Je ne me suis pas sentie femme quand j’ai eu mes règles, ni quand j’ai mis au monde ma fille. Je ne me sens pas moins femme depuis que je n’ai plus mes règles. D’ailleurs, je ne sais pas ce que cela veut dire “être une femme”. Je sais seulement qu’il faut se battre pour arrêter de subir les inégalités associées au fait que l’on vit ou que l’on est identifiée en tant que femme.

 » Ce que je sens, c’est mon corps, un corps qui n’a pas fini de me raconter des histoires et de m’en faire voir de toutes les couleurs, mais sincèrement, c’est juste un corps.

Mon identité n’est pas tributaire [des] attributs [de mon corps]. Cela dit, je veux avoir le droit d’en faire ce que je veux, de “l’hormoniser” ou non, de le “botoxer” ou non, de l’habiller, de le déshabiller, de le maquiller, de lui faire prendre l’air, de le faire danser dans un bar, de le montrer ou de le cacher comme je veux, et surtout de l’écrire.

Martine Delvaux

 » Je ne veux pas devenir “irrelevant”, comme le dit Jane Fonda dans Grace and Frankie. Je ne veux pas cesser d’importer, d’être prise en compte. Je ne veux pas être encore plus “invisibilisée” que je ne le suis déjà en tant que femme dans cette société parce que, soudainement, cette femme-là ne tache plus ses culottes.

 » Je ne veux pas cesser d’exister parce que tout à coup, disons-le, j’existe encore moins pour vous, pour vous plaire, pour vous séduire, pour correspondre à votre désir. Parce que je ne suis plus la lentille grossissante, comme l’écrivait Virginia Woolf, qui multiplie votre taille par deux. Pour moi, ce qui s’arrête avec la ménopause, c’est ça; cette obligation-là.

 » Si le dictionnaire nous dit que la ménopause est une interruption de la fureur, moi, je dis que c’est juste le début, et que, si la femme ménopausée n’est pas une femme, c’est peut-être parce que, enfin, c’est une femme libérée. »

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