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Rebecca Makonnen
Audio fil du mercredi 6 décembre 2017

Non, la violence sexuelle n’était pas plus acceptable dans les années 80 et 90

Publié le

Dessin d'un homme se cachant le visage sous la paume sa main droite.
Pour expliquer leurs inconduites sexuelles, plusieurs personnalités ont affirmé appartenir à une culture d'une autre époque.   Photo : iStock

« J'ai l'impression qu'il y a une bande d'individus qui méritent de se faire taper les doigts, mais qui tentent de se déresponsabiliser grâce à leur année de naissance. Ce n'est pas juste. » Dans un souci d'égalité, Rose-Aimée Automne T. Morin, rédactrice en chef d'Urbania, réhabilite la vieille époque avec un plan en trois étapes pour annihiler les arguments des agresseurs sexuels.

« Si j’étais de ceux et celles qui croient que l’on doit toujours donner le bénéfice du doute, je pourrais croire que tout est la faute du passé. Que l’autre époque, au fond, c’est le démon. » C’est d’ailleurs l’excuse employée par Sylvain Archambault et Harvey Weinstein pour expliquer leurs agressions et par Lise Payette et Jane Rosenthal pour contextualiser des inconduites sexuelles de collègues masculins.

Rose-Aimée dresse une liste des trois raisons pour lesquelles l’excuse de l’autre époque est invalide :

  1. Il faut reconnaître la bullshit. « Quand Harvey Weinstein et Sylvain Archambault blâment une autre époque, pensent-ils vraiment que l’année durant laquelle ils commettaient les faits allégués justifiait leurs actes? Qu'à l’époque, la majorité des hommes agissaient de la même manière? Ils veulent simplement sauver leur réputation. »
  2. Il existe une notion de choix, comme celui de faire des produits culturels féministes comme Comment se débarrasser de son patron, avec Jane Fonda, Lily Tomlin et Dolly Parton, Les fées ont soif, de Denise Boucher, ou La cuisine rouge, de Paule Baillargeon. « À l’époque, choisir le clan macho et pervers, c’était juste lâche. »
  3. Il faut se fier aux statistiques. « On peut nommer une tralée de réalisateurs et de producteurs qui ne jouent pas avec la tête ni le corps de leurs comédiennes, et tout autant d’auteurs qui ne tiennent pas à se masturber devant elles. Si certaines années venaient réellement avec une invitation au harcèlement, force est d’admettre que la majorité des gens ont résisté. La faute est aux individus plus qu’au temps. »

Derrière chacun de ces prétextes se cache une personne qui tente de se déresponsabiliser, conclut-elle.

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