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Karyne Lefebvre
Audio fil du mardi 1 août 2017

Le tricot-graffiti : l’engagement par les aiguilles

Publié le

Couverture du roman d'Amélie Panneton et installation de tricot-graffiti du collectif les Ville-Laines
Couverture du roman d'Amélie Panneton et installation de tricot-graffiti du collectif les Ville-Laines   Photo : Les Éditions de ta mère / Karine Fournier

L'auteure Amélie Panneton faisait paraître récemment son premier roman, Petite laine, aux Éditions de ta mère. Si l'amitié est au cœur de l'histoire, l'intrigue est centrée sur un sujet pour le moins original, le tricot-graffiti, une forme très visible, mais éphémère, d'expression artistique et d'engagement citoyen que connait très bien l'artiste Karine Fournier, membre du défunt collectif les Ville-Laines. Elles sont en studio pour discuter de cette forme d'art bien particulière avec Karyne Lefebvre.

Originaire de l’Acadie, puis établie à Québec, Amélie Panneton a découvert le tricot-graffiti sur son terrain de recherche lors de sa maîtrise en études urbaines à Montréal. « La voie de chemin de fer entre le Plateau-Mont-Royal et Rosemont–La Petite-Patrie, c’est un espace où l’on voit toutes sortes de formes d’expression artistique, toutes sortes de personnes s’approprient cet espace de différentes façons. […] C’était une des manières que les gens utilisaient pour s’exprimer. […] Cela s’est faufilé dans l’histoire que j’étais en train d’écrire », dit l’auteure.

ÉCOUTEZ L’ENTREVUE AVEC KARINE FOURNIER PAR ICI

L’artiste Karine Fournier avait un intérêt pour tous les types de tissus et s’est d’abord intéressée à l’installation textile avant de faire du tricot-graffiti. « Je savais tricoter […] je savais faire des carrés et des rectangles. J’ai trouvé de l’information sur le tricot-graffiti […] J’en faisais sur de petits lampadaires, des petits arbres dans mon quartier. Je m’étais fabriqué un petit tag, c’était mon identité secrète », dit celle qui se faisait appeler Tricot-Pirate au sein du collectif les Ville-Laines, qui s’est dissout en 2014.

Militant, le tricot-graffiti?

Cette appropriation de l’espace, bien qu’elle soit douce et poétique, est-elle un acte de revendication? Amélie Panneton croit que oui, mais cela dépend de l’intention de celui qui pose le geste : « À mon avis, cela peut être utilisé à toutes sortes de sauces. À la base, cela traduit toutes sortes d’engagements. On veut s’approprier un espace dans la ville, laisser une trace. Cela part du foyer, du travail des femmes, du travail invisible. […] En même temps, cela peut être utilisé à d’autres escients. » Selon Karine Fournier, il s’agit résolument d’un geste engagé.

Oui, c’est militant, mais pourquoi au juste? […] L’être humain essaie de prendre son temps parfois dans la vie. On est dans une société où l’on court tout le temps. Quand on voit un tricot-graffiti, ça nous rappelle nos grands-mères. On a envie d’y toucher; cela nous fait sourire. […] On milite pour une ville à échelle humaine.

Karine Fournier

Tolérance pour le tricot-graffiti

Contrairement au graffiti, cette autre forme d’art urbain considérée illégale, le tricot-graffiti jouit de la tolérance des autorités. Il se trouve d’ailleurs dans le roman d’Amélie Panneton, qui l’a intégré à l’intrigue. « C’est toléré, mais si on demande la permission, elle est refusée. […] Cette pratique est considérée comme de l’affichage illégal », précise Karine Fournier.

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