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Michel C. Auger
Audio fil du lundi 13 novembre 2017

Un tableau rare de Léonard de Vinci aux enchères pour 100 M$ : un expert doute de son authenticité

Publié le

Le « Salvator Mundi », un tableau de Léonard de Vinci
Le « Salvator Mundi », une oeuvre controversée de Léonard de Vinci est mise aux enchères à New York, le 15 novembre 2017, par la Maison Christie's.   Photo : Reuters

« Plusieurs questions restent en suspens, et je m'étonne qu'on ait authentifié ce tableau comme étant de la main de Léonard de Vinci », lance d'emblée Paul Maréchal, un spécialiste du marché de l'art. Salvator Mundi, « Sauveur du monde » , qu'on pense être le dernier tableau du peintre italien dans les mains d'un collectionneur privé, sera vendu aux enchères cette semaine. La célèbre maison Christie's estime son prix à 100 millions de dollars.

L’œuvre, qui représente le Christ en tenue bleue, a longtemps été considérée comme une copie, avant que des experts attestent de son authenticité. « Une majorité d’entre eux se sont prononcés en ce sens, mais ça n’a pas fait l’unanimité », rappelle M. Maréchal.

Le chargé de cours au Département d’histoire de l’art de l’Université du Québec à Montréal note aussi quelques incohérences entre le tableau et le style de l’artiste florentin. « De Vinci était un très grand observateur. Quand je regarde ce portrait, je vois que la sphère que le Christ tient dans sa main gauche est peinte comme un globe de verre vide. Normalement, on devrait voir l’image inversée de ce qu’il y a devant ce globe et ce n’est pas du tout le cas », souligne l’expert.

Il porte également son attention sur le maniérisme du personnage central qui tranche avec les habitudes du peintre. « De Vinci a été un des premiers peintres de la Renaissance à faire adopter à ses modèles des poses naturalistes, le fameux demi-sourire de la Joconde en est un exemple parfait », explique-t-il.

Comme la dernière attribution d’une œuvre au maître de Florence remonte à plus d’un siècle, en 1909, le Sauveur du monde est « un grand coup médiatique qui va attirer énormément de monde », reconnaît Paul Maréchal. Il appelle cependant à la prudence. « En art ancien, les connaissances avancent en même temps que les avancées technologiques qui permettent de radiographier un tableau. Pour l’instant, on peut dire que c’est un tableau de Léonard de Vinci, mais ça ne veut pas dire que ce sera encore le cas dans 20 ans. »

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