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Catherine Perrin
Audio fil du vendredi 9 février 2018

La dure tâche de convaincre ses parents âgés d’arrêter de conduire

Publié le

JiCi Lauzon, Raymonde Provencher et Daniel Désormiers au micro de Catherine Perrin
JiCi Lauzon, Raymonde Provencher et Daniel Désormiers   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Déni, colère, tristesse, résignation, acceptation... Raymonde Provencher, Daniel Désormiers et JiCi Lauzon ont composé avec toutes ces émotions de leurs parents lorsqu'ils ont dû les persuader de rendre leurs clés de voiture, que ce soit à la suite d'un accident, d'un avis du médecin ou du déclin de leurs facultés en raison de l'âge ou d'une maladie. La documentariste, l'enseignant au primaire et le comédien expliquent à Catherine Perrin que pour toute une génération, la voiture représente une façon de vivre, et le retrait du permis, une atteinte à la liberté.

Raymonde Provencher a commencé à plaider auprès de sa mère pour qu’elle arrête de conduire lorsque, à 87 ans, cette dernière a un jour accroché une série de voitures, puis s’est engagée sur un trottoir. La documentariste décrit l’épisode comme une partie de bras de fer. « Elle disait : "Oui, mais je n’ai tué personne. Je n’ai accroché personne. On va payer et c’est tout." »

Si le médecin le dit
Seul l’avis d’un médecin a réussi à la convaincre : « Il a dit : "Écoute, Rose, je ne vais pas signer ton permis, parce je pense que tu devrais arrêter de conduire." Ma mère disait : "Mais il n’en est pas question! Je veux conduire! Je suis capable de conduire!" Il a dit : "Et si ça avait été mon fils qui avait marché sur le trottoir et que tu l’avais frappé?" Ma mère a dit : "Mais je ne frapperais jamais ton fils!" »

Génération motorisée
Daniel Désormiers a réussi à convaincre son père de 88 ans grâce à un subterfuge, après que ce dernier ait embouti son propre garage lors d’un accident. Il lui a fait croire que la pièce nécessaire pour réparer son véhicule n’existait tout simplement plus. « Mon père a commencé à conduire des voitures avec des chevaux. Tout jeune, il était sur le tracteur. Dans sa tête, il sait conduire, il va continuer à conduire, relate l’enseignant. Pour lui, l’idée que ce soit un privilège de conduire, ce n’est pas intellectualisé. C’est difficile pour lui de se faire dire : "Je crois que tu n’es plus capable de conduire." Les gens de cette génération ont vu toutes les inventions arriver devant eux. Conduire, pour eux, ça ne prenait pas de permis. »

Transition paisible
La mère de JiCi Lauzon a, pour sa part, accepté volontiers de renoncer à conduire à 85 ans, après un léger accident. « Je pense qu’elle a eu peur. Elle s’est dit : "Franchement, la route, le trafic, ça m’énerve", raconte-t-il. Elle n’a pas voulu nous révéler exactement comment [son accident] s’est passé, mais je pense que [sa conclusion] a été : "Bon, peut-être que je suis rendue là. Elle a un petit côté écologique, aussi. Elle a dit : "Non, moi je ne renouvellerai pas mon permis. Je n’en veux pas, d’auto." »

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