Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Catherine Perrin
Audio fil du mercredi 6 décembre 2017

À qui appartiennent les données de géolocalisation?

Publié le

Nadia Seraiocco et Guillaume Lavoie au micro de Catherine Perrin
Nadia Seraiocco et Guillaume Lavoie   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Aux États-Unis, un voleur à main armée a été condamné grâce à des preuves provenant de ses données de géolocalisation. La Cour suprême devra bientôt décider si les forces de l'ordre peuvent réellement se servir des informations relayées par les tours de télécommunication. Nadai Seraiocco, spécialiste des nouveaux médias, et Guillaume Lavoie, expert en économie collaborative, expliquent à Catherine Perrin que ce dossier rappelle la nécessité de savoir où se situe l'intérêt public en matière de données personnelles.

Guillaume Lavoie rappelle que la sensibilité autour des questions liées à la vie privée en ligne vient du quatrième amendement de la Constitution américaine, ratifié en 1791. « En gros, [cet amendement] dit que vous avez un droit à la vie privée, et que les forces de l’ordre ne peuvent pas entrer chez vous ou saisir vos trucs sans avoir le mandat de le faire », indique-t-il.

L’amendement tiendra
Selon lui, il faut s’attendre à ce que la Cour suprême des États-Unis fixe certaines règles quant à à l’utilisation des données personnelles. « L’amendement est écrit de manière assez précise. Il faut que ce soit des choses particulières, ça prend de vraies raisons [pour utiliser nos données personnelles], souligne-t-il. Évidemment, le gouvernement plaide que [les critères] devraient être les plus larges possibles. Ç’a toujours été comme ça dans l’histoire du monde : les gouvernements veulent toujours avoir le plus d’information possible au nom de la sécurité. […] Mais la base de nos lois, et la manière dont on vit ensemble, c’est qu’on aimerait mieux avoir 95 coupables libres qu’un innocent en prison. »

Autorités déclassées
« Je ne pense pas qu’on aurait pu s’imaginer un moment où des compagnies allaient avoir plus de données privées sur nous que, par exemple, les gouvernements, soutient Nadia Seraiocco. Je suis persuadée que Facebook en sait beaucoup plus sur moi que le gouvernement canadien ou québécois. »

La chargée de cours à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) met en garde contre la tentation de ne pas se méfier de l’utilisation de ses données sous prétexte qu’on n’a rien à cacher : « Si vous êtes dans un café à tel moment avec telle personne qui va peut-être avoir un dossier criminel dans deux ans… Avez-vous vraiment envie qu’on puisse aller retrouver toutes les données et dire que vous étiez en conversation à ce moment, sans plus de preuves qu’un GPS qui vous a géolocalisé à 10 pieds l’un de l’autre à un certain moment? »

Chargement en cours